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Près de 30 Etats africains s'engagent contre les sous-munitions

La mobilisation pour l’interdiction des bombes à sous-munitions se renforce à l’approche de la signature d’un traité



A deux mois de l’ouverture à la signature du traité international interdisant les bombes à sous-munitions en Norvège, les représentants de la société civile appellent tous les pays à annoncer leur intention de signer ce traité. Les 42 Etats africains réunis a Kampala pour une conférence régionale se sont mis d’accord sur un plan d’action qui appelle à une signature et une ratification du traité le plus rapidement possible, et 28 Etats se sont formellement engagés à signer le traité le 3 décembre 2008. La plupart, voire la totalité des 107 Etats qui ont adopté le traité à Dublin en mai dernier devraient le signer à Oslo, et 43 pays dans le monde se sont déjà engagés à être présents a Oslo. 

© Mary Wareham
© Mary Wareham

”Je me rends compte maintenant que les victimes ne sont pas seules dans leur combat pour l’interdiction des bombes à sous-munitions’, déclare Aynalem Zenebe, victime de sous-munition de l’Ethiopie. “Nous remercions les Etats africains qui ont annoncé publiquement leur soutien et nous espérons qu’ils vont tenir leur promesse de signer la Convention en décembre.’ A l’âge de 7 ans, Zenebe a perdu sa jambe droite au dessous du genou le 5 juin 1998, lorsqu’une école près de sa maison à Mekele a été touchée par une frappe de bombes à sous-munitions. Avec le soutien de l’ONG Handicap International, Zenebe a pris la parole pour la premiere fois a Kampala en tant que Ban Advocate.

Résultat de l’initiative diplomatique connue sous le nom de Processus d’Oslo, la Convention sur les bombes à sous-munitions a été négociée et adoptée par plus de 100 Etats en mai 2008. Elle sera ouverte à la signature à Oslo en Norvège, le 3 décembre, journée internationale des personnes handicapées.

© Mary Wareham -  Des survivants éthiopiens de sous-munitions et les ‘ban advocates’ Berihu Mesele et  Aynalem Zenebe avec les délégués de Survivors Corps à la Conférence de Kampala sur les Sous-Munitions.
© Mary Wareham - Des survivants éthiopiens de sous-munitions et les ‘ban advocates’ Berihu Mesele et Aynalem Zenebe avec les délégués de Survivors Corps à la Conférence de Kampala sur les Sous-Munitions.
42 gouvernements africains ont discuté le traité pendant deux jours à la conference de Kampala sur les bombes à sous-munitions, parmi lesquels 28 Etats ont annoncé, la plupart pour la première fois, leur intention de signer la Convention sur les bombes à sous-munitions: Angola, Benin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Gambie, Ghana, Guinée Bissau, Kenya, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Namibie, Niger, Nigeria, République Centrafricaine, Républiques du Congo, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Ouganda, Tchad, Togo et la Zambie. La conférence a abouti au ‘Plan d’action de Kampala’, qui exprime le soutien des pays africains pour une série d’actions importantes liées à la Convention sur les bombes à sous-munitions.

‘Nous sommes déçus que les Etats d’Afrique du Nord n’aient pas honoré l’invitation à participer à ce grand événement africain’, a dit Ayman Sorour, de l’association Protection et membre de la CMC. ‘Ce n’est pas encore trop tard pour rejoindre cette importante Convention qui non seulement interdit les bombes à sous-munitions, mais contient également des dispositions humanitaires requérant la dépollution des zones affectées par les bombes à sous-munitions, ainsi que l’assistance aux victimes’. La Lybie était le seul Etat nord-africain à participer à la conférence de Kampala mais n’a pas publiquement annoncé son soutien à l’interdiction des bombes à sous-munitions. L’Algerie, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie étaient absents de la réunion.

La conference de Kampala est la seconde d’une série de rencontres régionales tenues en soutien à la Convention sur les bombes à sous-munitions. Les pays de la région des Balkans et de l’Europe du Sud Est se sont rencontrés à Sofia les 18 et 19 septembre. D’autres rencontres régionales sont programmées au Laos (20-22 octobre) et en Equateur (6-7 novembre). La Coalition internationale contre les sous-munitions (CMC), un réseau international de militants incluant des survivants des bombes à sous-munitions, prévoit une série d’activités et d’événements visant à promouvoir la signature de la Convention contre les bombes à sous-munitions. Le 1er octobre 2008, une tournée européenne de 10.000 km du Ban Bus (bus pour l’interdiction) sera lancée à partir de Belgrade en Serbie, afin de mobiliser le public et assurer le soutien massif à l’interdiction des bombes à sous-munitions.

Mardi 7 Octobre 2008