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Il y a encore énormément à faire en matière de santé mentale

Santé

Les 5 et 6 octobre, le ministre français des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran, et le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, accueilleront à Paris, un Sommet mondial sur la santé mentale intitulé « Mind Our Rights, Now ! ».

Ce sommet réunira des hauts responsables politiques, des organisations internationales, des professionnels de santé, des experts et acteurs de la société civile, mais aussi des fondations et des personnalités issues du milieu académique, avec l’ambition de renforcer la mobilisation internationale en faveur de la santé mentale, de promouvoir le respect des droits et de valoriser les expériences innovantes à l’international.

Maximilien Zimmermann, réfèrent technique Santé mentale et soutien psychologique chez Handicap International, y participera. Il nous parle de son travail au sein de notre ONG et des enjeux de ce sommet. Rencontre.

L’équipe Santé Mentale & Soutien psychosocial du siège de HI, Chiara, Jennifer, Raphaële et Maximilien, y ont participé activement aux côtés de leurs homologues du terrain, Karini et Guy-Hervé.

L’équipe Santé Mentale & Soutien psychosocial du siège de HI, Chiara, Jennifer, Raphaële et Maximilien, y ont participé activement aux côtés de leurs homologues du terrain, Karini et Guy-Hervé. | ©Handicap International

Tout d’abord, clairement et simplement, c’est quoi la santé mentale ?

Dans notre milieu et chez Handicap International, on parle de santé mentale et de soutien psychosocial, parce qu’on vient en aide à des personnes dans des contextes extrêmement précaires, de guerre ou de catastrophes naturelles qui vont avoir un impact sur l’état psychologique des gens. Ce sont principalement ces déterminants sociaux qui vont plonger les personnes dans des souffrances psychologiques. Et c’est aussi pour ça qu’on parle de détresse psychologique ou de détresse psychosociale. Évidemment, la santé mentale concerne tout le monde. On s’est rendu compte de l’impact qu’une pandémie peut avoir sur les individus. Et chez Handicap International, depuis 1987, on essaie d’apporter non seulement un soutien de réhabilitation physique aux personnes que l’on rencontre mais aussi d’intégrer cette dimension psychologique dans nos interventions.

Vous serez présent lors de ce sommet à Paris. Pour quelles raisons ?

Handicap International a une approche de la santé mentale fondée sur les droits, en lien avec la convention relative aux personnes handicapées. Chaque personne a le droit d’avoir accès à des soins de santé mentale de qualité. La dépression est la plus grande cause d’incapacité dans le monde. Il faut donc que les états et les gouvernements se mobilisent pour investir dans la santé mentale. Chez Handicap International, on n’agit pas seulement auprès des soignants pour qu’ils comprennent ce qu’est la santé mentale et puissent donner des soins de santé mentale. On va essayer de travailler au niveau politique. On accompagne dans certains projets des personnes qui ont vécu des problèmes de santé mentale et qui se regroupent pour défendre leurs droits. Ces associations font du plaidoyer pour que la santé mentale soit prise en compte par les gouvernements. Lors de ce sommet, je participerai à l’atelier « Comment maintenir la santé mentale sur le devant de la scène ? ». Je vais surtout faciliter certaines discussions.

Tout au long de l’année, Handicap International œuvre en faveur de la santé mentale. De quelle manière ?

De différentes manières. Par exemple, un handicap physique va amener une souffrance psychologique. Du coup, on va essayer d’intégrer cette composante de santé mentale à d’autres domaines, notamment à la réhabilitation physique. Avec un handicap, on peut se sentir rejeté, on peut être stigmatisé par sa famille ou sa communauté, on doit réapprendre à vivre… Un accompagnement va suivre les personnes pour leur apprendre à gérer le handicap et à se reconnecter à leur famille ou à la société.

Vous travaillez chez Handicap International depuis 4 ans. Vous avez vu les choses bouger positivement en matière de santé mentale ?

Oui ! Il y a plus de projets où la santé mentale est prise en compte. Mais il y a encore énormément à faire. On a beaucoup de travail à Bruxelles et sur le terrain pour couvrir les besoins qui sont immenses dans le monde.

La santé mentale ne représente qu’environ 2% du budget santé au niveau mondial et cette part n’augmente pas significativement, alors que l’incidence mondiale des handicaps psychiques et troubles psychiatriques est croissante.

C’est la raison pour laquelle ce sommet mondiale est important, pour sensibiliser les décideurs politiques à investir plus dans ce domaine.

La France s’est engagée dans le cadre de la feuille de route santé mentale et psychiatrie et du Ségur de la santé. Et la Belgique ?

Notre pays s’est engagé, depuis de nombreuses années, dans des réformes pour que la santé mentale soit moins délaissée.

Et vis-à-vis de l’étranger ?

Handicap International reçoit des financements quand il y a des urgences mais rarement sur le long terme. C’est donc très difficile de travailler sur la gouvernance et les politiques sur le long terme.

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