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Chapitre 22

Des enfants jouent dans une cour de récréation. Au milieu à l'arrière-plan, une petite fille pousse un ballon. Des enfants jouent dans une cour de récréation. Au milieu à l'arrière-plan, une petite fille pousse un ballon. Des enfants jouent dans une cour de récréation. Au milieu à l'arrière-plan, une petite fille pousse un ballon. Des enfants jouent dans une cour de récréation. Au milieu à l'arrière-plan, une petite fille pousse un ballon.

Aïda était fatiguée.

Pas juste physiquement. Pas comme quand elle veillait trop tard pour finir ses devoirs. Elle n’avait parlé à personne de ce qu’elle ressentait, mais son corps, lui, continuait de le crier, de la prévenir. Un fichu sentiment d’oppression qui la poussait à faire quelque chose. Cette émotion terrible et écrasante qu’on nommait culpabilité.

Elle essaye de se raisonner : ce n’est pas de sa faute. Elle n’y est pour rien si un enfant - qu’elle connaissait - était allé là où il ne le devait pas. Sauf que…

Elle aurait dû parler du panneau. De l’avertissement. De l’atelier qu’elle avait ignoré.

Peut-être que si elle l’avait fait, cet enfant n’aurait jamais mis les pieds là-bas.

Aïda couchée dans son lit, les yeux grands ouverts., les bras croisés sur sa poitrine. Aïda couchée dans son lit, les yeux grands ouverts., les bras croisés sur sa poitrine. Aïda couchée dans son lit, les yeux grands ouverts., les bras croisés sur sa poitrine. Aïda couchée dans son lit, les yeux grands ouverts., les bras croisés sur sa poitrine.
Gros-plan d'Aïda, couchée dans son lit, les yeux grands ouvert. Gros-plan d'Aïda, couchée dans son lit, les yeux grands ouvert. Gros-plan d'Aïda, couchée dans son lit, les yeux grands ouvert. Gros-plan d'Aïda, couchée dans son lit, les yeux grands ouvert.

Elle y pensait constamment. Dans la rue, en classe, le soir avant de dormir. Son propre silence l’avait transformée en complice. C’était au moins son impression. À l’école, tout le monde parlait encore de l’accident. Certains en faisaient des histoires exagérées, à grand renfort de description pas très réalistes, juste pour faire peur aux autres. Cela pris une telle ampleur que le directeur décida de prendre les devants.

Des enfants jouent dans une cour de récréation. Au milieu à l'arrière-plan, une petite fille pousse un ballon. Des enfants jouent dans une cour de récréation. Au milieu à l'arrière-plan, une petite fille pousse un ballon. Des enfants jouent dans une cour de récréation. Au milieu à l'arrière-plan, une petite fille pousse un ballon. Des enfants jouent dans une cour de récréation. Au milieu à l'arrière-plan, une petite fille pousse un ballon.
Affiche annonçant un atelier de sensibilisation aux risques des engins explosifs. Affiche annonçant un atelier de sensibilisation aux risques des engins explosifs. Affiche annonçant un atelier de sensibilisation aux risques des engins explosifs. Affiche annonçant un atelier de sensibilisation aux risques des engins explosifs.

Ainsi, un jour, alors qu’elle allait à l’école, elle vit l’affiche. Elle ressemblait à celle qu’elle avait déjà vue, et disait la même chose : 

"Atelier de sensibilisation aux mines et explosifs - Protégez-vous, informez-vous !"

Seulement cette fois, c’était dans son école, pour les élèves et leur famille. C’était l’occasion rêvée pour en apprendre plus, pour informer ceux qu’elle aimait, et comprendre. Parce que le faire seule était au-dessus de ses forces, être aidée par des professionnels lui semblait soudain la meilleure solution possible. 

Le lendemain, Aïda se dirigea vers le réfectoire de son école, avec sa famille. Elle avait longuement discuté avec eux pour les convaincre de venir. 

Il y avait déjà du monde. Quelques élèves, des adultes. Un homme en uniforme discutait avec une femme en blouse beige. Ils affichaient tous les deux un sourire rassurant. Elle s’installa sur une chaise au fond, croisant les bras sur sa poitrine en essayant de se faire la plus petite possible. Samir, lui, ne tenait pas en place.

Aïda assise dans une grande salle au milieu d'autres élèves. Aïda assise dans une grande salle au milieu d'autres élèves. Aïda assise dans une grande salle au milieu d'autres élèves. Aïda assise dans une grande salle au milieu d'autres élèves.

Le formateur prit la parole. Son ton n’était pas celui d’un professeur ou d’un donneur de leçon. Il parlait avec calme, avec sérieux. Il expliqua pourquoi ces ateliers existaient, les dangers que certains oubliaient. Il montra des images, des schémas, parla des zones à risque et des bons réflexes à adopter.

Aïda savait déjà certaines choses, bien sûr. Mais l’entendre comme ça, posé, structuré… ça changeait tout.

Il fit défiler une série d’images sur un grand panneau blanc.

— Beaucoup pensent que les mines sont faciles à reconnaître, que ça ressemble toujours à un disque métallique planté dans le sol, comme dans les films.

Il pointa une première image : un objet rond et rouillé, à moitié enfoui dans la terre.

— Oui, certaines ressemblent à ça. Mais…

Il changea d’image. Cette fois, c’était une simple boîte cabossée, posée dans un terrain vague. Puis une canette de soda. Une vieille chaussure.

— … d’autres sont beaucoup plus discrètes. Il suffit d’un rien pour les dissimuler : un peu de terre, des feuilles mortes, ou juste de la créativité.

Aïda sentit son ventre se nouer. Elle repensa à cette boîte de conserve qui l’avait inquiétée l’autre soir.

— Les signes d’une zone à risque peuvent être discrets, continua le formateur. Les panneaux d’avertissement sont une première indication évidente, mais ils ne sont pas toujours présents. Parfois, il faut observer les détails autour de soi :
●    Un champ où personne ne marche, alors que le chemin semble accessible.
●    Des animaux morts.
●    Des bâtiments abandonnés avec des murs couverts d’inscriptions prévenant du danger.
●    Des objets étrangement placés, comme un tas de pierres formant une barrière naturelle.
●    Une zone où des drapeaux rouges ou jaunes sont plantés dans le sol.

Il montra une autre image : un terrain désert, avec quelques petits bâtons de bois colorés plantés au sol.

— Ces marquages sont faits par des équipes de déminage. Ils indiquent les endroits suspectés d’être dangereux. Si vous en voyez, ne vous en approchez pas.

Une affiche montrant des engins explosifs et des signaux d'avertissement du danger. QUelqu'un pointe une tige métallique pour montrer une des images. Une affiche montrant des engins explosifs et des signaux d'avertissement du danger. QUelqu'un pointe une tige métallique pour montrer une des images. Une affiche montrant des engins explosifs et des signaux d'avertissement du danger. QUelqu'un pointe une tige métallique pour montrer une des images. Une affiche montrant des engins explosifs et des signaux d'avertissement du danger. QUelqu'un pointe une tige métallique pour montrer une des images.

Un garçon au premier rang leva timidement la main.

— Et… si on en trouve une ?

Le formateur hocha la tête, comme s’il attendait cette question.

— Si vous tombez sur un objet suspect, ou que vous avez le moindre doute, la règle est simple : vous ne touchez rien. Vous vous éloignez immédiatement par le même chemin.

Il se tourna vers l’assemblée, cherchant à faire comprendre l’importance de ce qu’il disait.

— Même si ça ressemble à une boîte vide, un morceau de métal quelconque, ou un vieux jouet. Vous ne pouvez pas savoir ce qui se cache dessous ou à l’intérieur.

Il pointa un nouvel exemple : un jouet en plastique coloré, abandonné sur au sol.

— Certains engins sont conçus pour attirer l’attention. Ils sont placés exprès pour que quelqu’un les ramasse. Ne tombez pas dans le piège.

Aïda sentit un frisson lui parcourir l’échine.

Un garçon parmi tous les élèves lève la main pour poser une question. Un garçon parmi tous les élèves lève la main pour poser une question. Un garçon parmi tous les élèves lève la main pour poser une question. Un garçon parmi tous les élèves lève la main pour poser une question.
Un agent de sensibilisation portant une chemise avec le logo de Handicap International. Il donne des explications aux élèves assis devant lui. Un agent de sensibilisation portant une chemise avec le logo de Handicap International. Il donne des explications aux élèves assis devant lui. Un agent de sensibilisation portant une chemise avec le logo de Handicap International. Il donne des explications aux élèves assis devant lui. Un agent de sensibilisation portant une chemise avec le logo de Handicap International. Il donne des explications aux élèves assis devant lui.

— Alors, que faut-il faire ? continua-t-il. Il resta silencieux un instant, observant les personnes devant lui. S’éloigner lentement. Ne pas courir. Ne pas faire de grands gestes. Suivre exactement le même chemin par lequel vous êtes venu et prévenir immédiatement  les autorités. Dans certains endroits, un numéro spécial est mis en place pour signaler ces dangers. Si ce n’est pas le cas, avertissez un enseignant, un policier, ou un responsable du quartier.

Il montra alors une dernière image : un enfant levant la main, en train d’expliquer quelque chose à un adulte en uniforme.

— Chaque fois que quelqu’un signale une zone suspecte, il peut empêcher un drame. Même si ça semble être "rien", mieux vaut se tromper que regretter.

C’était ce qu’elle retenait surtout de tout ça : mieux vaut agir que de regretter. Mieux vaut prévenir et éviter les drames. 

Quand l’atelier touche à sa fin, chacun reçoit un petit guide résumant les bons réflexes à adopter. Samir feuillette les pages, le nez froncé, visiblement absorbé par les images.

Aïda le regarde, presque attendrie. 

Quelques jours plus tard, alors qu’elle rentre de l’école, elle surprend Samir en train d’expliquer ce qu’il a appris à un de ses copains. Il pointe une affiche sur un mur et répète avec l’assurance des enfants qui en savent plus que les autres :

— Si tu vois un truc bizarre, tu touches pas et tu préviens un adulte.

Aïda s’arrête quelques secondes et le regarde faire. Il est sérieux, concentré. Un sourire discret étire les lèvres de la jeune fille. Elle est contente. Apaisée. Son petit frère est en sécurité - autant qu’il peut l’être - et essaye lui aussi, de protéger ses petits camarades.

Ce n’était pas grand-chose…
Juste une décision.
Mais une bonne décision.

Samir, le petit frère de Aïda, dans la rue. Il montre quelque chose du doigt. Aïda se tient derrière lui. Le mot Samir, le petit frère de Aïda, dans la rue. Il montre quelque chose du doigt. Aïda se tient derrière lui. Le mot Samir, le petit frère de Aïda, dans la rue. Il montre quelque chose du doigt. Aïda se tient derrière lui. Le mot Samir, le petit frère de Aïda, dans la rue. Il montre quelque chose du doigt. Aïda se tient derrière lui. Le mot

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