
Il y a maintenant une semaine que je suis arrivée en Haïti et les rencontres n’ont pas fini d’être inouïes. Plein de patients nécessitant de grands soins sont présents à Sarte, pas seulement des amputés, mais aussi bon nombre de traumatismes ou de problèmes neurologiques importants.
La vie dans cet hôpital sous tente est très agitée, du matin jusqu’à la fin de la journée, des patients et de nouveaux arrivants un peu déboussolés n’arrêtent pas de défiler dans la salle kiné. Nous sommes ici pour les aider à affronter leur handicap et à récupérer toutes leurs aptitudes dans leurs vies journalières et ce n’est pas toujours facile en voyant la gravité de la situation. Mais l’espoir prend toute sa valeur en Haïti, les personnes sont courageuses et veulent s’en sortir ce qui aide très fort le travail de kiné.
De plus, l’ambiance est à son comble, les chants, les jeux de cartes, les parties de dominos sont des choses communes à tous les lits d’hospitalisation présents à Sarthe. Le plus étonnant est leur force de vivre : rien ne les arrête, ce qui complète notre motivation au travail. « I fau bougé pou que tou è bien » est une phrase courante chez les Haïtiens, quelques bonnes expressions venant compléter cette envie de s’en sortir.
Tout en Haïti renforce cette motivation. La vie reprend : les marchés hauts en couleurs et en odeurs, la multitude de vendeurs de fruits, les enfants courant partout sont de nouveau très présents dans la cité de Port-au-prince et ceci me conforte dans la décision que j’avais prise de partir en mission avec Handicap International.
A l’image de Milien, patient de 15 ans, amputé de la jambe droite et atteint d’une paralysie de la jambe gauche, se battant pour marcher de nouveau. Tout en lui porte l’espoir. Il y a aussi cette patiente de 65 ans, Lucia, amputée elle aussi, dont le seul souci est de nourrir sa famille encore sans abri dans le fin-fond du centre de Port-au-Prince.
La situation est très touchante ici mais le désir de toutes ces personnes est de vivre comme avant le tremblement de terre. Je suis fier de les aider dans cette longue aventure et continuerai à espérer avec eux en les aidant du mieux possible.
Arnaud, Docteur bougé bougé, nouvelle appellation très en vogue, première mission.