Idriss sur le chemin de l'école

Une dame, déjà d’un certain âge, les cheveux grisonnants, pousse un adolescent, presqu’un adulte, assis dans un tricycle.Elle s’efforce de passer les obstacles, d’extirper l’engin, lourd, d’une flaque de boue. Un passant vient l’aider. Elle pousse toujours pour arriver à destination : l’école primaire n° 1 de Kingabwa.  Elle c’est Françoise. Idriss, le garçon assis dans le tricycle, est son cinquième enfant et va sur ses 19 ans. Idriss est tombé malade, à l’âge de six mois. C’est à ce moment que le papa est parti, abandonnant femme et enfants.

Aujourd’hui, Idriss et Françoise habitent une petite maison, avec une petite cour. La famille n’est vraiment pas riche et chaque trimestre maman Françoise doit payer les frais de scolarité – l’équivalent de 30$. A cela il faut ajouter le matériel scolaire, même modeste, ainsi que les frais annexes. Il faut par exemple payer pour avoir le droit de passer les examens.

Pour Idriss, tout se passe bien. La seule difficulté, c’est le trajet, impossible à effectuer quand il pleut et que la rue est impraticable pour son tricycle. Rien n’est asphalté, la rue est jonchée de déchets de toutes sortes et traversée par  un fossé peu profond dans lequel coulent des eaux d’une propreté douteuse. 

Il travaille bien en classe, est bien intégré, a des copains. On l’a même élu « ministre de la santé » de l’école pour un an, à l’unanimité. Mais pour son avenir, Idriss se montre modeste : « Je veux suivre une formation de couturier après l’école, comme ça j’aurais un métier. »