Goto main content

L'interdiction des sous-munitions en danger ?

Mines et autres armes
Des négociations se déroulent en ce moment à Genève, qui mettent en péril l’interdiction des armes à sous-munitions. En effet, ces négociations pourraient déboucher sur l’adoption d’un texte qui autoriserait certaines d’entre elles. Une série de pays parmi lesquels des pays européens signataires de l’interdiction des sous-munitions, tels que la France ou l’Allemagne, travaillent à un texte totalement inacceptable pour les victimes de ces armes.
Portret van Ban Advocate Norva Lee

Les négociations en cours à Genève sur un nouveau protocole relatif aux armes à sous-munitions, conduites dans le cadre de la conférence d'examen de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC), ne portent pas sur l’interdiction mais bien sur l’autorisation d’utiliser certains types de sous-munitions, des armes qui ont déjà tué et mutilé des milliers de civils. Des pays utilisateurs et producteurs d’armes à sous-munitions, tels que les Etats-Unis, la Russie ou la Chine, poussent l’adoption d’un tel protocole. Une série de pays européens, comme la France et l’Allemagne, qui ont pourtant adhéré au traité d’Oslo interdisant les armes à sous-munitions, cherchent à faire adopter un consensus dont le texte est inacceptable pour les victimes de sous-munitions.

Handicap International appelle la Belgique à se positionner contre tout protocole qui viendrait à contredire les dispositions du traité d’Oslo. Le texte actuellement discuté vise à autoriser des sous-munitions produites après 1980. Il s’agit des sous-munitions dont – selon leurs producteurs – seules moins de 1% n’explosent pas à l’impact et restent en activité. Pourtant, l’expérience a déjà démontré qu’en réalité, sur le champ de bataille, 20% d’entre elles ou plus n’explosent pas et font peser leur menace sur des victimes innocentes.

Il est impensable que la Belgique, qui fut la première à interdire les sous-munitions, envisage de ratifier un protocole qui autoriserait à nouveau les sous-munitions. La Belgique ne peut pas d’un côté soutenir les victimes de sous-munitions, et de l’autre côté accepter passivement qu’il y ait de nouvelles victimes. Aucun des pays ayant adhéré au traité d’Oslo ne peut approuver une autre norme que celle établie par le traité sur les sous-munitions. L’approbation d’un tel protocole à Genève compromettrait le droit international humanitaire par l’établissement d’une double norme.

Ce lundi 21 novembre, Branislav Kapetanovic, survivant de l’explosion d’une sous-munition et Ban Advocate, a amené plus d’un demi-million de signatures recueillies à travers le monde et les a remises au Président de la conférence, pour s’opposer au protocole.

Lynn Bradach, Ban Advocate américaine, a témoigné à Genève : “Il est incompréhensible que mon pays fasse à ce point pression en faveur de la légitimation d’une arme qui n’a pas tué que mon fils, démineur dans l’armée américaine, mais aussi tant de civils. La sous-munition qui a tué mon fils, la M26, est interdite par le traité d’Oslo. Il est également inacceptable que des pays européens qui détruisent leurs stocks de M26 pour raison humanitaire, acceptent que d’autres pays les utilisent. »


 

Publié le : 17 décembre 2021

Pour aller plus loin

Irak : un obstacle majeur à la reconstruction du pays
© F. Vergnes/HI
Mines et autres armes

Irak : un obstacle majeur à la reconstruction du pays

Cinq ans après la fin de la guerre en Irak, les communautés sont toujours fracturées, tout comme les bâtiments, les routes et les ponts qui les entourent. Publié aujourd'hui, le rapport de Handicap International, « Reconstruction impossible : Impact de la contamination liée aux engins explosifs sur les populations touchées en Irak », dresse un tableau édifiant de la vie quotidienne des Irakiens, dont certains ont trop peur pour laisser leurs enfants aller à l'école à pied, ou d’autres sont contraints de travailler dans des endroits pollués par des explosifs, poussés par le besoin de gagner leur vie.

Atténuer l’impact des conflits
© Gwenn Dubourthoumieu / HI
Mines et autres armes

Atténuer l’impact des conflits

Le département de la Réduction de la violence armée chez HI supervise le déminage, l’éducation aux risques et la transformation de conflit... Des activités indispensables après une guerre.

H.I. poursuit ses activités auprès de la population afghane
© Jaweed Tanveer / HI
Mines et autres armes Réadaptation

H.I. poursuit ses activités auprès de la population afghane

La plupart des activités de Handicap International en Afghanistan auprès des plus vulnérables ont repris après une interruption de quelques jours. Les besoins humanitaires sont immenses dans ce pays dévasté par des décennies de conflits, l’un des plus contaminés au monde par les restes explosifs de guerre et les mines antipersonnel.