Accès direct au contenu

Flavio, futur athlète paralympique

Insertion Mines et autres armes Santé
Colombie
Flavio fait partie des milliers de victimes des mines en Colombie. Il a perdu sa jambe, mais peut se déplacer en toute autonomie grâce à la prothèse qu'il a reçue de Handicap International. Et ses pas le conduisent souvent à la piscine, car Flavio est un nageur de compétition qui brigue une participation aux Jeux paralympiques.

Flavio fait partie des milliers de victimes des mines en Colombie. Il a perdu sa jambe, mais peut se déplacer en toute autonomie grâce à la prothèse qu'il a reçue de Handicap International. Et ses pas le conduisent souvent à la piscine, car Flavio est un nageur de compétition qui brigue une participation aux Jeux paralympiques.

Lundi matin à Medellín, en Colombie. Le « Complejo Acuático », un complexe impressionnant de piscines en plein air, est déjà fort animé. Dans une des piscines, une dizaine de nageurs sont occupés à nager le crawl, la brasse et la brasse papillon. Ils n'interrompent leur entraînement que pour faire quelques pompes. Un entraîneur leur lance ses instructions.

A première vue, un entraînement des plus ordinaires. Mais les chaises roulantes et les prothèses abandonnées entre les sacs de sport révèlent le contraire : il s'agit d'un entraînement de natation pour des athlètes présentant un handicap physique.

Une des prothèses au bord de la piscine appartient à Flavio. En 2000, il a perdu sa jambe gauche après avoir marché sur une mine tout près du champ qu'il cultivait. L'accident a eu lieu dans le Putumayo, un département qui, depuis des années déjà, est en proie au conflit entre des groupes d'opposition armés, l'armée et des bandes criminelles. La terre y est jonchée de mines qui menacent quotidiennement les civils et qui font des victimes innocentes. C’est ce qu’a vécu Flavio[1].

Une aide qui change la vie

Handicap International a repéré ce Colombien de trente-trois ans lorsqu'il a déménagé à Medellín quelques années après l'accident afin de recevoir des soins adaptés. « Ma première prothèse après l'accident était beaucoup trop lourde. Je ne l'utilisais pas. Ensuite, j’ai eu une prothèse quasiment improvisée, qui tenait avec des pansements et du scotch », dit-il. « Ma prothèse actuelle, je l'ai reçue de Handicap International. J'ai enfin une prothèse fonctionnelle qui me permet d'être à nouveau mobile. Grâce à celle-ci, je peux rouler à moto et me déplacer en toute autonomie. Elle change toute ma vie. »

Les séances de réadaptation que Handicap International a organisées pour Flavio ont, elles aussi, semblé avoir un impact inattendu sur sa vie. Yanrieth, kinésithérapeute pour Handicap International, et un autre patient ont incité Flavio à entamer la natation pour favoriser sa réadaptation. Il a suivi leurs conseils, a commencé à nager et n'a plus jamais arrêté.

« J'ai remarqué que la natation me faisait me sentir mieux, tant sur le plan physique que mental », explique Flavio. « Les journées devenaient de plus en plus intenses, jusqu'à ce que ce ne soit plus possible de combiner la natation, le travail et les études. En 2013, j’ai pris une décision : j'allais me lancer dans la natation professionnelle. J'ai arrêté mes études et mon travail et j'ai commencé à m'entraîner intensivement. En ce moment, je me prépare pour les « Para Panamericanos » de cet été, mais mon prochain objectif est d'atteindre la sélection nationale pour les Jeux paralympiques à Rio en 2016. »

« L’eau me guérit »

Handicap International suit toujours toujours Flavio en lui proposant des séances de kinésithérapie et du soutien psychosocial. Notre organisation l’a également aidé alors qu’il attendait des subsides pour sa carrière sportive  et qu'il risquait de rater une compétition de qualification importante. Une compétition qu'il a d'ailleurs gagnée, ce qui lui a assuré sa participation au championnat national et l’a rapproché des Jeux paralympiques 2016.

« C'est maintenant ou jamais. Les Jeux paralympiques n'ont lieu que tous les quatre ans. Dans quatre ans, mon physique sera probablement moins développé qu'à l’heure actuelle. Si je n'atteins pas la sélection maintenant, je tenterai ma chance une dernière fois l'année prochaine. Si je n'y parviens pas, je retournerai à l'université », explique-t-il.

Réfléchir de façon pragmatique sur son avenir ne l'empêche pas de s'engager pleinement dans son sport pour l’instant. Pour augmenter ses chances, il participe à l'entraînement de l'après-midi avec les personnes valides. « Quand je m'entraîne avec eux, je réalise plus que jamais que je vis et que je peux faire les mêmes choses qu'eux. Que nous avons tous nos propres difficultés et que nous devons tous apprendre à vivre avec elles. »

Et Flavio de continuer : « J'éprouve toujours des difficultés à repenser à l'accident, mais, grâce à la natation, je progresse tous les jours un peu. Je suis heureux d'avoir découvert ce sport. L'eau me guérit. La piscine est la meilleure psychologue que j'aurais pu imaginer. »

[1] En Colombie, il s'agit la plupart du temps d'explosifs de fortune.

Pour aller plus loin

Yémen, toute une génération blessée à vie Mines et autres armes Réadaptation Urgence

Yémen, toute une génération blessée à vie

Depuis le début du conflit au Yémen, Handicap International a pris en charge plus de 3 000 victimes d’armes explosives, dont 850 victimes de mines et de restes explosifs de guerre. Presque tous présentent des handicaps résultant de leurs blessures et auront besoin d’un suivi spécifique à vie. L’association est profondément préoccupée par les obstacles multiples aux interventions humanitaires et à l’accès aux populations. Thomas Hugonnier, directeur des opérations pour l'organisation au Moyen-Orient, témoigne de la situation dans le pays.

Face au Covid-19, les équipes de HI restent actives
© Patrick Meinhardt / HI
Santé Urgence

Face au Covid-19, les équipes de HI restent actives

Alors que l’Europe constitue désormais l'épicentre de la pandémie de coronavirus, le virus continue de se propager à travers la planète, semant le désarroi le plus total. Le nombre de personnes atteintes augmente chaque jour. Face à cette situation inédite et dramatique, Handicap International prend des mesures exceptionnelles pour protéger ses équipes tout en préservant ses capacités opérationnelles.

« Avec Olivier, le psychologue de HI, je me sens ‘à l’aise’ »
© Patrick Meinhardt/HI
Réadaptation Santé Urgence

« Avec Olivier, le psychologue de HI, je me sens ‘à l’aise’ »

Héritier, 23 ans, était capitaine d’une équipe de pêcheurs au Sud Kivu (République démocratique du Congo). Attaqué chez lui en pleine nuit, blessé au bras, il suit aujourd’hui des séances avec Noela, kiné de HI, qui l’aide à retrouver l’usage de son bras et de sa main. Il voit aussi Olivier, un psychologue avec qui  il se sent « à l’aise ».