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5 raisons d'interdire définitivement les mines antipersonnel

Les mines antipersonnel tuent et blessent chaque année des personnes innocentes. Les victimes qui survivent à une explosion doivent souvent continuer à vivre avec de graves handicaps physiques et/ou psychologiques.

De plus en plus d'États membres de l’Union européenne se retirent de la Convention contre les mines antipersonnel et se tournent à nouveau vers cette arme pour se défendre.

Une évolution dangereuse… Voici donc 5 raisons pour les en dissuader.

 

Une fois posée, il est impossible de contrôler qui sera touché par une mine antipersonnel. Cette arme ne fait pas de distinction entre une cible militaire et un civil.

Résultat : ce sont surtout des victimes innocentes qui en paient le prix. 80 % des morts et blessés causés par des mines antipersonnel sont des civils, dont près de la moitié (43 %) sont des enfants.

Au cours des 25 dernières années, les mines antipersonnel ont fait au total plus de 91 000 victimes civiles.

 

Si les mines antipersonnel pouvaient autrefois stopper l'avancée des troupes, ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Leur déploiement peut désormais être détecté en temps réel et contourné ou neutralisé très rapidement grâce à des équipements spécialisés tels que l'imagerie satellite, les drones et les capteurs au sol.

Aussi, il est très facile de franchir un champ de mines à l'aide de véhicules blindés et de détonations à distance. Il ne faut ainsi pas plus de 5 minutes pour traverser un champ de mines d'un kilomètre de large !

 

Contrairement à d'autres mécanismes de défense, les mines antipersonnel restent mortelles pendant des années. Un champ de mines n’est pas flexible ; il ne peut être rapidement déplacé ou retiré.

Même les mines dites « intelligentes », censées s'autodétruire, échouent fréquemment. Les mines américaines CBU-89 présentent un taux de défaillance de 6 à 21 %. Un grand nombre de ces engins restent donc dangereux pour les civils et les démineurs.

 

Les préoccupations en matière de sécurité sont réelles, mais le recours aux mines antipersonnel est souvent le fruit de doctrines dépassées ou de pressions politiques internes.

Les alternatives modernes offrent sécurité, contrôle et respect du droit international, sans les conséquences humanitaires à long terme.

Dans une étude du Comité international de la Croix-Rouge, un général britannique a témoigné qu'il n'existait « aucun cas connu dans lequel les mines antipersonnel ont influencé de manière décisive une campagne militaire, une bataille ou un affrontement », et un commandant américain a déclaré n'avoir « connaissance d'aucun avantage opérationnel lié au déploiement à grande échelle de mines antipersonnel ».

 

Une mine antipersonnel peut être produite à partir de 3 $, mais son déminage peut coûter plus de 1 000 $ ! En effet, le déminage est un processus particulièrement coûteux et lent, qui peut s'étendre sur plusieurs décennies.

Entre-temps, les habitants ne peuvent pas rentrer chez eux, des personnes sont tuées ou mutilées à vie, et les substances contenues dans les mines peuvent provoquer des dommages environnementaux durables en polluant les sols et les sources d'eau.

Le 31 août 2025, un jeune homme de 19 ans a perdu la vie en marchant sur une mine antipersonnel en Bosnie-Herzégovine. Cet engin datait d'une guerre qui s'est terminée il y a plus de 30 ans.

Une arme censée protéger sa propre population finit toujours par se retourner contre elle.