Le soutien psychologique, une composante essentielle de la revalidation

  • Fahrana, une jeune femme d'une trenataine d'année, debout à côté d'Ibrahim assis dans son fauteuil roulant
  • Un kinésithérapeute de Handicap International plie la jambe d'une une petite fille allongée sur son côté sur une table de kinésithérapie.

« Après avoir passé plusieurs semaines alité, sans pouvoir bouger, Ibrahim avait perdu tout espoir. Il était renfermé, hostile, il ne voulait même pas essayer de s’asseoir. » En quelques mots, Farhana, kinésithérapeute dans un camp de réfugiés Rohingya au Bangladesh, résume le défi auquel sont confrontés les spécialistes de la réadaptation physique : le traumatisme psychologique de leurs patients.

Accepter le handicap

Les personnes qui se retrouvent soudainement en situation de handicap, que ce soit suite à une maladie ou accidentellement, doivent en effet passer par un processus d’acceptation de leur état. Ce processus prend plus ou moins de temps et est différent pour chacun. Pas facile quand on est un adulte actif, soutien de famille, de devoir soudain dépendre d’autrui même pour les gestes les plus simples du quotidien, quand on est un enfant de ne plus pouvoir jouer avec ses copains, parce qu’il faut s’habituer à cette vie en fauteuil roulant, avec une prothèse.

Surmonter la violence

Les équipes de kinésithérapeutes travaillent avec des psychologues et des travailleurs psychosociaux dans les situations de crise, notamment en Iraq, en Jordanie et au Liban. Que ce soit la personne blessée ayant besoin de soins ou sa famille tous sont affectés par les événements qu’ils ont vécus : les combats, les bombardements, la fuite, la perte de proches qu’ils ont parfois vus mourir sous leurs yeux. Cauchemars, insomnie, dépression, anxiété, perte de la mémoire, mutisme sont des signes fréquents de détresse psychologique.

Mohamad, kinésithérapeute en Iraq explique parfaitement la nécessité d’un soutien psychologique en évoquant l’une ses patientes amputées, Shahed : « Elle ne pourra pas se remettre debout si elle ne va pas mieux mentalement, et elle ne pourra pas aller de l’avant si elle ne peut pas se déplacer de nouveau. »

Exprimer ses sentiments

Mais comment aider Shahed et d’autres à surmonter leurs traumatismes ? Outre les séances individuelles, les psychologues organisent des groupes de paroles. Savoir que l’on n’est pas seul, que d’autres éprouvent les mêmes difficultés apporte un soulagement. Les participants se sentent écoutés, compris, peuvent s’entraider. Le dessin est un bon moyen d’aider les enfants à exprimer leurs sentiments, eux
qui ne trouvent pas toujours les mots.

« Après deux mois de séances, Ibrahim est très motivé. Rien que de pouvoir quitter son foyer avec sa chaise roulante, faire de menus achats et discuter avec les voisins a un impact sur sa santé et son humeur. Maintenant, nous plaisantons et parlons de l’avenir » conclut Farhana.