Accès direct au contenu

Deux millions de vies pour combler le budget

L’aide au développement est l’une des principales victimes des récentes coupes budgétaires. Non seulement, des économies sont annoncées pour l’année prochaine mais, en outre, les dépenses en cours pour 2012 ont été gelées d’un coup. Selon les calculs de la coupole regroupant les organisations Nord-Sud francophones, le CNCD-11.11.11, plus de 400 millions d’euros sont en jeu. Enfin, tout ça, on le savait déjà la semaine dernière. Mais avez-vous la moindre idée de la réalité qui se cache derrière ce chiffre ?

Handicap International s’investit depuis 30 ans pour la cause des plus vulnérables d’entre tous. Pour celles et ceux qui sont oubliés de l’aide humanitaire. Nous voulons poursuivre ce soutien. Cliquez ici et apportez votre aide, vous aussi.

L’aide au développement est l’une des principales victimes des récentes coupes budgétaires. Non seulement, des économies sont annoncées pour l’année prochaine mais, en outre, les dépenses en cours pour 2012 ont été gelées d’un coup. Selon les calculs de la coupole regroupant les organisations Nord-Sud francophones, le CNCD-11.11.11, plus de 400 millions d’euros sont en jeu. Enfin, tout ça, on le savait déjà la semaine dernière. Mais avez-vous la moindre idée de la réalité qui se cache derrière ce chiffre ?

Au sein de la coopération au développement, l’aide humanitaire, d’urgence donc, est indéniablement la plus gravement touchée. Et derrière cette ligne budgétaire se cachent des êtres humains. Des êtres humains comme Bintou Walet Mohamed Ali, 21 ans, et sa famille qui vivent dans un camp de réfugiés de Mentao au Burkina Faso et qui n’ont plus d’accès à l’eau. Des êtres humains comme ce jeune Syrien anonyme de 12 ans à peine qui, grièvement blessé hier dans une attaque à la grenade, ne pourra être opéré aujourd’hui. L’aide humanitaire ne cherche pas à améliorer la vie des gens demain ou après-demain. Non, l’aide humanitaire sauve des vies. Aujourd’hui.

Bien sûr, nous comprenons qu’il faille réaliser des économies. Et nous comprenons aussi que la coopération au développement doive apporter sa pierre à l’édifice, tout comme les autres secteurs. Mais deux réflexions fondamentales s’imposent.

D’abord, au sujet de l’aide au développement en général : les populations du Sud ne doivent pas payer deux fois le prix de la cirse au Nord. La coopération au développement contribue de manière disproportionnée à ces coupes pour 2012. Si en plus les moyens sont encore réduits en 2013, comme il en est fait mention dans les médias, alors nous ne serons même plus en mesure de sauver l’an prochain l’apparence de nombreux projets ou programmes importants qui se retrouvent gelés pour l’instant.

Ensuite, couper les vivres à un service aussi sensible que l’aide humanitaire ne se fait pas de manière aussi brutale. Cela passe par un processus réfléchi et concerté. Un gouvernement qui voudrait diminuer ses émissions de CO2, augmenterait peut-être les prix à la pompe mais ne déciderait pas de fermer d’un coup l’accès aux pompes. Et certainement pas à des services indispensables comme les pompiers ou les ambulances. C’est pourtant ce qui se passe maintenant avec cette vidange quasi-totale de l’aide humanitaire belge : le gouvernement laisse les pompiers en panne sèche. Au Congo, au Mali, au Pakistan et dans des dizaines d’autres pays, les catastrophes naturelles ou les conflits font naître de nombreux foyers d’incendie qui ne seront cette fois pas éteints et emporteront de trop nombreuses vies.

Les organisations signataires appellent le gouvernement à ne plus aller plus loin dans les économies sur le budget de la coopération au développement, surtout au vu des économies qui auront déjà été réalisées en 2012. Nous voulons absolument éviter qu’un tel scénario ne se reproduise en 2013. Et ce, non pas pour sauver notre peau. Mais bien pour réduire au maximum les conséquences dramatiques pour les plus de 2 millions de personnes concernées.

 

Acodev

11.11.11

CNCD-11.11.11

Oxfam-Solidarité

Caritas

Médecins du Monde

Handicap International

Médecins Sans Frontières

Croix Rouge

UNICEF

Pour aller plus loin

Sous-munitions : des armes faites pour provoquer des massacres
© D. Kremer / HI
Mines et autres armes Urgence

Sous-munitions : des armes faites pour provoquer des massacres

Publié cette semaine, le rapport 2020 de l’Observatoire des sous-munitions révèle que de nouvelles attaques utilisant des armes à sous-munitions ont continué à se produire en Syrie en 2019. Les victimes sont toujours des civils, indique le rapport. Les utilisations récentes dans la guerre Arménie-Azerbaïdjan montrent que le combat pour éradiquer cette arme est loin d'être terminé.

Rapport 2020 de l’Observatoire des mines : « Le COVID-19 perturbe l'action contre les mines »
© Tannourine / HI
Mines et autres armes

Rapport 2020 de l’Observatoire des mines : « Le COVID-19 perturbe l'action contre les mines »

Le rapport 2020 de l'Observatoire des mines fait état d'un nombre élevé de victimes de mines, la majorité des victimes étant des civils. Mais la pandémie de COVID-19 a entraîné des défis imprévus.

Quand tombe la bombe
© Martin Crep/HI
Mines et autres armes

Quand tombe la bombe

Aujourd'hui, 90% des victimes des bombardements sur les zones densément peuplées sont des civils. Quel est le prix payé par la population lors des conflits aujourd'hui ? Quelles sont les solutions ?