Haïti : fournir une aide d'urgence aux survivants

  • Des survivants devant leur maison. A l'avant-plan, une voiture renversée, des toles, des décombres et des arbres abattus par l'ouragan.
  • des Haïtiens le long d'une route partiellement effondrée

En Haïti, six jours après le passage de l'ouragan Matthew, les centres de soins encore debout sont submergés par le nombre croissant de blessés. Le manque d'eau potable accroit les risques d'épidémie. L'équipe d'urgence de Handicap International est arrivée dans la zone touchée. L'association s'est engagée dans une course contre la montre pour venir en aide aux survivants.

Six jours après la catastrophe, le trafic maritime semble reprendre dans le sud du pays alors que seuls des véhicules légers peuvent pour l’instant accéder aux Cayes, ville gravement touchée dans le département du Sud. La ville de Jérémie, à Grand’Anse, qui a été presque totalement détruite, est toujours inaccessible. Il faudra encore plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant que les voies terrestres ne soient totalement rétablies.

Les Nations unies[1] estiment désormais que plus de 1.410.000 personnes ont besoin d’une aide humanitaire immédiate, et confirment que de très lourds dégâts sont à redouter dans les secteurs de Grand-Anse et le Sud, et plus particulièrement dans les villes de Jérémie et Les Cayes. Nous n’avons toujours aucune information sur l’île de Gonave et le département du Nord-Ouest, toujours coupés du reste du pays.

Deux priorités : les soins aux blessés et la fourniture de matériel

« Nous cherchons à fournir le plus vite possible une aide aux survivants qui ont tout perdu. Les blessés sont nombreux, explique Hélène Robin, responsable des programmes d’urgence à Handicap International. Avec nos équipes présentes sur place, nous avons deux priorités : les prendre en charge tout de suite de manière adaptée pour que leurs blessures ne deviennent pas fatales ou n’engendrent pas une invalidité pérenne ; fournir le matériel nécessaire aux personnes touchées pour qu’elles puissent se reconstruire un toit et se faire à manger. »

Pour venir en aide aux familles qui ont tout perdu, Handicap International s’apprête à distribuer des kits de réparation composés entre autre de cordes et de bâches, leur permettant de réparer dans l’urgence leurs habitations, ainsi que des kits de cuisine. Des tablettes de purification d’eau devraient également être distribuées pour éviter la survenue d’épidémies.

L’association avait formé une cinquantaine de kinésithérapeutes suite au tremblement de terre de 2010, puisque le pays n’en comptait qu’une dizaine. L’équipe d’urgence  organise leur déploiement pour apporter des soins de réadaptation fonctionnelle aux blessés et assurer leur suivi. Handicap International prévoit également de fournir un soutien psychosocial d’urgence aux personnes traumatisées par la catastrophe..

Pour les personnes handicapées, personnes âgées ou malades, Handicap International devrait proposer des soins adaptés (prise en charge des blessés pour assurer leur mobilité et éviter la survenue de handicaps définitifs), ainsi que des distributions de béquilles, déambulateurs, voire des fauteuils roulants…

Organiser l'acheminement de l'aide

De très nombreuses routes étant coupées, les accès aux populations situées à la pointe sud sont donc extrêmement aléatoires. « En 2008, après le passage de deux typhons sur Haïti, nous avions mis en place une plateforme logistique desservie par une flotte de 40 camions tout terrain, destinée à acheminer l’aide humanitaire dans les zones les plus reculées, et inaccessibles avec des moyens classiques, rappelle Hélène Robin. Nous venons de dépêcher sur place deux logisticiens – arrivés sur place ce vendredi -  qui devraient remettre en place au plus vite une plateforme logistique, afin de permettre aux organisations de solidarité d’accéder aux personnes les plus isolées ». Compte tenu de la situation dans les zones touchées, cette plateforme logistique pourrait avoir recours à des camions, mais également utiliser les voies maritimes pour accélérer l’acheminement de l’aide. Cette plateforme sera mise à disposition de l’ensemble des organisations humanitaires et permettra de redistribuer l’aide centralisée à Port-au-Prince, et d’éviter ainsi l’engorgement de la capitale.

« Nous sommes également très inquiets pour les habitants du département du Nord-Ouest qui a été touché un peu plus tard par l’ouragan, pour l’instant, les nouvelles sont très parcellaires, mais inquiétantes quant aux destructions ».

[1] OCHA situation report 09 10 2016

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