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Jemerson : surmonter l'accident

Insertion Mines et autres armes
Colombie
Jemerson a 13 ans et vit en Colombie. Aujourd'hui, il est retourné à l'école mais il lui a fallu du temps et de l'aide pour surmonter l'accident dans lequel il a perdu sa main.
Jemerson, jeune Colombien de 13 ans, assis en classe, un cahier devant lui. Il est amputé de la main gauche.

Jemerson a 13 ans et vit en Colombie. Aujourd'hui, il est retourné à l'école mais il lui a fallu du temps et de l'aide pour surmonter l'accident dans lequel il a perdu sa main.

Un petit village dans la municipalité de Corinto. Jemerson, 13 ans, est assis en classe, l’air crâneur, le regard fier. Il suit le cours distraitement. Son bras gauche repose sur son carnet. Il lui manque une main. « C’était un accident. Jemerson avait 10 ans, il allait à la Ucrania, une ferme près de chez nous. Il a ramassé un engin « comme une balle », qui a explosé. J’ai retrouvé mon fils en sang, la main déchirée. Un vrai drame », rappelle Viviana, sa maman, 28 ans.

Une vie qui bascule

Emmené immédiatement à l’hôpital Valle de Lili à Cali, Jemerson a subi plusieurs opérations et a été amputé de la main gauche. « La vie qui bascule. Jemerson, sûr de lui, sportif, joyeux, est devenu colérique et déprimé. Il pleurait sans cesse. Un enfant de dix ans qui veut se couper les veines… Il me demandait : ‘Pourquoi je ne peux pas mourir ?’. Il rêvait souvent qu’il ramassait un objet explosif. Il ne voulait plus dormir seul. C’était très dur ».

Quelques mois plus tard, Jemerson rencontre Handicap International (HI) et l’association Tierra de Paz. Il suit des séances de rééducation et participe à des ateliers de soutien psychologique organisés avec d’autres enfants victimes de mines : « Nous avons participé à ces ateliers, cela nous a fait beaucoup de bien. On a appris à valoriser notre force, à l’utiliser pour aller de l’avant. Ce soutien a été essentiel pour Jemerson et moi», complète sa maman.

Payer le transport jusqu'à l'école

Viviana éduque ses deux enfants seule, dans une petite maison située dans le village de El Jagual : « C’est un quartier qui reste ‘chaud’. Vendredi dernier, des bandes criminelles ont tiré pendant la nuit. On est restés enfermés à la maison », explique-t-elle. Le confort de la maison est très rudimentaire : « Le sol et les murs sont en terre. Les sanitaires sont dans le jardin. On partage la même chambre à trois. Grâce au soutien de HI et de Tierra de Paz, j’ai reçu du matériel pour lancer mon petit salon de manucure. Un projet qui me permet de compléter ce que je gagne en travaillant dans les plantations d’ananas. Grâce à cet argent supplémentaire, je peux notamment payer les frais de transport de Jemerson jusqu’à l’école ».  

Fin de la journée, Jemerson, son sac sur le dos, s’éloigne de la classe en trainant les pieds, les mains dans la poche. Plus tard, il veut devenir militaire. Viviana réagit : « Ses grands-parents sont décédés dans le conflit. Mes trois frères aussi. Jemerson a perdu sa propre main. Alors, l’imaginer militaire... Mais je mets la peur derrière moi. Je ne peux pas m’opposer ».

Surmonter les conséquences d'un handicap, disposer des revenus suffisants pour aller à l'école, cela a été rendu possible grâce aux équipes de Handicap International.

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