Go to main content

Gaza : “ Nous ne pourrons pas tenir longtemps «

Réadaptation Urgence
Handicap International (HI) soigne des centaines de victimes de la violence à Gaza. Les blessés et leur famille essayent de s'adapter à leur nouvelle situation, qui leur pose de sérieux défis.
Deux jeunes enfants debout à côté du lit où est allongé Mohammed, leur papa

Handicap International (HI) soigne des centaines de victimes de la violence à Gaza. Les blessés et leur famille essayent de s'adapter à leur nouvelle situation, qui leur pose de sérieux défis.

Mohammed a reçu une balle dans la jambe au cours des incidents qui ont eu lieu à Gaza le 6 avril. Au moins 15 000 personnes ont été blessées depuis mars 2018 et environ 3 000 d’entre elles souffrent d’un grave traumatisme au niveau de la jambe, comme Mohammed.

Ce père de famille a déjà subi deux opérations lourdes et doit désormais porter un fixateur autour de sa jambe. Il devra subir une chirurgie de reconstruction osseuse dans les mois à venir, mais il s‘agit d’une intervention très spécialisée qui ne peut pas être réalisée dans les hôpitaux de Gaza. Nul ne sait s’il sera autorisé à quitter le territoire.

Un impact financier, physique et psychologique

Mohammed vit à Gaza avec sa femme, ses deux enfants et plusieurs membres de sa famille élargie. Avant d’être blessé, il gagnait un revenu modeste, mais essentiel, en livrant des légumes au marché. Aujourd’hui, il ne peut plus travailler. Il dépense actuellement 45 euros par semaine en analgésiques et en coûts de transport vers l’hôpital. « Je ne dispose pas de l’argent nécessaire. Ma famille est pauvre, nous ne pourrons pas tenir longtemps » explique Mohammed, qui est aussi psychologiquement à bout. « Je suis cloué au lit, maintenant. Je ne peux plus prendre mes enfants dans mes bras comme avant et j’ai tout le temps peur de bouger. »

Les équipes mobiles dispensent des soins à domicile

Les équipes de HI assurent les soins postopératoires de Mohammed à domicile, notamment les changements de pansements. Elles s’efforcent d’améliorer ses conditions de vie - en lui fournissant un matelas pour prévenir les escarres, par exemple - et les kinésithérapeutes mettront en place un plan de réadaptation physique lorsque son état le permettra. Il faudra pourtant plusieurs mois d’efforts acharnés et de patience. Au cours de cette période, des psychologues, spécialement formés par HI, aideront également Mohammed à gérer l’impact psychologique et social de ses blessures.

Mohammed est déterminé à se rétablir, mais il aura besoin d’un soutien médical et psychologique constant pour ne pas développer un handicap permanent. L’équipe mobile de HI, composée d’infirmiers, de kinésithérapeutes et de psychologues spécialisés, l’accompagnera tout au long de ce parcours, lui offrant les meilleures chances de rétablissement.

Pour aller plus loin

Food for peace : distribution de nourriture au Kasaï
© John Wessels/HI
Urgence

Food for peace : distribution de nourriture au Kasaï

Pendant deux ans, les équipes de Handicap International (H.I.) ont distribué une aide alimentaire à la population du Kasaï, en République démocratique du Congo. Entre le 1er août 2017 e le 31 août 2019, H.I a donné des rations comprenant deux sacs de farine de maïs (27 kg/sac), un sac de haricots, une boîte d'huile et un sac de sel à 92 549 personnes à Demba et Dimbelenge, deux régions de la province du Kasaï.

 « Je considère ma prothèse comme ma vraie jambe. »
© Davide Preti/HI
Réadaptation

« Je considère ma prothèse comme ma vraie jambe. »

Il y a dix ans, Maryse (44 ans) a été blessée suite au séisme qui a frappé Haïti et a perdu sa jambe droite. Depuis, elle a gardé le moral. Aujourd’hui, elle n’a pas honte de sa prothèse.

« Avec la guerre, les gens se sont renfermés sur eux-mêmes… » Mines et autres armes Réadaptation

« Avec la guerre, les gens se sont renfermés sur eux-mêmes… »

Suad Al-Qadri est conseillère en soutien psychosocial pour HI à Sana’a, au Yémen. Elle témoigne de la condition mentale des patients aidés par HI et des conséquences des bombardements sur la santé psychologique des habitants de la ville.