Impression 3D de membres et Humanitarian Impact Bond

La Belgique mise sur l’innovation humanitaire au Mali

Dans de nombreuses régions en crise, les personnes ayant de graves lésions physiques n’ont qu’un accès limité à des prothèses de qualité et sont souvent contraintes de se rabattre sur des prothèses en bois mal adaptées qui ne font qu’aggraver la douleur physique. La Belgique investit donc avec Handicap International dans le développement de membres imprimés en 3D. Grâce à l’impression en 3D et au design informatisé de membres, de plus en plus de personnes ont accès à des membres artificiels de qualité.

Doublement des investissements dans l’innovation humanitaire

La Coopération belge au Développement opte volontairement pour cette approche innovante. “Les besoins humanitaires croissent d’année en année, de plus en plus de personnes sont victimes de crises humanitaires et de conflits. Pourtant, un pour cent seulement des moyens humanitaires est affecté à l’innovation humanitaire et à la recherche. Cela doit changer. Qui dit plus d’innovation, dit plus de vies sauvées. C’est pourquoi la Belgique doublera l’an prochain ses investissements dans l’innovation humanitaire pour les porter à 20 millions d’euros”, a expliqué Alexander De Croo.

Dans le domaine du financement aussi, la Belgique joue la carte de l’innovation. Avec la Croix-Rouge, la Belgique a développé le tout premier “Humanitarian Impact Bond”, un nouveau mécanisme de financement qui recueille 19 millions d’euros auprès d’investisseurs sociaux pour construire des centres de revalidation dans des zones de conflits. Un des centres verra le jour au Mali, les deux autres au Nigéria et en RDC. Les fonds récoltés grâce à l’Humanitarian Impact Bond seront consacrés à l’amélioration du service aux patients. La gestion innovante, la numérisation et la collecte des données feront aussi l’objet d’une attention particulière. 

Orientation résultat

Si et seulement si les association partenaires atteignent les résultats prédéfinis, un groupe d’outcome funders remboursera les investisseurs sociaux. Si les résultats ne sont pas atteints, les investisseurs sociaux ne récupéreront que soixante pour cent de leur investissement et les associations se verront infliger une amende de dix pour cent.

La Belgique a été, avec le CICR, l’un des pionniers dans le lancement de ce nouveau mécanisme de financement humanitaire et appartient au groupe des outcome funders, à l’instar de la Suisse, du Royaume-Uni, de l’Italie et de la fondation “La Caixa”. Notre pays prévoit à cet effet 8,7 millions d’euros.

« Les moyens humanitaires s’épuisent de plus en plus vite face au nombre croissant de crises humanitaires. C’est pourquoi nous devons rechercher de nouvelles formes de financement, tels que les Humanitarian Impact Bonds qui impliquent des investisseurs sociaux et mettent l’accent sur l’obtention de résultats », a indiqué Alexander De Croo.