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Cinq ans de guerre au Yémen : toute une génération blessée à vie

Bruxelles, jeudi 26 mars 2020 – Depuis le début du conflit au Yémen, Handicap International a pris en charge plus de 3 000 victimes d’armes explosives, dont 850 victimes de mines et de restes explosifs de guerre. Presque tous présentent des handicaps résultant de leurs blessures et auront besoin d’un suivi spécifique à vie. L’association est profondément préoccupée par les obstacles multiples aux interventions humanitaires et à l’accès aux populations. Thomas Hugonnier, directeur des opérations pour l'organisation au Moyen-Orient, témoigne de la situation dans le pays.

Au sein des hôpitaux et des centres de réadaptation dans lesquels Handicap International intervient, Thomas Hugonnier, directeur des opérations pour l’organisation au Moyen-Orient, est frappé par le nombre de personnes blessées par les bombardements, les mines et les engins non explosés. « Pour beaucoup d’entre elles, la réadaptation physique est une nécessité absolue. Beaucoup de personnes blessées auront besoin d’un accompagnement médical, financier et social à long terme, souvent pour le reste de leur vie...»
 
Une crise complexe, aux effets dévastateurs
« Le niveau de pollution par des restes explosifs de guerre risque d’être extrêmement élevé au Yémen, au vu de l’intensité du conflit ces cinq dernières années. On estime que si le conflit s’achevait aujourd'hui, les incidents liés à l’utilisation d’armes s’étendraient sur des décennies et continuerait à handicaper la population civile et à empêcher le retour à la maison des civils déplacés. »
 
Les ONG confrontées aux contraintes de sécurité
« La violence armée a détruit les circuits économiques du pays, faisant du Yémen le pays au monde le plus touché par l’urgence humanitaire : 80 % de la population dépend de l’aide humanitaire, » s’inquète Thomas Hugonnier. « Les ONG sont confrontées à d’importantes contraintes administratives et de sécurité, qui réduisent considérablement leur champ d’action. Il est essentiel de veiller à ce que les populations touchées bénéficient d'un accès rapide et sûr aux services de base. Nous appelons les États donateurs à renouveler leur soutien à l’aide humanitaire vitale au Yémen et à faire pression sur les parties belligérantes pour qu’elles lèvent les obstacles qui entravent l’accès et l’intervention humanitaires. »
 
Une réponse d’urgence
Handicap International a contribué à la mise en place de services de réadaptation d’urgence visant à répondre aux besoins spécifiques des blessés de guerre au Yémen. En effet, les mines causent souvent l’amputation des membres inférieurs. Les victimes de bombardements souffrent de lésions complexes (plaies ouvertes, fractures, brûlures, perte de masse musculaire, lésions du système nerveux, etc.). En l’absence de réadaptation juste après l’opération, les patients risquent une grave perte de mobilité entraînant des handicaps qui vont souvent de pair avec la marginalisation sociale et professionnelle, la baisse des revenus et l’appauvrissement de la famille du patient.
 
Handicap International, actif dans le pays depuis 2015 et présente dans six centres de santé des gouvernorats de Sanaa, d’Amanat al-Asima et d’Aden, appelle toutes les parties concernées à faciliter l’accès rapide et sûr des populations à la protection et à l’aide humanitaire.

Diana Diana Diana Diana

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DIANA VANDERHEYDE

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