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Handicap International dénonce la récente utilisation de mines antipersonnel par Israël

L’armée israélienne a récemment indiqué avoir posé de nouvelles mines antipersonnel sur le plateau du Golan, le long de sa frontière avec la Syrie, pour se prémunir de son franchissement par des civils. Membre fondateur de la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), Handicap International demande à Israël de renoncer à recourir à une arme déclarée illégale par une large majorité de nations.
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L’armée israélienne a récemment indiqué avoir posé de nouvelles mines antipersonnel sur le plateau du Golan, le long de sa frontière avec la Syrie, pour se prémunir de son franchissement par des civils. Membre fondateur de la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), Handicap International demande à Israël de renoncer à recourir à une arme déclarée illégale par une large majorité de nations.

Selon un représentant de l’armée israélienne, le major Ariel Iluz, cité dans un magazine militaire israélien, de nouvelles mines antipersonnel ont été posées sur le plateau du Golan. L’objectif affiché serait d’empêcher, en septembre prochain, d’éventuels manifestants venus de Syrie de pénétrer massivement dans la zone du Golan, au moment où le vote des Nations Unies sur la reconnaissance d’un Etat Palestinien pourrait se traduire par un surcroit de tensions.

Bien qu’Israël ne soit pas partie au Traité d’interdiction des mines antipersonnel de 1997 (Traité d’Ottawa), qui réunit aujourd’hui 156 Etats, il s’agit de la première nouvelle utilisation confirmée de ces armes par l’armée israélienne depuis 10 ans selon les chercheurs d’ICBL. « Il est particulièrement préoccupant d’apprendre qu’Israël a choisi de recourir à nouveau à ces armes, pourtant clairement rejetées par la communauté internationale, dans le but affiché de se protéger contre des incursions de manifestants » déclare Paul Vermeulen, responsable du plaidoyer pour le réseau Handicap International. « Même sans être partie au Traité d’Ottawa, l’armée israélienne ne peut ignorer que leur utilisation délibérée contre des civils est contraire aux règles du droit international humanitaire et en violation de la Convention sur certaines armes classiques, dont Israël est Etat partie ».

L’annonce de cette nouvelle utilisation intervient alors qu’Israël avait récemment déclaré travailler au déminage de plusieurs zones, en reconnaissance de l’impact humanitaire de ces armes. Israël a par ailleurs arrêté la production de mines antipersonnel depuis plusieurs années et mis en place un moratoire sur leur exportation.

« En tant que membre fondateur de la campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel, mais aussi en tant qu’ONG travaillant auprès de leurs victimes dans de nombreux pays, nous appelons Israël à déminer les territoires sous son contrôle dans les meilleurs délais afin d’éviter toute nouvelle victime de ces armes inhumaines et aveugles» ajoute Paul Vermeulen.

Selon les chercheurs d’ICBL, seuls deux autres Etats non parties au Traité d’Ottawa auraient récemment utilisé des mines antipersonnel – la Libye et le Myanmar (Birmanie).
« Les mines antipersonnel tuent et mutilent chaque année des milliers de civils à travers le monde. Signataire ou non du Traité d’Ottawa, l’utilisation de ces armes par n’importe quel Etat ou groupe non étatique est contraire au droit » conclut Paul Vermeulen.
 

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