Mossoul : près de 100 000 personnes déplacées en deux mois

  • Une vue du camp de Khazer : des rangées de grandes tentes au toit arrondi. Quelques enfants jouent dans l'allée principale entre les tentes. A l'avant-plan, un jeune garçon a tourné la tête et regarde vers l'objectif.
    Le nombre de déplacés continue d’augmenter chaque jour, les températures baissent et les conditions de vie sont de plus en plus difficiles dans les camps © E. Fourt / Handicap International
  • Un jeune homme avec un gilet de Handicap International assis à côté d'une tout petite fille allongée sur un matelas. La petite tient une chaussette dans sa main droite. L'homme tire légèrement sur la chaussette
    Sinat souffre d'infrimité motrice cérébrale. Elle est arrivée avec sa famille au camp de Khazer où un kinésithérapeute de Handicap International lui dispense les soins nécessaires. © E. Fourt / Handicap International

Il y a deux mois, les forces armées irakiennes et kurdes lançaient une offensive pour reprendre Mossoul, en Irak. Depuis, près de 100 000 personnes ont fui la ville et ses environs. Les équipes de Handicap International sont présentes dans les différentes zones de déplacement pour apporter leur assistance à cette population.

Depuis le début de son intervention pour les déplacés de Mossoul et ses environs, Handicap International a déjà pu venir en aide à plusieurs centaines de personnes, assistant la population déplacée avec des séances de kinésithérapie et de soutien psycho-social, des sessions d’éducation aux risques des mines et des initiatives d’inclusion. . « Nos équipes se déplacent de tente en tente dans les camps, pour s’assurer que personne ne soit oublié dans le cadre des activités humanitaires que nous avons déployées » explique Maud Bellon, coordinatrice terrain pour la réponse d’urgence de l’association. Depuis plusieurs semaines, Maud supervise les activités de dizaines de kinésithérapeutes, travailleurs sociaux, travailleurs psycho-sociaux, et agents d’éducation aux risques des mines ou autres engins explosifs, qui sont déployés sur le terrain auprès des déplacés

« Nous faisons de notre mieux pour assister le maximum de personnes possibles, mais le nombre de déplacés continue d’augmenter considérablement chaque jour, les températures baissent et les conditions de vie sont de plus en plus difficiles pour les personnes dans les camps… Aujourd’hui, environ 80% des déplacés vivent dans des camps et le reste de cette population vit dans les communes des environs, généralement hébergés par des proches qui y sont déjà installés. » explique Maud Bellon. 

Les mines, un réel danger

« Outre nos activités de kinésithérapie et de soutien psycho-social, nous avons également mis en place des activités d’éducation aux risques des mines et des engins explosifs auprès de la population déplacée, la semaine passée. Depuis le 17 octobre dernier, plus de 1 000 personnes ont été blessées par des armes à feu ou des armes explosives, telles que des mines, dans leur fuite[1]. Il est essentiel que la population déplacée sache éviter ces risques. Et lorsque ces personnes rentrent chez elles, comme c’est déjà le cas dans certaines zones, elles arrivent dans des endroits très contaminés et elles doivent aussi savoir comment se prévenir du danger » ajoute la coordinatrice Handicap International.

Le nombre de déplacés risque d’augmenter encore considérablement dans les semaines et mois à venir. On s’attend également à une augmentation du nombre de blessés, car les combats dans Mossoul s’intensifient au fil du temps. Et l’hiver va être très rude, pour l’ensemble de la population déplacée. La situation est donc critique et l’urgence ne fait que s’intensifier de jours en jours.

Pour en savoir plus, lisez l'interview complète de Maud Bellon.

[1] OCHA, 9 décembre 2016.