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Sénégal: Un solide travail d’équipe pour des terres sans mines

Mines et autres armes
Depuis 2008, Handicap International a quadruplé le volume d’activité et à qualité constante nous avons divisé par trois le nombre d’expatriés présents sur la mission. La spécificité du travail réalisé par les équipes de déminage au Sénégal réside aussi dans le fait que des techniques innovantes sont employées notamment avec la machine Digger, qui dépollue les zones en résistant aux explosions de mines.
image de la machine de déminage en action au sénégal

De passage au siège de Handicap International, Jean-François Lepetit, chef de mission en Casamance (Sénégal) nous présente les opérations de déminage en cours et les clés du succès de la mission.

Participer à l’émergence d’un cercle vertueux

Depuis 2004, un accord de paix a été signé entre les rebelles casamançais et le gouvernement du Sénégal, permettant à Handicap International de réaliser une étude d’impact des mines dans le pays. L’association a ensuite débuté des opérations de déminage pour permettre aux populations d’accéder aux milliers de km² de terres bloquées par ces armes durant le conflit. Ces opérations, actuellement menées par les équipes de Handicap International dans le sud de la Casamance contribuent à cette dynamique d’apaisement, de sécurité et de développement. Pour Jean-François : « Il est impossible de travailler de manière efficace sans une volonté partagée par toutes les parties de retirer les mines posées ces dernières années et de travailler ensemble à l’amélioration de la sécurité des civils. Chaque partie doit être convaincue de l’intérêt d’aller dans ce sens et d’encourager le développement de la région. »

Un travail de sensibilisation auprès de tous les acteurs est indispensable pour les informer de la nécessité de sécuriser les zones affectées par les mines. « C’est un cercle vertueux » souligne Jean-François: « En engageant le débat sur le sujet du déminage, on aborde les choses par un angle technique et on ouvre ensuite la voie à des discussions plus larges, sur ce qui améliorera la sécurité de la région et permettra le développement. Cela pourrait permettre aux deux parties de se rejoindre et d’encourager ainsi la recherche d’autres points de convergence susceptibles de faire avancer la mise en œuvre des accords de paix. »

L’importance de la formation

La formation et le transfert de responsabilités sont des composantes clé de l’ensemble des actions de l’association, et le programme de déminage au Sénégal fait figure de référence. Depuis l’ouverture de la mission en 2008, l’association a formé des équipes à la détection de mines et engins non explosés, mais également à la neutralisation de ces armes et à la coordination d’autres équipes de démineurs. « Notre fierté c’est d’avoir mis l’accent sur la formation et d’avoir pu constater à quel point les équipes nationales sont aujourd’hui motivées et compétentes. Si, au départ, nous avions des expatriés présents pour apporter les compétences que nous n’avions pas trouvées sur place, aujourd’hui, nos équipes sont totalement indépendantes. Depuis 2008, nous avons quadruplé le volume d’activité et à qualité constante nous avons divisé par trois le nombre d’expatriés présents sur la mission.» La spécificité du travail réalisé par les équipes de déminage au Sénégal réside aussi dans le fait que des techniques innovantes sont employées notamment avec la machine Digger, qui dépollue les zones en résistant aux explosions de mines.

Ces démineurs formés sur place sont maintenant en mesure d’apporter leur savoir faire à d’autres organisations dans leur pays, ou à travailler dans des pays étrangers. « En signant le Traité d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel, le Sénégal s’est engagé à déminer l’ensemble de son territoire avant 2016. Notre espoir est qu'après avoir contribué à remplir cette obligation, les équipes nationales œuvrant en Casamance puissent éventuellement être mobilisées dans d’autres pays. Faire que la Casamance ne soit plus perçue comme une zone dangereuse ou instable mais au contraire, comme une source de savoir faire en matière de paix et de sécurité.»
 

Publié le : 20 janvier 2021

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