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Résolution des Nations unies pour changer la vie de 2,5 milliards de personnes

Aide Inclusion

2,5 milliards de personnes ont besoin d’équipements adaptés (fauteuils roulants, lunettes…) pour une vie autonome. Une résolution des Nations unies renforce leur accès.

Mario, jeune étudiant de Madagascar dans on fauteuil roulant.

Mario, jeune étudiant de Madagascar dans on fauteuil roulant. | © Screen Imagem / HI

Quatre questions à Valentina Pomatto, responsable du plaidoyer chez Handicap International :

Les Nations unies votent une résolution pour améliorer l’accès aux “technologies d’assistance”. De quoi s'agit-il?

Les technologies d’assistance regroupent l’ensemble des produits et des services conçus pour aider les personnes handicapées, les personnes âgées ou toute personne présentant des limitations fonctionnelles à accomplir certaines tâches et à vivre de manière autonome.

Elles comprennent notamment les prothèses, les appareils auditifs, les cannes et les fauteuils roulants, mais aussi les lunettes, logiciels de synthèse vocale, les applications de traduction en langue des signes ou encore des objets adaptés, tels que des télécommandes simplifiées.

Certains de ces outils font partie du quotidien dans nos sociétés. Pourtant, dans certains pays, ils restent difficilement accessibles, notamment en raison de leur coût ou d’un manque de capacités de production et de distribution.

Pourquoi cette résolution des Nations unies est-elle importante ?

Prenons l’exemple des lunettes : sans elles, pour bon nombre d’entre nous, la vie quotidienne serait difficile. Nous ne pourrions peut-être pas conduire, nous aurions du mal à lire ce qui est écrit sur un tableau en classe ou à exercer certains métiers nécessitant de la précision. Nous pourrions également souffrir de maux de tête ou de fatigue visuelle, etc.

Au total, 2,5 milliards de personnes dans le monde ont besoin de technologies d’assistance pour voir, entendre, se déplacer ou communiquer au quotidien. Cela représente plus d’un tiers de la population mondiale. Dans de nombreux pays à faible revenu, seule une très faible proportion des besoins est couverte, parfois seulement entre 3 et 10 %.

Dans les pays touchés par des crises, les besoins sont particulièrement importants. Au Yémen ou en Syrie, par exemple, de nombreuses personnes vivent avec un handicap à la suite de blessures graves liées aux conflits, sans avoir accès aux équipements dont elles auraient besoin, comme une prothèse ou un fauteuil roulant, et aux services pour leur bon usage et maintenance.

Privées de ces équipements et soutien, elles peuvent se retrouver dans l’impossibilité de travailler ou de participer pleinement à la vie sociale. Cette situation peut entraîner une dégradation de leur santé, de l’isolement, de la dépression.

Que dit précisément cette résolution ?

Votée le 2 septembre dernier, il s’agit de la première résolution des Nations unies spécifiquement consacrée aux technologies d’assistance. Elle marque un niveau important d’engagement politique sur cette question.
Bien qu’elle ne soit pas juridiquement contraignante, elle appelle les États à renforcer l’accès aux technologies d’assistance, en particulier pour les populations les plus pauvres et les plus vulnérables.

Les États sont notamment invités à mobiliser davantage de ressources, à promouvoir la collaboration entre différents secteurs — santé, éducation, emploi et protection sociale — et à soutenir la recherche et l’innovation.

La résolution souligne également l’importance de garantir la participation des utilisateurs et utilisatrices dans l’élaboration des politiques. Elle appelle aussi à intégrer l’accès aux technologies d’assistance dans les plans de préparation et de réponse aux crises humanitaires.

Que doivent maintenant faire les États ?

Les États membres doivent désormais transformer les engagements inscrits dans cette résolution en actions concrètes.

Ils sont notamment appelés à renforcer les services de réadaptation et à soutenir les filières qui assurent l’accès aux technologies d’assistance, depuis leur fourniture jusqu’à leur adaptation, leur entretien et leur suivi.
Ils doivent également mettre en place des systèmes de collecte et de suivi des données afin de mieux comprendre et anticiper les besoins des populations et suivre l’impact de leur politique en la matière.

Handicap International souligne enfin l’importance d’impliquer pleinement les organisations de la société civile, en particulier les organisations de personnes handicapées et les ONG spécialisées, qui sont parmi les mieux placées pour comprendre les besoins des personnes concernées et contribuer à la mise en œuvre de solutions adaptées.

Qu'est-ce que cela change pour une organisation comme Handicap International ?

Cette résolution est un argument supplémentaire pour demander l'engagement des gouvernements et des bailleurs sur les technologies d'assistance dans les pays où nous travaillons. À terme, il peut ouvrir des perspectives de financements et de collaborations. L'important pour une organisation comme Handicap International est de suivre la mise en œuvre de la résolution avec les partenaires, pays par pays.

Publié le : 7 septembre 2026

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