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Augmentation de la violence contre les femmes handicapées depuis le COVID-19

Bruxelles, vendredi 5 mars 2021 - La violence contre les femmes et les filles handicapées est un problème mondial : les femmes handicapées sont plus exposées à la violence que les femmes non handicapées et les hommes handicapés. En outre, la pandémie COVID-19 a entraîné une augmentation de la violence domestique. Comme le nombre de femmes handicapées victimes de violence domestique est déjà plus élevé, on peut raisonnablement supposer que leur maltraitance a également augmenté.  Handicap International souhaite attirer l'attention sur cette question à l'occasion de la Journée internationale de la femme, le 8 mars.

Les femmes handicapées représentent 19 % de la population féminine mondiale (12 % pour les hommes handicapées). Malgré cela, leur situation préoccupante n'est pas suffisamment mise en évidence. Pourtant, les études existantes montrent clairement la vulnérabilité de ces femmes.

Une étude mondiale de FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population) montre que les filles et les jeunes femmes handicapées ont jusqu'à dix fois plus de risques de subir des violences sexistes que les filles et les jeunes femmes non handicapées. Les femmes handicapées mentales sont particulièrement vulnérables à la violence sexuelle. 

Renforcer les droits des femmes handicapées

Depuis plus de 25 ans, Handicap International mène des projets au Kenya, en Éthiopie, au Rwanda, au Burundi, au Pakistan et au Bangladesh pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles avec ou sans handicap. HI a également établi des partenariats durables avec des organisations dirigées par des femmes au Malawi, au Nigeria, au Cameroun, au Mali et en Ouganda.

Easter Achieng Okech, de l'organisation consultative féminine kenyane KEFEADO, travaille avec HI sur le projet "Making It Work" afin de donner plus de visibilité aux pratiques innovantes (formation des femmes, campagnes de sensibilisation, etc.) qui favorisent la promotion des droits des femmes.

« Nous étudions comment faire en sorte que les membres de la communauté puissent également intervenir lorsque les femmes ne peuvent pas échapper à la violence domestique et sont enfermées avec leur agresseur en raison des mesures COVID-19, » explique Easter Achieng Okech.

Pendant la pandémie, HI a adapté ses interventions, a défendu et soutenu nos partenaires afin de garantir que les services destinés aux femmes et aux filles handicapées et non handicapées qui ont survécu à la violence soient maintenus et continuent à offrir des services de qualité. Dans plusieurs pays, dont le Mali et la Sierra Leone, HI a distribué des kits de protection COVID (masques, stands de lavage des mains et désinfectants pour les mains) aux centres de santé et aux centres pour femmes.

L’organisation a également développé des outils de sensibilisation accessibles aux personnes handicapées sur les risques de violence contre les femmes et les filles et sur la manière d'accéder aux services disponibles pour les femmes (y compris les services de santé sexuelle et reproductive). Des formations de recyclage pour le personnel et les partenaires sur la violence domestique et l'intégration des personnes handicapées ont été organisées.

« Lorsqu'une crise frappe, les progrès réalisés avec tant de travail et d'énergie sont stoppés, » explique Sophie Pécourt, chef de projet Making it Work. « Les mécanismes progressistes et inclusifs sont mis de côté et la nécessité de subvenir aux besoins d'un grand nombre de personnes fait reculer la diversité des êtres humains, rendant les moins puissants invisibles. Alors ceux qui se trouvent aux carrefours, comme les femmes handicapées, doivent crier encore plus fort. »

Des femmes handicapées isolées

Au niveau mondial, environ 20 % seulement des femmes handicapées ont un emploi, contre 53 % des hommes handicapés et 30 % des femmes non handicapées.  Cela rend les femmes handicapées plus vulnérables et plus isolées que le reste de la population. Dans les pays en développement, cette différence est encore plus marquée : entre 75 et 100 % des femmes handicapées sont au chômage, même si elles continuent à s'occuper de la plupart des tâches ménagères et de la garde des enfants.

Depuis le début de la pandémie en mars 2020, HI et sept partenaires du projet ‘Making It Work’ ont signé un accord qui soutient davantage l'intégration des femmes handicapées. Les interventions portent sur les besoins de base, la prévention et la réponse à la violence sexiste, ainsi que la prévention du Covid-19 lui-même. Elles soutiennent également la reprise économique des femmes handicapées.


[1] Department of Economic and Social Affairs, Leaving no one behind: the COVID-19 crisis through the disability and gender lens, (May 6, 2020), U.N. Policy Brief 69, https://www.un.org/development/desa/dpad/publication/un-desa-policy-brief-69-leaving-no-one-behind-the-covid-19-crisis-through-the-disability-and-gender-lens/.

[2] https://www.unfpa.org/news/five-things-you-didnt-know-about-disability-and-sexual-violence

[3] https://www.stopvaw.org/violence_against_women_with_disabilities

[4] https://www.stopvaw.org/violence_against_women_with_disabilities#_edn94

Diana Diana Diana Diana

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