Accès direct au contenu

Journée mondiale des réfugiés: Les réfugiés handicapés sont encore plus victimes de discrimination et souffrent d'insécurité alimentaire durant la crise du covid-19

Bruxelles, le vendredi 19 juin 2020 - À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, Handicap International sort son nouveau rapport « COVID-19 dans le contexte humanitaire : pas d'excuses pour ne laisser personnes de côté » afin d’attirer l’attention sur les difficultées recontrées par les réfugiés et déplacés handicapés suite à la crise. Selon le rapport, ils sont depuis le début de la crise confrontés à des difficultés accrues pour accéder à des services tels que les soins de santé, manquent de nourriture et sont souvent isolés, discriminés et marginalisés.
 

Parmi les 79,5 millions de réfugiés dans le monde, environ 15 % ont un handicap. On estime que 9,7 millions de personnes handicapées au total ont été déplacées de force à cause de conflits et de persécutions. La pandémie et les restrictions qui en découlent aggravent les problèmes auxquels ils doivent déjà faire face habituellement, comme le souligne le rapport. Ce dernier illustre à travers des témoignages de bénéficiaires et du personnels soignants dans 19 pays les difficultés rencontrées par les personnes présentant différents types de handicap et provenant de différents milieux pour faire face et se remettre de l'impact de la crise dans des contextes humanitaires.
 
Souvent pauvres, stigmatisées, mises à l’écart dans leur communauté et oubliées pendant les crises, les personnes handicapées font face à de nombreuses discriminations. Le poids du stigma sur le handicap les rend encore plus vulnérables que les autres lorsqu’elles sont déplacées et confrontées à une grave épidémie, comme dans le cas du covid-19.

En Haïti, 81 % des ménages dirigés par ou avec des personnes handicapées ont déclaré que la pandémie pourrait entraîner une aggravation de la stigmatisation des personnes âgées, des personnes handicapées et des personnes vivant avec le VIH ou le sida, parmi les communautés Les croyances et les pratiques traditionnelles préexistantes entraînent davantage de discrimination et de violence à l'égard de ces groupes.

Aux Philippines, Joanna, responsable du soutien personnalisé pour Handicap International, déclare : « Même durant le confinement, la discrimination et la violence envers les personnes handicapées continue de persister même à l'intérieur de nos maisons - un endroit où nous sommes censé trouver sécurité et confort. »

Camps de réfugiés surpeuplés et insalubres
Les camps de réfugiés sont surpeuplés, insalubres, accueillent des personnes pauvres et mal nourries qui sont arrivées dans la panique. Un tel environnement, marqué par un accès limité aux services, est particulièrement propice à la transmission du virus. L’accès à une eau propre pour le simple lavage des mains peut être un combat quotidien, comme en témoigne la mère d’une enfant handicapée vivant dans un camp de réfugiés au Kenya : « Depuis le début de l’épidémie de covid-19, nous utilisons beaucoup d’eau, et elle est difficile à trouver. Nous avons toujours des pénuries d’eau et nous devons parfois aller en chercher dans le camp voisin. » 
 
Les mesures de confinement ont interrompu, limité ou entravé les services humanitaires, y compris les soins de base et spécifiques. Mais beaucoup de réfugiés handicapés ont besoin de l’aide humanitaire et surtout en cette période de crise. Beaucoup de réfugiés ont perdu leurs petits boulots et se retrouvent sans moyens de subsistance en raison des restrictions de circulation et de la pénurie alimentaire. 93% des réfugiés handicapés au Liban citent l’insecurité alimentaire comme leur première préoccupation.
 
Au Pakistan, Abdul Baqi, 50 ans, amputé, vit dans le camp de réfugiés de Jalala Afghan Mardan avec sa femme et ses 10 enfants. Suite à l’épidémie, Abdul Baqi a dû fermer sa boutique à proximité du camp de réfugiés. Résultat, il a perdu la seule source de revenus qui lui permettait de nourrir sa famille. « Je n’ai pas peur que mes enfants attrapent le virus. Mon souci, c’est de ne pas arriver à les nourrir », déclare-t-il. 
 
Handicap International demande aux États de déconfiner immédiatement l’aide humanitaire. L’organisation demande également que les États qui accueillent des réfugiés garantissent que les personnes handicapées ne soient pas abandonnées ni empêchées d’accès à l’aide humanitaire. Les organisations humanitaires sont le dernier recours pour la plupart des personnes vulnérables, notamment les personnes handicapées déplacées qui dépendent de l’aide humanitaire pour leur survie.


Adapter ses actions et interventions
Handicap International adapte ses interventions en y incluant des actions de prévention de la transmission du COVID-19 et en assurant l’accès des plus vulnérables aux services de base (nourriture, produits d’hygiène, services de santé). Atlas Logistique, l’unité logistique de l’organisation, spécialisée dans la chaine d'approvisionnement et les solutions logistiques pour les ONG, met à la disposition des autres ONG ses plateformes logistiques. Les activités de réponse d’urgence incluent la distribution de produits d’hygiène ou le soutien aux activités de subsistance. 

Diana Diana Diana Diana

PRENEZ CONTACT AVEC
DIANA VANDERHEYDE

+32 489 77 92 77
d.vanderheyde@hi.org