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La disparition des armes à sous-munitions applaudie par leurs victimes

Mines et autres armes
Oslo et Bruxelles, le 3 décembre 2008. Aujourd’hui, la communauté internationale salue la signature de la Convention sur les armes à sous-munitions à Oslo. Le traité, qui porte la marque des victimes des sous-munitions qui ont participé au processus diplomatique, interdit les armes à sous-munitions et prévoit des mesures étendues afin de soutenir les « personnes directement touchées par les armes à sous-munitions ainsi que leurs familles et les communautés dont elles font partie. » Ce traité est une première étape importante pour la fourniture d’une aide durable aux victimes et la destruction des stocks d’armes à sous-munitions. L’utilisation de ces armes est désormais très mal vue, même dans les pays qui n’ont pas encore signé la convention.
Les Ban Advocates saluent le traité contres les armes à sous-muntions

Handicap International appelle les États à ratifier et à appliquer le traité d’Oslo

Oslo et Bruxelles, le 3 décembre 2008. Aujourd’hui, la communauté internationale salue la signature de la Convention sur les armes à sous-munitions à Oslo. Le traité, qui porte la marque des victimes des sous-munitions qui ont participé au processus diplomatique, interdit les armes à sous-munitions et prévoit des mesures étendues afin de soutenir les « personnes directement touchées par les armes à sous-munitions ainsi que leurs familles et les communautés dont elles font partie. » Ce traité est une première étape importante pour la fourniture d’une aide durable aux victimes et la destruction des stocks d’armes à sous-munitions. L’utilisation de ces armes est désormais très mal vue, même dans les pays qui n’ont pas encore signé la convention.

« Je suis très heureux de voir notre lutte couronnée de succès, grâce à notre unité et à notre coopération. Je ne veux plus jamais voir de nouvelles victimes des sous-munitions comme moi, handicapées et en chaise roulante, » déclare Berihu Mesele, membre des Ban Advocates, partisans de l’interdiction des sous-munitions. Originaire d’Éthiopie, il a perdu ses deux jambes après le bombardement de l’école Ayder, située non loin de sa maison à Mekele. « En tant que survivant des bombes à sous-munitions, je suis fier que nous ayons été associés au processus d’Oslo et que nous ayons incité les gouvernements à comprendre le point de vue des victimes, » s’enthousiasme Dejan Dikic, Ban Advocate de Serbie qui a été blessé lors du largage par l’OTAN de bombes à sous-munitions sur la ville de Nis, en mai 1999. « Ce processus peut améliorer nos vies. Il reste encore tant à faire et je serai vraiment heureux de retourner en Afghanistan avec la bonne nouvelle de ce traité fort, non seulement pour moi mais aussi pour les milliers de victimes dans mon pays » ajoute Soraj Ghulam Habib, Ban Advocate. Originaire d’Afghanistan, il a perdu ses deux jambes à l’âge de dix ans, à cause d’une sous-munition.

« C’est à moi qu’il revient à présent de demander à mon pays, les États-Unis d’Amérique, de se réveiller et d’être la nation pour laquelle mon fils croyait se battre. Pour qu’ils mettent tout en œuvre pour protéger la vie des innocents en interdisant la fabrication, le stockage et l’utilisation des bombes à sous-munitions» conclut Lynn Bradach, Ban Advocate et mère d’un marine américain tué par une sous-munition en 2003, en Irak. La bombe avait été fabriquée aux États-Unis.

Handicap International a œuvré avec les victimes des armes à sous-munitions à l’élaboration du traité signé aujourd’hui par une centaine d’États. Même les États qui ne sont pas venus aujourd’hui devront repenser l’utilisation qu’ils font de ces armes. Celle-ci n’est désormais plus acceptable. « Le miracle du processus d’Oslo est d’avoir permis à des personnes dont la vie a été détruite par une arme de prendre la tête du processus visant à interdire cette arme» observe Stan Brabant d’Handicap International. « Mais le traité n’est qu’un début. En réalité, il nous faudra encore dix années supplémentaires avant d’être assurés que les réserves d'armes à sous-munitions aient été détruites et que les victimes aient reçu l’aide à laquelle elles ont désormais droit. »

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