Comment défendre le traité d'interdiction des mines
Handicap International rencontre la sous-secrétaire des Nations unies au désarmement, Izumi Nakamitsu pour réfléchir à la meilleure façon de défendre le traité d’interdiction des mines durement attaqué.
Exemples de mines découvertes par les équipes de déminage de Handicap International dans la région de Ziguinchor, au Sénégal. En mai 2022, Handicap International a lancé des opérations de déminage en Casamance. L'organisation a déminé près de 470 000 m² de terrain depuis 2008. Ces opérations permettent aux communautés de retrouver l'accès aux villages, aux écoles et aux centres médicaux. | © A. Sawadogo / HI
Handicap International et la Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel (ICBL) rencontrent, le 19 juin, Izumi Nakamitsu, sous-secrétaire générale des Nations unies chargée du désarmement, afin de discuter des moyens de défendre le Traité d’Ottawa, qui interdit les mines antipersonnel. De nombreuses menaces pèsent sur ce traité : cinq États s’en sont retirés, l'utilisation des mines est en augmentation dans le monde. Cette rencontre a lieu dans le cadre des réunions «intersessionelles», qui rassemblent les États parties au Traité d'Ottawa du 15 au 18 juin 2026 au Centre international de conférences de Genève (CICG).
La rencontre avec la sous-secrétaire générale des Nations unies chargée du désarmement, Izumi Nakamitsu, a pour objectif de discuter des moyens de défendre le Traité d'Ottawa et de renforcer les efforts mondiaux en matière de désarmement, à un moment où le droit international humanitaire est de plus en plus fragilisé.
Handicap International et Mme Nakamitsu verront également comment encourager les États parties à prendre des mesures immédiates et décisives pour faire face aux attaques contre le traité.
Menaces sur le Traité d’Ottawa
La Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie et la Finlande se sont officiellement retirées du Traité d’Ottawa début 2026. L’Ukraine a annoncé, le 21 juillet dernier, suspendre ses obligations au titre du traité jusqu’à la fin du conflit avec la Russie - une telle mesure n’est pas autorisée par le traité qui ne prévoit pas de dérogation en cas de conflit armé.
Le traité est également mis à mal par des États non-signataires comme la Russie, qui a largement utilisé des mines antipersonnel en Ukraine et ailleurs, ou les États-Unis, qui ont récemment transféré de telles armes à l’Ukraine.
Un traité efficace pour protéger les civils
Le Traité d’Ottawa est l’un des accords de désarmement les plus efficaces de ces 25 dernières années. Adopté en 1997 et entré en vigueur en 1999, il a permis de faire passer le nombre annuel de victimes d’environ 25 000 à la fin des années 1990 à environ 5 000 aujourd’hui.
La plupart des pays reconnaissent la valeur du Traité d’Ottawa et continuent de la soutenir. Alors que cinq pays européens s’en sont retirés, le Liban y a adhéré le 1er mai dernier – une avancée significative pour un pays en proie à un conflit armé. Le Liban est ainsi devenu le 162ème État partie à ce traité historique.
Les trois quarts des États au monde sont parties au Traité d’Ottawa, ce qui en fait une norme universelle puissante.
Les civils sont les premières victimes
Les mines antipersonnel tuent et blessent chaque année des personnes innocentes. Parmi les victimes recensées en 2024, 90 % étaient des civils.
Les victimes qui survivent à une explosion doivent souvent continuer à vivre avec de graves handicaps physiques et/ou psychologiques. Les blessures les plus courantes sont des membres arrachés ou gravement endommagés, entraînant des amputations. Parmis les autres conséquences, on retrouve des lésions au niveau de l’ouïe ou de la vue, des atteintes nerveuses, des traumatismes crâniens, des troubles de stress post-traumatique, des dépressions et des troubles anxieux.