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Déminer pour développer

Mines et autres armes
Sénégal
"On peut en trouver n’importe où ", explique Aziz Sy, en parlant des mines en Casamance, une région du Sénégal. Ces armes sont un héritage du conflit entre l’armée sénégalaise et les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Handicap International a lancé, fin 2015, un programme de déminage pour créer un environnement sûr pour la population et prévenir les accidents et les handicaps qui en découlent.
Un panneau d'avertissement "Danger mines" à l'avant-plan. A l'arrière-plan un démineur en face de poteau délimitant un couloir à déminer

"On peut en trouver n’importe où ", explique Aziz Sy, en parlant des mines en Casamance, une région du Sénégal. Ces armes sont un héritage du conflit entre l’armée sénégalaise et les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Handicap International a lancé, fin 2015, un programme de déminage pour créer un environnement sûr pour la population et prévenir les accidents et les handicaps qui en découlent.

Alors que le conflit entre l’armée sénégalaise et les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) semble s’éteindre lentement, les populations restent confrontées à la menace des mines antipersonnel. Selon les autorités, près de 100 000 personnes vivent toujours sous la menace directe des mines en Casamance.

Handicap International prévoit de déminer un total de 55.000 m2 d’ici août 2016 dans trois localités, Diagnon, Bafata et Senger.

Des mines partout

La première opération, dans le village de Diagnon, à l’est de Ziguinchor, a commencé mi-décembre et vise à libérer 30.000 mètres carrés de la présence des mines. Cette intervention durera trois mois et permettra de sécuriser une piste et des terres agricoles, à l’entrée du village, que ses 500 habitants n’osent plus fréquenter depuis de nombreuses années.

"Pendant ce long conflit qui a démarré en 1982, les mines ont été utilisées de manière erratique, parfois sans logique apparente. On peut en trouver n’importe où", explique Aziz Sy, le chef des opérations de déminage de Handicap International au Sénégal. L'association mobilise une équipe composée de 14 personnes et de deux chiens détecteurs d’explosifs pour lutter contre cette menace.

Déminer, une question de survie

Les opérations de déminage menées par Handicap International répondent ainsi à d’importants enjeux de développement. Elles rendront possible la reconquête des terres agricoles : " Pour vivre, de nombreux villageois ont besoin de cultiver les champs qu’ils ont abandonnés quand il ont fui avec leurs villages parfois pendant plusieurs années à cause du conflit. Maintenant qu’ils sont de retour, ils n’osent toujours pas s’y aventurer ", explique Charles Coly, le chef d’équipe démineur de Handicap International.

Ces opérations de déminage permettront également d’élargir des pistes et de donner à des villages enclavés un meilleur accès aux grands marchés, situés sur la route nationale 6, le principal axe routier qui relie Ziguinchor à la ville de Kolda. Les paysans pourront ainsi mieux écouler leurs récoltes et améliorer leurs revenus.

Chiens démineurs

Aux côtés des démineurs, l’équipe cynophile – deux chiens et un maître-chien – joue un rôle central pour ces opérations : « Les chiens sont plus efficaces que les détecteurs de métaux, plus rapides aussi, et ils sont également précieux car nous tombons souvent sur des PRBM 35, une mine qui ne contient pas de métal et que ces instruments ne peuvent pas détecter », ajoute Aziz Sy.

Handicap International connaît bien le contexte du déminage en Casamance. Lors de ses précédentes opérations, l’association avait contribué au déminage de 1.800.000 m2 de terres dans cette région entre 2007 et 2012.

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