99% des victimes des bombes à sous-munitions sont des civils

  • Une équipe de déminage de HI avant une journée de travail.

Publié le 30 août, le rapport 2018 de l’Observatoire des sous-munitions, qui fête cette année ces 10 ans, dénombre 289 victimes d'armes à sous-munitions en 2017, dont 187 en Syrie. 99% des victimes étaient des civils. 

Le rapport 2018 de l’Observatoire des sous-munitions dresse le bilan de l’application de la Convention d’Oslo qui interdit l’emploi, la production, le transfert et le stockage des armes à sous-munitions sur la période allant de janvier à décembre 2017. Les bombes à sous-munitions, qui contiennent des centaines de petites bombes, ne font aucune distinction entre personnes et biens civils et cibles militaires. Ces armes à sous-munitions violent les règles du droit international humanitaire.

289 nouvelles victimes

En 2017, les armes à sous-munitions ont fait 289 nouvelles victimes d'armes à sous-munitions. On en comptait 971 en 2016. Même s’il s’agit d’une diminution importante de victimes par rapport à l’année précédente, le bilan reste très préoccupant. 99% d’entre elles étaient des civils et c’est en Syrie qu’ont été recensées 65% des nouvelles victimes en 2017. Depuis 2012 les armes à sous-munitions ont été utilisées sans relâches durant le conflit Syrien.

Des bombes à retardement

Jusqu’à 40% des bombes à sous-munitions n’explosent pas à l’impact. Comme les mines antipersonnel, elles peuvent être déclenchées au moindre contact, tuant et mutilant pendant et après les conflits. Un tiers des accidents recensés en 2017 ont eu lieu au Laos (32 victimes), pays le plus contaminé au monde par les sous-munitions. Les enfants représentent 62% des victimes des restes des armes à sous-munitions.

Depuis l’entrée en vigueur de la Convention le 1er août 2010, 35 Etats parties ont détruit 1,4 million de stocks d’armes à sous-munitions, soit 177 millions de sous-munitions. En 2017, 93 km² (l’équivalant de Charleroi) ont été déminés et 153 000 sous-munitions ont été sécurisées et détruites. Au total, 26 Etats et trois territoires sont encore contaminés par les restes de sous-munitions.

D’énormes avancées grâce au Traité

«La Convention d’Oslo a permis d’énormes avancées dans la protection des civils contre ces armes à sous-munitions : les stocks existants sont détruits, chaque année, des surfaces significatives de terres contaminées sont dépolluées, ces armes sont de plus en plus stigmatisées, » explique Alma Al-Osta chargée de plaidoyer chez Handicap International à Bruxelles. « Mais il est inacceptable que plusieurs centaines de civils continuent d’en être victimes chaque année. Toute nouvelle utilisation doit être fermement et systématiquement condamnée. »

En vue de la conférence des Etats parties à la Convention d’Oslo, qui interdit les armes à sous-munitions, du 3 au 5 septembre à Genève, Handicap International appelle les Etats à appliquer le droit international et stopper l’utilisation de cette arme.