Mozambique

Une vie active pour les victimes de mines

  • Un homme amputé de la jambe gauche porte une écharpe où il est écrit 'graduado 2015'. Il est entouré d'un homme et d'une femme

Dans la province de Sofala au Mozambique, Handicap International aide les victimes de mines et les personnes handicapées à réintégrer le marché de l’emploi dont elles sont largement exclues. Suivi individuel, orientation vers une formation, financement pour démarrer une activité… Depuis fin 2014, l’organisation a permis la réinsertion professionnelle de plus de 130 personnes.

Miami est une petite société de réparation et de construction d'équipements en métal située dans la ville de Nhamatanda. Elle a accueilli neuf personnes handicapées en formation pendant trois mois. Construire une grille, un braséro, réparer un four, un frigo, etc., les stagiaires ont pu bénéficier d’un apprentissage très pratique.

Le propriétaire de l’entreprise, Artur Nores, a lui-même organisé la formation de ses stagiaires. Les choses ont si bien marché qu’il envisage maintenant de leur sous-traiter une partie du travail. Cinq d’entre eux se sont également associés pour créer leur entreprise. Ils bénéficient de l’appui de Handicap International dans leurs démarches.

Quelques kilomètres plus loin, à Canhandula, Mandeka Manuel, une femme malentendante, a été contactée par l’école privée de Canhandula à l’issue de sa formation en horticulture pour s’occuper d’une petite production agricole qui fournit la cantine de l’école. Là encore, une personne handicapée retrouve un emploi. Les préjugés sur le handicap fondent comme neige au soleil.

Une formation pour un revenu

En tout, 130 personnes handicapées ont suivi en un an et demi une formation professionnelle dans plusieurs centres accrédités, comme l’Institut national de la formation ou l’association L’Aide du peuple pour le peuple (ADPP), partenaires de Handicap International.

Dans les zones rurales très pauvres où Handicap International intervient, les personnes concernées ont souvent quitté l’école très jeunes à cause de leur handicap et du manque d'argent pour payer leurs études. Elles se retrouvent totalement exclues du monde du travail.

DCes formations leur ont permis de s’insérer dans le monde professionnel et de sécuriser un revenu qui bénéficie à l’ensemble de leur famille et de leurs proches. Horticulture, menuiserie, élevage, électronique, électricité, couture, travail des métaux et de l’artisanat etc., ces formations doivent être simples, pratiques et répondre à un besoin économique très local.

Améliorer la capacité d’accueil des centres de formation

Mais pour que les personnes handicapées puissent suivre ces formations, il aura fallu au préalable rendre ces centres et leurs cursus accessibles aux personnes handicapées. Comme par exemple en construisant des rampes d’accès pour les personnes en chaises roulantes.

« Nous avons aussi appris aux enseignants à adapter leur pédagogie aux personnes malentendantes ou malvoyantes, explique Robert Burny, un Belge coordinateur des programmes pour Handicap International. Ce sont souvent des petits trucs : pour un cours de couture, par exemple, nous allons remplacer le mètre ruban par des réglettes dures de plusieurs dimensions qui permettent à une personne aveugle de prendre des mesures… »

Démarrer ou développer son activité

Handicap International n'investit pas seulement dans la formation, mais accompagne et finance également des projets de création de petite entreprise. « Prenons le cas d’un petit paysan amputé de la jambe droite, qui a une activité de subsistance, continue Robert. Il cultive un lopin de terre qui lui permet de nourrir sa famille en vendant sa production. Il voudrait améliorer sa capacité de production et avoir la possibilité d’écouler ses fruits et légumes au marché de la ville voisine, plutôt que de les vendre sur le bord de la route. Mais pour cela, il a besoin d’outils et de quoi payer le transport... »

Handicap International va définir avec lui ses besoins.  En moyenne, les montants atteignent 80 euros mais peuvent monter parfois jusqu’à 150 euros. Handicap International, le cas échéant, fournira le capital de départ au lancement ou au développement de son activité.