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Bruno, un coordinateur logistique belge en Libye

Mines et autres armes Prévention
"Malheureusement, les enfants trouvent ça cool de faire les durs en s'amusant avec une mine."Quand il prépare un plan de transport, il doit souvent tenir compte des pompes de carburant vides. Et sur le toit de son bureau, il trouve souvent des balles perdues. Mais Bruno Vandemeulebroecke n’échangerait son poste de coordinateur logistique pour rien au monde. « Travailler dans le secteur humanitaire est un vieux rêve qui est en train de s’accomplir. »
Des scouts libyens sensibilisent les enfants

Quand il prépare un plan de transport, il doit souvent tenir compte des pompes de carburant vides. Et sur le toit de son bureau, il trouve souvent des balles perdues. Mais Bruno Vandemeulebroecke n’échangerait son poste de coordinateur logistique pour rien au monde. « Travailler dans le secteur humanitaire est un vieux rêve qui est en train de s’accomplir. »

Bruno est originaire de Bellegem, près de Courtrai. Il a étudié les sciences politiques à Louvain et a travaillé quelques années dans le privé. Maintenant, à trente-trois ans, il effectue une mission pour Handicap international en Libye. L’organisation y sensibilise la population aux risques des mines et autres engins de guerre non explosés, ainsi qu'aux risques posés par les armes légères.

“Je m’occupe de la formation des collègues libyens. Auparavant, il y avait peu d’ONG dans le pays. Ils n’ont donc aucune expérience des règles des bailleurs de fonds. Pour pouvoir étendre les activités, nous devons trouver de l’argent chez des bailleurs et pour cela, nous devons évidemment respecter des procédures d'achat strictes et transparentes. J’apprends donc au collègues nationaux comment ils doivent procéder.»

“J’ai aussi beaucoup de travail de recherche et de planification” raconte Bruno. « La Libye est un pays développé, mais le conflit récent est encore brûlant… Il y a donc régulièrement des pénuries à la pompe et il faut patienter des heures dans l’espoir d’obtenir une bombonne de gaz pour la cuisinière. Je dois donc tenir compte de cela quand je prépare un planning pour les véhicules, l’approvisionnement en imprimés et les autres nécessités du programme. C’est important que tout nous parvienne dans les plus brefs délais. Au moins de temps et de moyens nous perdons, au plus vite nous pouvons mettre nos projets en oeuvre et éviter que des personnes soient blessées.”

Sensibiliser aux dangers des mines

Sur la situation actuelle en Libye, Bruno raconte: “Nous remarquons sans cesse que la population ne connaît pas les dangers des mines et autres vestiges de guerre. Il n’y a pas longtemps par exemple, une bombe a explosé alors que des enfants jouaient avec. Les gamins font les durs en s’amusant avec des explosifs, mais les conséquences sont terribles… Nous apprenons aux enfants les dangers de ce genre de jeu. Notre collaboration avec les scouts libyens est donc cruciale: ils mettent à notre service une centaine de bénévoles qui ont adapté un jeu que les enfants connaissent déjà pour faire passer notre message. »

Les tirs de joie, aussi un risque

Handicap International travaille aussi sur les dangers des armes légères. “Les Libyens ont énormément d’armes chez eux, prises dans les arsenaux du régime précédent » ajoute Bruno. « Les gens se blessent en nettoyant leurs armes, les enfants causent des accidents en jouant avec les armes… Il y a aussi les victimes de tirs de joie, parfois à des centaines de mètres de l’endroit où la balle a été tirée. Il n’y a pas si longtemps, j’ai entendu ces tirs de joie toute la nuit. Le lendemain matin, j’ai retrouvé sur le toit de notre bureau une pleine poignée de balles… »

“Nous constatons que notre investissement paie. Le nombre de blessés par balles diminue, les mosquées et les chaînes de radio collaborent avec nous pour diffuser notre message et les gens font davantage attention aux mines. Mais ces petits succès ne doivent pas nous faire pousser de grands cris de joie. La Libye aura en effet longtemps affaire aux mines et autres engins de guerre non explosés. Nous avons donc encore beaucoup d’années de travail en perspective » conclut Bruno.
 

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