Bruxelles, le 9 mai 2011 - La population de Côte d’Ivoire demeure très fragilisée par les semaines de crise qu’elle vient de vivre, marquées par des affrontements jusqu’au cœur d’Abidjan. Handicap International soutient les hôpitaux d’Abidjan pour faire face à l’afflux de blessés. L’assistance aux réfugiés et aux déplacés est également primordiale dans la zone frontalière entre la Côte d’Ivoire et le Liberia.
Assistance aux réfugiés et déplacés
Handicap International oriente son action en faveur des réfugiés les plus vulnérables (personnes handicapées, femmes enceintes, enfants isolés…) dans le district de Grand Gedeh au Liberia et à la frontière ivoirienne.
L’association a mis en place deux « Antennes handicap et vulnérabilité » qui orientent les personnes les plus vulnérables vers les acteurs humanitaires présents sur place. Une troisième Antenne sera prochainement ouverte à proximité de la frontière, côté Côte d’Ivoire. L’objectif est de permettre l’accès de tous à l’aide humanitaire, et particulièrement des personnes les plus faibles, mais également d’apporter une réponse adaptée pour couvrir leurs besoins spécifiques. Handicap International va aussi mettre en place les moyens de transport nécessaires afin de faciliter les déplacements des personnes les plus vulnérables et faciliter le retour des réfugiés dans leurs communautés quand le moment sera venu.
L'association propose également un soutien psychosocial, sous forme de groupes de discussion pour aider les réfugiés à exprimer les moments difficiles qu'ils viennent de traverser. L'équipe d'urgence développe aussi une activité de protection qui concerne les violences faites aux femmes. "Dans ce contexte, où les familles sont éparpillées, où de nombreuses femmes se retrouvent isolées, la prévention est essentielle, explique Cécile Dupré.Cela passe par des règles simples comme se déplacer en groupe, disposer d'un sifflet pour appeler au secours en cas d'agression".
Soutien aux hôpitaux
Suite aux combats qui ont fait rage pendant plusieurs semaines dans le pays, et particulièrement à Abidjan, Handicap International a décidé d’intervenir en appui à une série d’hôpitaux pour la prise en charge des blessés[1]. La mission de l'association est d'intervenir en soutien au personnel ivoirien des hôpitaux, en coordination avec les ONG médicales, notamment Médecins sans frontières, pour assurer le suivi de ces blessés et effectuer les soins de kinésithérapie nécessaires. Il est en effet nécessaire d’intervenir très tôt après une opération, car l’absence de rééducation peut entraîner des handicaps graves et définitifs.
Julien Clausse, kinésithérapeute au sein de l'équipe de Handicap International, a livré son témoignage à la fin avril :
« A l’hôpital d’Abobo où je me trouve, on compte une soixantaine de patients en soins post-opératoires. Ils ont été admis pour des fractures ouvertes, souvent par balles. En temps normal, l'hôpital d'Abobo compte 12 lits. Avec les événements de ces dernières semaines, il accueille désormais 130 patients !
Les blessés sont étendus sur des matelas posés à même le sol, et faute d'espace, ces matelas se chevauchent parfois. A cause du manque de lits dans l'hôpital d'Abobo et de l'afflux de blessés, les patients doivent rapidement rentrer chez eux. Mais quand vous avez une blessure qui vous empêche de poser le pied par terre ou que l'on vous a amputé, comment faites-vous ? L'urgence est donc de pouvoir apporter des soins à ces personnes blessées ou amputées et de leur permettre de se lever. Nous leur fournissons des aides à la marche, pour qu'elles puissent se mettre debout, et se déplacer au sein de l'hôpital. Nous devrions intensifier les distributions dans les prochains jours. »
--- fin du communiqué ---
Handicap Internationalest déjà intervenu en Côte d’Ivoire, en 1992, pour mettre en place un centre de réadaptation à Gagnoa. En 1996, un atelier orthopédique était lancé à Danané. De 1998 à 2009, un large programme d'actions a vu le jour dans le champ de la réadaptation en soutien aux structures hospitalières ivoiriennes (CHU de Bouaké, CHR de Man…) ou acteurs nationaux.
Possibilités d’interviews
Luc Etienne est kinésithérapeute. Belge, il se trouve actuellement en mission à Abidjan où il dispense des soins post-opératoires aux blessés, en complément à Médecins sans Frontières qui assure la partie opératoire de la prise en charge. Luc travaille depuis plus de 20 ans au service d’orthopédie et de revalidation de l’hôpital universitaire de Mont-Godinne. Il s’agit de sa deuxième mission humanitaire après une expérience en Haïti, suite au séisme de janvier 2010.
[1]Hôpitaux soutenus actuellement : Cocody, Abobo, Yopougon,Nana Yamusso et CHU Treichville.