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Les ravages des armes à sous-munitions

Mines et autres armes
Le 5 juin 1998, à l’époque du conflit entre l’Erythrée et l’Ethiopie, l’école Ayder de la ville de Mekele est bombardée. Les avions font deux passages et larguent des bombes à sous-munitions directement sur l’école et les environs. Elles feront 53 morts et 158 blessés.

Le 5 juin 1998, à l’époque du conflit entre l’Erythrée et l’Ethiopie, l’école Ayder de la ville de Mekele est bombardée. Les avions font deux passages et larguent des bombes à sous-munitions directement sur l’école et les environs. Elles feront 53 morts et 158 blessés.

Mekele, capitale du Tigré, au Nord de l’Ethiopie. Une petite ville comme les autres, jusqu’à cette date fatidique du 5 juin 1998.  Ce jour-là, chacun vaque à ses occupations. Les parents s’occupent du bétail, les femmes travaillent à la maison. A l’école, dans un bâtiment inauguré il y a peu, les enfants se concentrent sur leurs leçons. La journée de classe tire à sa fin, certains élèves sont déjà sur le chemin de leur maison. Quand tout à coup, l’enfer se déchaîne : des avions larguent des bombes à sous-munitions sur l’école. Les enfants affolés sortent tandis que les parents accourent voir ce qui se passe. Peu après, les avions font un deuxième passage, touchant à ce moment les adultes venus au secours de leurs enfants.

Aynalem Zenebe, qui a désormais 18 ans, était alors une petite fille de 7 ans. Elle rentrait de l’école et se trouvait sur le chemin de sa maison lorsque les sous-munitions ont explosé. Elle a été grièvement blessée. Une de ses jambes dut être amputée. « J’ai perdu connaissance » se souvient-elle. « On m’a raconté que des personnes m’ont emmenée à l’hôpital de Mekele. Je suis restée là cinq mois avant d’être transférée à l’hôpital d’Addis Abeba ».

Le plus jeune frère de Aynalem et deux de ses sœurs plus âgées ont également été blessés dans le bombardement. « Dans ma famille nous préférons ne plus parler de cet accident » reconnaît la jeune fille. « J’étais trop jeune alors pour imaginer quelles conséquences pouvait avoir une amputation sur ma vie. Il m’a fallut quelques jours avant de réaliser que je ne pourrais plus jamais jouer comme avant avec les autres enfants ».

Aujourd’hui, dix ans plus tard, Aynalem a trouvé sa voie. Elle suit une formation commerciale. De plus, elle s’est engagée dans la lutte contre les armes à sous-munitions. Aynalem fait partie des « Ban Advocates », un groupe de victimes des armes à sous-munitions qui témoignent avec succès partout dans le monde pour amener les Etats à signer le traité d’Oslo. Grâce à cette action, l’utilisation, la production et le transfert des armes à sous-munitions sera interdit et les victimes pourront recevoir une assistance. « Je ne veux pas que d’autres personnes  rencontrent les mêmes problèmes que moi » dit Aynalem, «et je veux faire comprendre aux gouvernements à quel point ces armes sont horribles ».

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