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Des naissances plus sûres au Vietnam



"Welcome to life"

Pour qui?

Les 500 bébés qui naissent avec un handicap chaque année dans la province de Khan Hoa et les 32.000 femmes enceintes.

Quoi?

Former des sage-femmes, des médecins et des kinésithérapeutes et équiper les centres de santé de sorte que chaque femme puisse accoucher dans de bonnes conditions et les bébés soient bien entourés à la naissance.

Pourquoi?

Pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement n° 4 et 5 de réduction de la mortalité infantile et du nombre de handicaps à la naissance.

Handicap International travaille depuis de nombreuses années auprès des communautés de la province de Khan Hoa au Vietnam. Cette province abrite une ville touristique moderne comme Nha Trang mais est surtout composée de collines boisées et de petits villages, où les gens vivent de l'agriculture ou de la pêche.

Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Grâce au projet Welcome to life, beaucoup de handicaps que rencontraient les kinésithérapeutes de Handicap International dans le passé sont finalement beaucoup mieux repérés et peuvent même être évités. En effet, trop souvent, les handicaps ne sont détectés que lorsque l’enfant va à l’école, trop tard pour le soigner à temps. Les enfants nés avec un handicap, des pieds bots par exemple, devrait être suivis dès la naissance et non à partir de 6 ans. C’est naturellement plus facile à dire qu’à faire...

Au Vietnam, une consultation avec une sage-femme professionnelle avant la naissance ne va pas de soi, tout comme le suivi du bébé par un organisme comme l’ONE. A Khan Hoa, où le projet Welcome to Life (Bienvenue à la vie) est développé, on constate un changement. Par exemple le petit Tryen. Le bébé a deux mois et si vous regardez bien, vous verrez que ses deux petits pieds sont légèrement de travers. Ses parents ont appris à la naissance qu’il avait les pieds bots. La maman de Tryen a pleuré deux jours entiers lorsque Cuc, la sage-femme, lui a annoncé la nouvelle. A propos de cet accouchement, Cuc explique : « Deux jours avant la naissance, j’avais reçu une formation de Handicap International  sur la détection précoce des handicaps. Quand Truyen est né, je savais exactement ce qu’étaient des pieds bots, même si je n’avais jamais eu l’occasion d’en voir vraiment. » Cuc se sent plus en confiance grâce à ces formations complémentaires. Elle ajoute qu’elle a appris à utiliser parfaitement le matériel prévu par Handicap International.

Des naissances plus sûres au Vietnam
Une consultation ONE dans la jungle?
Lire l'extrait du blog de Jeroen


Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Les 163 centres de santé locaux de la province de Khan Hoa ont été équipés par le projet Welcome to Life et ont reçu chacun un doppler pour contrôler les battements de cœur, des tensiomètres et des appareils pour réchauffer les nouveau-nés. Cuc précise que dans son centre, il y a environ quinze nouvelles grossesses par mois. Elle donne chaque mois environ 80 consultations dans une commune de 11.000 habitants. En cas d’accouchement à risque, elle envoie les mamans à l’hôpital de district.

Mais voilà que No, une jeune femme de 33 ans, arrive pour la consultation. Elle est enceinte de 4 mois et 20 jours de son troisième enfant. Elle entame la conversation avec la maman de Tryen, qui entretemps s’est paisiblement endormi dans ses bras. No espère à nouveau une fille. Elle vient deux fois par mois  pour une visite de contrôle. La sage-femme prend sa tension, mesure la taille de son ventre et écoute le petit cœur du bébé avec le doppler. Ces trois tests, ainsi que quelques questions suffisent pour surveiller une grossesse. Cuc lui donne des brochures qui contiennent des explications sur l’hygiène durant la grossesse, l’allaitement maternel et le développement des nouveau-nés. Tous ces dépliants, développés par Handicap International, ont été imprimés sur du papier plastifié pour pouvoir résister à la chaleur et à l’humidité dans les maisons.

Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Baby Tryen - Album photos
Bébé Tryen a deux mois. En regardant bien, vous verrez que ses pieds sont un peu de travers. Ses parents sont pêcheurs dans un village au sud du Vietnam. A la naissance de leur fils, ils ont appris que celui-ci souffrait de pieds-bots. Dans cet album photos, vous pourrez suivre une séance de kiné ainsi qu’une visite chez les parents de Tryen et au centre de santé où il est né.

Les photos ont été prises par la photographe belge Layla Aerts à l’occasion d’une visite des projets de Handicap International au Vietnam, en mars 2009

Regarder l'album photos


Un apprentissage durant toute la vie

Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Des sages-femmes qualifiées et du matériel de base sont des points cruciaux pour le projet  Welcome to Life, mais cela seul ne suffit pas. Les sages-femmes doivent pouvoir envoyer leurs patientes chez des médecins compétents qui à leur tour doivent collaborer avec le personnel infirmier et les kinésithérapeutes. C’est pourquoi Handicap International investit massivement dans la formation et le soutien logistique du système de santé existant. Grâce à des accords passés avec le Ministère de la Santé, les hôpitaux, les centres de réadaptation et les centres de santé de la province de Khan Hoa, Handicap International veille à ce que le personnel médical reçoive les formations nécessaires, et que tous collaborent pour soigner aussi vite et aussi bien que possible les enfants handicapés. Pour atteindre cet objectif, nous invitons des pédiatres et d’autres spécialistes de divers pays pour donner des formations à leurs homologues vietnamiens, qui partent ensuite en stage à l’étranger. Dernièrement, un médecin a travaillé trois mois en Ouganda pour apprendre à utiliser un appareil permettant de réaliser des endoscopies.

Handicap International a acheté cette machine de plus de 30.000 euros pour équiper le plus grand hôpital de Nha Trang. Grâce à cet appareil, il est possible d’examiner et soigner les enfants souffrant d’hydrocéphalie. Khai est l’un d’entre eux. Lorsque le petit garçon avait sept mois, son entourage a remarqué que sa petite tête gonflait et devenait énorme. Ses parents sont allés à l’hôpital pour une consultation. Le médecin a demandé à garder le bébé en observation.

Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
L’hydrocéphalie est une maladie qui provoque une surproduction de liquide rachidien. Cet excès exerce une pression sur le cerveau, ce qui peut entraîner des lésions avec pour conséquences des déficiences mentales sévères. Khai a dû attendre trois mois avant de pouvoir utiliser le tout nouvel équipement. Il a été l’un des premiers patients à en bénéficier et depuis son opération, parfaitement réussie, sa tête ne gonfle plus. Khai peut maintenant s’asseoir et marcher à quatre pattes mais ses jambes ne fonctionnent pas encore normalement. « Il va tous les trois mois faire un contrôle et va commencer les exercices au centre de réadaptation » explique le papa de Khai, qui travaille comme chauffeur. La maman travaille dans une usine et ils habitent au milieu des rizières, juste à la sortie de Nha Tran, capitale de la province.

La difficulté est bien sûr de toucher les personnes qui habitent dans les zones plus éloignées. C’est le cas de la minorité Raglai, qui vit dans les montagnes à deux heures de route de Nha Trang. Handicap International, en plus de formations pour les sages-femmes, a également installé des puits dans quatre centres de santé. Sans eau courante, il est très difficile de maintenir les locaux propres et les femmes choisissaient d’accoucher près de la rivière pour avoir suffisamment d'eau, avec tous les risques que cela comporte.


Un fonds de solidarité pour les plus démunis.

Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Layla Aerts - Handicap International - avril 2009
Uyen habite dans les montagnes et appartient à la minorité Raglai. Elle a 22 ans et a dû subir une césarienne à cause de fortes fièvres durant l’accouchement. Il a donc fallut la transporter rapidement de sa région montagneuse jusqu’à l’hôpital de district. Aujourd’hui, son bébé de deux mois est en pleine forme. La jeune maman et le bébé sont assis à l’ombre de leur maison pendant qu’elle raconte son accouchement. « Dans le centre de santé où la plupart des femmes accouchent, mon bébé n’aurait pas pu venir au monde dans de bonnes conditions. » Uyen s’est inscrite au fond de mutuelle créé par Handicap International sur le conseil d’autres femmes enceintes. « Je suis membre du fond de mutuelle, grâce auquel tous les coûts de mon hospitalisation ont été remboursés.» Elle veut, avec sa contribution
de 1 dollar, assurer la santé de son bébé mais aussi soutenir les autres mamans.

Impact à long terme

Pour avoir un impact durable, Handicap International veut, depuis six ans que le projet Welcome to Life existe, créer une structure qui perdure sur le long terme. D'où l'importance donnée aux formations. L'action de Handicap International dans cette province va servir de modèle et sera développée ailleurs au Vietnam pour améliorer les soins de santé dans des zones reculées.


Handicap International et les Objectifs du Millénaire

Partout dans le monde, 530.000 femmes meurent en couches chaque année, dont seulement 1% dans les pays occidentaux. Chaque année également, 10 millions d'enfants de moins de 5 ans meurent, dont 4 millions dans le premier mois de leur vie.

Les Objectifs du Millénaire ont été fixés par les dirigeants du monde à la fin du siècle dernier. Ils visent notamment à réduire le taux de mortalité maternelle de 3/4 et celui des enfants de moins de 5 ans de 2/3. Mais si la plupart des organisations travaillent à réduire la mortalité dans les pays en développement, peu est fait pour prévenir les handicaps ou simplement les soigner.

On l’oublie souvent, mais le système de santé belge assure à toutes les mamans une grossesse et un accouchement quasi sans danger. On effectue des tests de dépistage pour les bébés, qui sont suivis immédiatement si l’on détecte un handicap ou le risque de développer un handicap. C’est loin d’être le cas dans de nombreux pays en développement.
Comment une femme dans les montagnes au Vietnam peut-elle savoir que, pendant sa grossesse, elle doit éviter de manger certains aliments, comment peut elle être mieux suivie durant sa grossesse et lors de l’accouchement ? Pour chaque femme qui meurt en couches,
trente deviennent handicapées. Handicap International a développé des projets spécifiques
en faveur de la santé de la mère et de l'enfant en Asie du Sud-Est et en Afrique centrale. Handicap International ne veut pas seulement réduire la mortalité, mais aussi le nombre de handicaps. Un enfant handicapé doit recevoir les soins de réadaptation nécessaires et doit être accueilli comme membre à part entière de sa communauté.


Une consultation ONE dans la jungle?

Des naissances plus sûres au Vietnam
 Aujourd'hui, c'est samedi et nous partons dans un deuxième district où vivent des membres de la minorité Raglai. Le médecin du centre de réadaptation nous guide vers un centre de santé communal. Il y en a plus de cent dans la province et il vient environ tous les six mois en consultation. Patiemment, il écoute les questions des mamans accompagnées de leur enfant. Elles reçoivent des brochures sur l'allaitement maternel, l'hygiène et le développement  moteur des petits enfants. Cela me fait un peu penser aux dépliants que distribue  Kind & Gezin (ndlr: équivalent de l'ONE en Flandre).

Il y a là aussi quelques femmes enceintes qui viennent en consultation. Layla les accompagne pour prendre des photos. La sage-femme mesure d'abord le ventre, contrôle la tension et écoute le petit coeur du bébé avec un doppler, un appareil qui fonctionne comme une échographie, mais sans l'image. Handicap International a acheté ce matériel pour les examens prénataux et a formé les sages-femmes à leur utilisation. Avec ces trois tests, la sage-femme peut constater à temps si quelque chose d'anormal survient. Dans ce cas, elle envoie la future maman à l’hôpital du district.

Dans le centre de santé, un grand tableau pend, avec par mois un autocollant pour chaque femme enceinte. Sur ce papier, sont écrits les principaux renseignements comme la date prévue de l'accouchement. Il y a des petites étoiles à côté des noms de celles qui nécessitent une attention particulière. Des mamans qui ont déjà eu deux enfants par exemple ont plus de risques d'avoir une hémorragie et sont référées à l'hôpital. Mais la plupart d'entre elles accouchent au centre de santé avec la sage-femme, puisque leur grossesse se passe normalement


Mardi 14 Juillet 2009



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