Khtoeup Veb, survivant d'un accident de mine antipersonnel - John Vink/Magnum

Khtoeup Veb allait couper du bambou pour le vendre. C’était en 1979. Accompagné par quatre amis, il se trouvait à quelques kilomètres de son village, Kouk Thmey, lorsque le drame s’est produit : il a marché sur une mine. Porté jusqu’à l’hôpital par ses amis, il a eu la vie sauve, mais a perdu sa jambe gauche.

Jusqu’en 1997, Veb utilisait des béquilles qu’il avait fabriquées lui-même. Mais il était alors impossible pour lui de travailler correctement. Une situation qui a changé radicalement lorsqu’il a pour la première fois reçu une prothèse, au centre de revalidation physique de Siem Reap.Depuis lors, il peut à nouveau travailler comme les autres. Marchant d’un bon pas malgré ses 54 ans, il se rend avec son épouse et ses enfants à la rizière, traversant sans mal les rivières et marchant avec équilibre sur de fines digues boueuses. Travaillant en ligne, chacun s’affaire à repiquer le riz, sous un soleil de plomb, pendant que ses petits-enfants, trop jeunes pour travailler, s’ébattent dans un marais proche.

Aujourd’hui encore, Khtoeup Veb se rend régulièrement au centre de revalidation, situé à 80km de chez lui. Il est en effet indispensable de régulièrement réparer ou changer les prothèses abimées. Pour s’y rendre, Khtoeup Veb n’a d’autre choix que d’utiliser un moto taxi, ce qui lui revient à 60 000 riels. Une somme importante à débourser pour ce paysan qui ne pourrait pas bénéficier des services du centre s’il devait s’acquitter lui-même de cette somme. Outre les frais de production de l’appareillage, de kinésithérapie ou encore de logement, Handicap International rembourse donc à Veb son trajet.