Ban Newsletter avril 2012: « Assurer l’assistance aux victimes à la mesure de leurs besoins »

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© Handicap International / Tim Dirven
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© Handicap International / Gaël Turine

L’assistance aux victimes est-elle vraiment une obligation légale pour les pays signataires de la Convention sur les armes à sous-munitions ? Cet-te assistance fait-elle partie des priorités pour les pays et régions concernés par ce problème ou ces pays ont-ils définid’autres priorités ? Peut-être ces pays sont-ils confrontés à une tâche qui leur paraît immense, sachant que leurs efforts doivent couvrir les besoins des victimes de façon exhaustive et non-discriminatoire ? L’assistance aux victimes est-elle une priorité réelle des Etats donateurs et de la Commission Européenne, cen-sés apporter leur soutien aux différentes initia-tives ? Les rapports des Etats donateurs font-ils apparaître de façon claire toutes les activités pouvant être considérées comme contribuant à « l’assistance aux victimes » de façon générale, et ce même si elles ne sont pas illustrées distincte-ment dans les évaluations portant sur les actions anti-mines?

Lors de la seconde réunion des Etats parties qui s’est déroulée à Beyrouth (Liban) en septembre 2011, 82 Etats ont fait une déclaration commune sur cette thématique. La CMC et 13 Etats, dont 8 affectés par ce fléau ont également fait des déclarations por-tant spécifiquementsur l’assistance aux victimes. Handicap International rappelle dès lors à tous les Etats signataires, qu’ils soient eux-mêmes affectés ou qu’ils soutiennent d’une façon ou d’une autre des pays affectés, la nécessité de briser le silence qui entoure l’assistance aux victimes et d’accroître leur soutien aux victimes, afinde répondre au mieux aux besoins quotidiens de celles-ci.

Les efforts en matière d’assistance aux victimes doivent viser à améliorer la qualité de vie de ces dernières. Les Etats affectés doivent démontrer que des progrès mesurables et concrets ont pu être  observés depuis la réunion de Beyrouth. En plus des rapports sur le nombre de services rendus accessi-bles (tels que la mise à disposition de prothèses ou de fauteuils roulants), les Etats doivent également informer des changements effectifs qui visent à améliorer la qualité de vie des victimes. Il est donc impératif que ces rapports soient ciblés et poin-tus. Il est également essentiel de communiquer des  résultats concrets, d’informer des inévitables aléas  et d’envisager des solutions plausibles afinde faire de réels progrès dans ce domaine. Le respect des victimes passe également par ce biais : la diffusion d’informations sur ce qui a été fait, sur ce qui ne l’est pas et sur ce qui pourrait et devrait l’être.

Quels sont les besoins réels?

Il est crucial que les Etats affectés par ce fléauaient une vue claire des besoins réels des victimes. Etablir une cartographie exhaustive des besoins pour per-mettre non seulement la planificationmais égale-ment la programmation de divers projets est une étape clé pour une approche efficaceen matière d’assistance aux victimes. Les pays donateurs et les organisations non-gouvernementales devraient donc, avant toute chose, soutenir les communautés affectées en investissant dans cette évaluation des besoins de façon à ce que les projets soient adaptés à ceux-ci et tiennent compte des priorités qui auront été définies par les victimes elles-mêmes.

Une étude récente d’Handicap International « Victim Assistance in Cambodia. The Human Face of Survivors and their Needs for Assistance » a mis en évidence, prenant l’exemple du Cambodge, le manque d’information précise sur les besoins des victimes. Cette étude conclut que « la mobilisation sur l’assistance aux victimes s’est considérablement accrue et que tous les participants à cette étude ont reçu un soutien sous une forme ou sous une autre » mais que « aucune de ces aides n’était cohésive ou permettaient, mises ensembles, de couvrir tous les domaines de l’assistance aux victimes. » Dans les systèmes existants « l’assistance sociale et psy-chologique est manifestement absente». De temps à autres, des services sont fournis, mais ils sont plus souvent fonction de ce qui est disponible et non des besoins réels des victimes. L’étude recommande qu’une collecte de données qualitatives vienne compléter les données chiffrées afinde connaître au mieux les besoins et conditions de vies individuels et afin« d’assurer que l’aide proposée corresponde vraiment aux besoins des victimes ». 

Handicap International encourage par ailleurs tous les pays signataires à définirde façon claire, concrète et mesurable dans leurs rapports leurs besoins en ce qui concerne l’assistance aux victimes et ce conformément au prescrit de l’article 7 de la Convention sur les armes à sous-munitions. Ces rapports devaient d’ailleurs être  soumis pour le 30 avril.  

Davantage de pays donateurs doivent aussi s’engager dans des discussions sur l’assistance aux victimes et exprimer leur point de vue à ce sujet lors d’une session qui serait entièrement dédiée aux victimes et à leurs besoins, et ce même s’ils fournissent déjà une informa-tion générale sur les possibilités de financementdans un cadre de coopération et d’assistance internationale. Il est en effet évident qu’un finacement continu et un budget accru réservé spécialement à l’assistance aux victimes sont nécessaires, de même qu’une meilleure coordination ce qui permettrait alors des actions plus efficaces.

La participation des survivants

Appliquer la Convention sur les armes à sous-munitions signifieégalement laisser les victimes s’exprimer elles-mêmes sur ce qui importe vraiment. Qu’elles puissent faire entendre leur voix lors des réunions à ce sujet, avec un mandat clair. La participation des victimes et des organisations qui les épaulent doit avoir une place signi-ficativedans le processus de décision. Leurs voix doivent être entendues et prises en compte à tous les niveaux de pouvoir, depuis la planificatio jusqu’au pilotage des programmes d’assistance aux victimes. placer la victime comme interlocuteur privilégié du gouvernement peut faire la différence. La communauté internationale et les Etats signataires doivent investir dans la participation des survivants et des membres de la famille des person-nes tuées par une sous-munition, les inviter à intégrer leurs délégations que ce soit pour des réunions interna-tionales, régionales ainsi qu’aux réunions interministé-rielles et groupes multilatéraux sur les mécanismes de coordination de l’assistance aux victimes. C’est pour-quoi, Handicap International appelle à inclure une vic-time dans toutes les délégations des pays affectés qui seront présents pour la troisième réunion des Etats sig-nataires qui se tiendra à oslo en septembre prochain.

Lors de la dernière session des pays signataires à Beyrouth, Aynalem Zenebe, Ban Advocate, survivante et représentante des victimes de sous-munitions dans sa ville de Mekele en Ethiopie, a demandé, au nom de CMC, de prioriser l’aide aux victimes. Je rappelle ses mots : “trouvez ce dont votre pays a besoin et demandez-le. si vous venez d’un pays en mesure d’allouer un financ-ment, placez les personnes au premier plan et prenez soin d’y inclure les survivants et les familles des vic-times. Nous savons ce dont nous avons besoin et nous avons une expérience à partager. Ecoutez et utilisez notre expérience. C’est notre droit, votre promesse et la seule façon d’aller de l’avant”.

 

Plus d’information

www.clusterconvention.org/documents/2msp-documents/www.icblcmc.org

www.the-monitor.org

www.banadvocates.org

www.handicapinternational.be/en/policy

 

La recherche intitulée « Victim Assistance in Cambodia. The Human Face of Survivors and their Needs for Assistance » ; le document de mise à jour de HI sur les besoins des victimes d’armes à sous munitions ainsi que la Convention sur les armes à sous munitions peuvent être con-sultés sur notre site www.handicap-international.be/en/policy

Handicap International est une organisation interna-tionale spécialisée dans le domaine du handicap. Non gouvernementale, non confessionnelle, apolitique et sans but lucratif, elle travaille aux côtés des person-nes handicapées quel que soit le contexte, leur of-frant de l’aide et les soutenant dans leurs efforts pour devenir autonomes. Depuis sa création, l’organisation a installé des programmes dans environ 60 pays et est intervenue dans de nombreuses situations d’urgence. Elle compte huit associations nationales (Allemagne, Belgique, Canada, Etats-Unis, France, Luxembourg, Royaume Uni et Suisse) qui fournissent des ressources humaines et finacières, gèrent des projets et font connaître les actions et les campagnes menées par Handicap International.

Contact et coordination

Hildegarde Vansintjan, Advocacy Office Handicap International asbl,

Belgique, Rue de Spa, 67 / B -1000 Bruxelles Belgium

E-mail: hildegarde.vansintjan@handicap.be

Tel: + 32 (0) 2 233 01 06 GSM : + 32 (0) 485 111 460

Fax: + 32 (0) 2 230 60 30

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