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Handicap International récupère les anciennes prothèses de jambe

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Belgique Éthiopie Ouganda Yémen

L'organisation lance le projet « Liimba » en Belgique pour permettre à davantage de personnes d'accéder à une prothèse de jambe.

Une femme utilise un tournevis pour travailler sur la prothèse de jambe d'une personne debout.

© Crolle Agency / HI

En octobre 2026, Handicap International Belgique ouvrira plusieurs points de collecte pour les anciennes prothèses de jambe. Celles-ci contiennent souvent de nombreux composants de grande valeur qui peuvent être parfaitement réutilisés. Grâce à Liimba, son projet d’économie circulaire, l’ONG souhaite fabriquer à grande échelle de nouvelles prothèses afin que de nombreuses personnes qui n’y ont habituellement pas accès puissent retrouver une nouvelle autonomie.

Lorsqu’une personne est équipée d’une prothèse de jambe, elle ne la conserve pas toute sa vie. Les modifications du corps ou du moignon peuvent rendre la prothèse inadaptée. Une personne peut également devenir moins active (ou au contraire plus active), ce qui nécessite un autre type de prothèse. En Belgique, comme dans de nombreux autres pays européens, les prothèses sont en grande partie remboursées et les patients reçoivent en moyenne une nouvelle prothèse tous les trois à cinq ans. Pour les enfants, en raison de leur croissance, ce renouvellement intervient même tous les 12 à 18 mois.

« Pourtant, les anciennes prothèses ne sont pas revalorisées, malgré la qualité des nombreux composants parfaitement réutilisables », explique Aminata Thiam, Liimba project manager chez Handicap International Belgique. « En Belgique, des milliers de prothèses finissent chaque année abandonnées dans le grenier des patients ou vont directement à la poubelle. Après un décès aussi, de nombreuses prothèses restent sans aucune utilité. »

À l'échelle mondiale, 65 millions de personnes ont besoin d'une prothèse. Pourtant, 80 % d'entre elles n'y ont pas accès, faute de composants orthopédiques disponibles dans leur région ou de moyens financiers suffisants pour acquérir une prothèse, souvent très coûteuse. Pour un très grand nombre de personnes, une prothèse de jambe est essentielle pour retrouver leur autonomie, accéder à l'emploi ou à l'éducation et mener une vie indépendante.

1 + 1 = 2

D’un côté, un surplus de composants de prothèses ; de l’autre, des millions de personnes privées d’accès à une prothèse. Handicap International a donc décidé de rapprocher ces deux réalités. L’organisation a conclu différents partenariats avec des centres orthopédiques belges afin d’y installer des boîtes de collecte pour les anciennes prothèses. Celles-ci sont placées aussi bien dans des cabinets de consultation privés que dans les services orthopédiques des hôpitaux.

Une fois une boîte remplie, elle est transportée gratuitement par Kick&Rush, partenaire logistique de Handicap International, vers un centre de stockage à Wavre. Les prothèses sont ensuite envoyées à l’atelier Liimba de Lyon, en France. Des anciennes prothèses de jambe y arrivent également depuis la France et la Suisse.

Sur place, toutes les prothèses sont d’abord entièrement démontées. Les éléments non réutilisables, tels que le pied ou l’emboîture – la partie qui entoure le moignon – sont éliminés et, lorsque cela est possible, recyclés. Les autres composants, notamment le précieux genou prothétique, sont nettoyés puis soumis à un contrôle qualité stricte. Les pièces endommagées ou obsolètes sont écartées, tandis que les composants réutilisables sont triés par catégorie et stockés en vue de leur expédition.

83 % de coûts en moins

Grâce à son partenaire Pilotes sans frontières, notamment, Handicap International expédie les composants de prothèses reconditionnés vers ses centres de réadaptation en Éthiopie, au Yémen et en Ouganda. Les prothésistes de ces centres reçoivent les pièces qu’ils ont demandées en fonction de leurs besoins. Ils peuvent ainsi reconstruire la base d’une nouvelle prothèse. L’emboîture est ensuite fabriquée sur mesure pour chaque patient, parfois à l’aide d’imprimantes 3D. Il ne reste plus qu’à ajouter un pied pour obtenir une prothèse reconditionnée de très haute qualité.

Publié le : 20 octobre 2026

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