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“Les Birmans sont bien préparés aux catastrophes naturelles”

Urgence
Spécialiste des situations d’urgence et en réadaptation, Eric Weerts est venu épauler les organisations de personnes handicapées qui participent à la réponse humanitaire suite aux inondations en Birmanie. Accompagné d’un expert en logistique, il a pu se rendre dans les zones encore sous les eaux, en particulier au Sud du pays, dans le delta du fleuve Irrawaddy.  
hulpverleners in t-shirt van handicap international knielen neer en discussiëren bij een houten bootje dat aanmeert met een myanmarees als passagier

Eri Weerts, spécialiste des situations d'urgence et en réadaptation pour Handicap International, est de retour du Myanmar, un pays qui a été confronté à de graves inondations au mois d'août. Il est venu épauler les organisations de personnes handicapées qui participent à la réponse humanitaire qui s'est mise en place suite à la catastrophe. Accompagné d’un expert en logistique, il a pu se rendre dans les zones encore sous les eaux, en particulier au Sud du pays, dans le delta du fleuve Irrawaddy.  

Les inondations ont commencé au début du mois d’août, quelle est la situation aujourd’hui ?

La situation varie beaucoup d’une région à l’autre, mais globalement, le niveau de l’eau a déjà beaucoup baissé. Nous avons été accueillis dans des maisons où l’eau atteignait le niveau du toit au plus fort des inondations. C’est rassurant, même si certains villages, notamment dans le Sud, sont encore inaccessibles. Il faut aussi rester prudent, car la situation évolue, l’eau se déplace rapidement, et nous avons des difficultés à savoir en temps réel ce qu’il se passe dans certaines zones reculées.

Comment réagissent les habitants ?

En sortant de Rangoun vers le Delta du Sud, nous avons pu voir des tentes et des campements de fortune le long des routes. Certaines personnes ne peuvent pas encore rentrer chez elles et survivent grâce à des distributions d’eau et de nourriture qui sont organisées par des petites associations locales. Les gens se regroupent le long des routes, parce qu’elles sont surélevées et qu’elles facilitent l’acheminement de l’aide humanitaire.

Les populations étaient-elles préparées à cette catastrophe ?

Même si l’ampleur de ces inondations a été plus forte que les autres années, les Birmans sont habitués à ce genre de situation et y sont plutôt bien préparés. C’est particulièrement vrai depuis qu’ils ont dû faire face au passage du cyclone Nargis en 2008. Ceux qui n’ont pas été touchés par les inondations cette fois-ci connaissent l’importance d’aider les victimes sans attendre d’aide extérieure. Lorsqu’un village n’est touché que partiellement, les maisons encore utilisables accueillent les personnes dont l’habitation est inondée.

Les personnes handicapées sont-elles suffisamment accompagnées ?

En venant ici, nous avons voulu nous assurer que les personnes âgées, à mobilité réduite ou vivant avec un handicap mental ou sensoriel étaient bien prises en charge et ne subissaient pas de discriminations. Cela peut sembler paradoxal, mais dans des situations d’urgence humanitaire, les personnes les plus fragiles peinent souvent à accéder à l’aide dont elles ont besoin. Sur ce point, nous avons été plutôt rassurés. Les communautés font attention à ce que tout le monde reçoive une aide équitable et les personnes les plus faibles reçoivent souvent une aide supplémentaire – un transport lors des évacuations ou une ration de nourriture plus importante, par exemple. Les aides techniques utilisées pour assurer le transport des personnes à mobilité réduite sont souvent faites avec les moyens du bord, mais avec une ingéniosité remarquable.

Que faudrait-il faire encore pour améliorer leur situation ?

Tout dépend du handicap. Mais il serait souhaitable que des moyens de transport appropriés soient pré-positionnés, pour qu’en cas d’évacuation les personnes à mobilité réduite ne doivent pas être transportées à dos d’homme. On peut aussi penser à la situation des personnes aveugles, pour lesquelles un changement d’environnement peut être source de beaucoup de stress et entraîner une perte d’indépendance brusque. En aménageant bien les espaces de refuge temporaire qu’elle devra appréhender, en plaçant des fils qu’elle pourra suivre et reconnaitre pour aller d’un point à l’autre, on peut grandement améliorer son confort.

Est-il déjà possible de tirer des enseignements de la manière dont sont gérées ces inondations ?

C’est en tout cas ce que nous tentons de faire. Handicap International travaille avec des organisations locales de personnes handicapées pour que celles-ci soient mieux intégrées. Cela vaut au niveau social, économique, mais aussi dans les situations d’urgence. Nous souhaitons par exemple que des personnes handicapées puissent participer aux comités qui analysent les risques et préparent les plans d’évacuation de chaque communauté.

Mais ce que nous avons vu jusqu’ici nous donne bon espoir. Nous avons pu observer la capacité d’adaptation des populations et le remarquable travail effectué par les organisations de personnes handicapées. Les catastrophes de ce genre se reproduiront nécessairement, et si nous voulons en limiter l’impact, il ne faut pas perdre une occasion d’améliorer la manière dont les populations s’y préparent.

 

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