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Les énormes besoins des réfugiés en Irak

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Irak Syrie
Depuis avril dernier, les combats en Irak ont obligés plus de 220 000 personnes à prendre la fuite, dont 120 000 se sont réfugiées dans le gouvernorat de Diyala. Sur place, peu de structures locales sont en mesure de répondre aux besoins massifs de ceux qui ont tout perdu. Handicap International  vient en aide aux plus fragiles, dans une zone où peu d’organisations internationales sont présentes. Jules Zorn, Chef de base pour Handicap International à Kalar, explique l’ampleur des besoins.
Vue du camp d'Aliawa, un homme debout à quelques mètres de tentes servant d'abri pour les réfugiés

Depuis avril dernier, les combats en Irak ont obligés plus de 220.000 personnes[1] à prendre la fuite, dont 120.000 se sont réfugiées dans le gouvernorat de Diyala. Sur place, peu de structures locales sont en mesure de répondre aux besoins massifs de ceux qui ont tout perdu. Handicap International  vient en aide aux plus fragiles, dans une zone où peu d’organisations internationales sont présentes. Jules Zorn, Chef de base pour Handicap International à Kalar, explique l’ampleur des besoins.

Dans le gouvernorat de Diyala, Handicap International intervient dans les camps d’Al Wand et Aliawa, ainsi que dans 66 communautés situées en zones urbaines et rurales. Alors qu’on comptait déjà plus de 78.000 personnes déplacées dans le gouvernorat en mai dernier, on en dénombre à présent 120.000 de plus qui ont fui les combats de ces dernières semaines. « Le gouvernorat de Diyala est sans conteste une des plus importantes destinations pour les nouvelles familles déplacées. Nous avons vu dernièrement des afflux massifs de personnes fuyant les combats, qui se sont réfugiées dans le sud du gouvernorat et dans les gouvernorats limitrophes, en plus d’autres massés à la frontière du Kurdistan. Tous attendent de pouvoir rejoindre des endroits plus sûrs dans le nord de Diyala ou au Kurdistan. De nouvelles familles arriveront encore », s’alarme Jules Zorn, Chef de base à Kalar.

Une présence étendue

L’hiver dernier, Handicap International est venue en aide aux familles déplacées les plus vulnérables qui ont trouvé refuge dans le gouvernorat de Sulaymaniyah, en distribuant des couvertures et des chauffages. « Depuis la base de Kalar, nous avons distribué 800 couvertures et 500 chauffages », précise Jules. L’association, qui a ensuite étendu sa présence au gouvernorat de Diyala, a mobilisé une équipe de quatre agents de proximité et un kinésithérapeute afin de commencer à répondre aux besoins des plus fragiles situés dans les camps et les communautés. Les équipes, qui viennent en aide aux populations déplacées et aux populations d’accueil les plus affectées par la crise, assurent l’identification des besoins, la distribution de matériel spécifique et d’aides à la mobilité – comme des fauteuils roulants, des béquilles, des déambulateurs ou des matelas. Elles assurent aussi des sessions de kinésithérapie pour les personnes qui ont une mobilité réduite.

Afin d’augmenter sa capacité d’intervention, cette base de Handicap International  accueillera très prochainement deux travailleurs psycho-sociaux et deux kinésithérapeutes à temps plein.

Détresse psychologique et physique

Les besoins identifiés par l’association concernent autant des aspects psychologiques que physiques. « Ici les besoins sont immenses, autant en terme de réédaptation que de santé mentale. Les personnes que nous prenons en charge sont stigmatisées. De par leur vulnérabilité, elles vivent à l’écart et ont peu accès aux services d'aide. Les cas de handicap lourd ne sont pas rares, tout comme ceux de détresse psychologique. Il faut pouvoir apporter une aide appropriée à ces personnes pour soulager leurs souffrances. Soit via nos équipes soit via d’autres structures.», explique Jules. « Cependant, les services locaux sont surchargés et reçoivent peu de soutien. Ils ne sont pas en mesure d’absorber toutes ces nouvelles demandes. L’aide humanitaire est quant à elle encore insuffisante au vu de l’urgence de la situation», poursuit-il.

Conditions extrêmes

Les conditions de vie sont elles aussi extrêmement difficiles. Le thermomètre qui avoisine pour l’instant les 45°, passera la barre des 50° d’ici peu. Aussi, si la plupart des personnes déplacées ont pu se loger dans des familles ou louer une maison, d’autres se sont massées dans des immeubles en construction et dans les deux camps qu’abrite le gouvernorat de Diyala.

Le camp d’Aliawa a accueilli plus de 8.000 personnes, installées sous tentes. « Ici, les familles ont accès à l’eau et à l’électricité. Cependant, le camp est surchargé et les infrastructures disponibles pas toujours adaptées, ce qui provoque des accidents. Les familles essayent notamment d’améliorer leur quotidien en reliant artisanalement des appareils électriques au système installé dans le camp. Il y a quelques jours, 35 tentes ont brûlé. », dit Jules. A Al Wand, ce sont 668 caravanes qui ont été installées pour accueillir plus de 4.500 personnes. Mille de plus devraient très prochainement rejoindre le camp. Ici aussi, les familles ont accès à l’eau et à l’électricité. Elles déplorent cependant leur isolement. Le village le plus proche est en effet situé à des kilomètres de là.

Les priorités de l’association

D’ici les prochaines semaines, Handicap International devrait intervenir dans plusieurs structures de santé de la ville de Khanaqin, situé dans le gouvernorat de Diyala. Cela permettrait notamment de prendre en charge les blessés afin d’assurer des sessions de réhabilitation post-opératoires : « Les équipes ont déjà identifié 500 blessés qui ont besoin d’assistance. Ce sont des personnes qui sont arrivées à Khanaqin depuis l’été dernier jusqu’à il y a quelques semaines », explique Jules.

 « Nous devons assurer une présence de l’association grâce à l’intervention d’équipes composées de plusieurs métiers sur le terrain, ajoute Jules. Ici, la réadaptation physique ne peut définitivement pas se passer de soutien psychosocial. Et nous devons à tout prix éviter que ces familles deviennent les oubliées de la crise », conclut-il.

 

[1] IOM, chiffres datés du 21 May 2015 : 220.164 individus ou 36.694 familles

 

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