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Les victimes de mines ne reçoivent toujours pas l'aide dont elles ont besoin

Mines et autres armes
Selon le Rapport 2008 de l’Observatoire des mines :  Vers un monde sans mines, publié ce 21 novembre 2008, les victimes des mines et des débris de guerre explosifs (DGE) – y compris les sous-munitions – ne reçoivent toujours pas toute l’aide dont elles ont besoin malgré les progrès accomplis depuis la signature du Traité d’interdiction des mines il y a 11 ans. Handicap International présente aujourd’hui à Bruxelles ce rapport de 1.155 pages.

Sortie du Rapport 2008 de l'Observatoire des mines : La plupart des victimes sont des civils, une sur deux est un enfant

Selon le Rapport 2008 de l’Observatoire des mines : Vers un monde sans mines, publié ce 21 novembre 2008, les victimes des mines et des débris de guerre explosifs (DGE) – y compris les sous-munitions – ne reçoivent toujours pas toute l’aide dont elles ont besoin malgré les progrès accomplis depuis la signature du Traité d’interdiction des mines il y a 11 ans. Handicap International présente aujourd’hui à Bruxelles ce rapport de 1.155 pages.
 
L’Observatoire des mines étudie la situation des mines terrestres dans le monde et suit de près la mise en œuvre et le respect du Traité d’interdiction des mines signé en 1997. Le Rapport 2008 de l’Observatoire des mines constitue la dixième édition de ce document. En 2007, il a recensé 5.426 nouvelles victimes de mines ou de DGE. La plupart des cas rapportés concernaient des civils et près de 50% des victimes civiles étaient des enfants. Deux États ont utilisé des mines antipersonnel: le Myanmar et la Russie.
 
L’assistance apportée aux victimes de mines et de DGE, à savoir les personnes touchées ainsi que leur famille et leur communauté, reste largement inadaptée : seuls quatre États parties au traité ont considérablement progressé sur la voie de la réalisation de leurs objectifs 2005-2009 en matière d’amélioration de l’aide et du respect des droits des victimes. Les soins médicaux d’urgence sont souvent prodigués mais le suivi, que ce soit sous la forme de programmes de réadaptation physique ou de santé mentale, par exemple, reste insuffisant. Malgré leur importance cruciale, les programmes de réinsertion économique ont été le parent pauvre des programmes d’aide aux victimes en 2007–2008.
 
L’absence de moyens fiables et globaux permettant la collecte des données demeure un des principaux problèmes. Les informations relatives aux victimes sont rassemblées à partir de différentes sources, dont les médias. Ce qui signifie que le nombre de cas signalés peut s’écarter fortement du nombre réel de victimes dans le besoin.
 
Le nombre de victimes de mines/DGE enregistré en 2007 est en diminution de 9% par rapport à l’année précédente, à savoir 5.426 nouveaux cas déclarés. « Malgré cette diminution, la collecte des données relatives aux victimes reste lacunaire dans de nombreux pays et nous savons que le nombre de personnes blessées ou tuées par des mines, des armes à sous-munitions ou d’autres munitions non explosées a largement dépassé le chiffre de 5.426 victimes en 2007 », déplore Katleen Maes de Handicap International, éditrice de la partie assistance aux victimes du rapport. « Outre ces nouvelles victimes, nous savons qu’il existe des centaines de milliers de survivants d’accidents dus aux mines et à d’autres engins explosifs dans le monde et que des millions de personnes ne peuvent plus cultiver leur terre, se rendre à l’école, ni effectuer des gestes essentiels de la vie de tous les jours à cause de la menace que constituent ces armes. » 
 
Cette année, l’éducation aux risques liés aux mines et aux DGE a atteint un niveau jamais constaté par l’Observatoire des mines : quelques 8,4 millions d’habitants ont été sensibilisés dans 61 pays en 2007–2008. Cependant, elle a été jugée inadéquate dans près de 30 pays, dont 7 des 10 États où l’on rapporte le plus grand nombre d'accidents. Vingt-cinq États parties qui affichent le plus grand nombre de survivants à des accidents causés par des mines ou des débris de guerre explosifs, et où le besoin d’aide est le plus criant, ont placé l’amélioration des services disponibles aux survivants en tête de leurs priorités. Toutefois, l’aide aux victimes est restée largement inadaptée en 2007. L’accès aux services, en particulier aux programmes de réadaptation, de santé mentale et de réinsertion économique menés à l’échelon communautaire, est resté insuffisant en 2007.
 
Trois pays n’ont pas respecté les délais fixés pour la destruction des stocks de mines terrestres, violant ainsi le Traité d’interdiction des mines, et 15 autres ont demandé un délai supplémentaire pour remplir leurs obligations en matière d’élimination des mines au titre du Traité d’interdiction des mines. C’est ce qu’indique le Rapport 2008 de l’Observatoire des mines: Vers un monde sans mines, présenté aujourd’hui devant les Nations unies, et qui compte 1.155 pages.
 
La Grèce et la Turquie détiennent à elles deux un stock de 4,2 millions de mines antipersonnel. Ce qui constitue  une grave violation du Traité puisqu’aucun de ces deux pays n’a pu tenir ses engagements visant la destruction totale de leurs stocks pour le 1er mars 2008. La Biélorussie n’a pas non plus respecté le délai du 1er mars ; en effet 3,4 millions de mines antipersonnel attendent encore d’être détruites. Cependant, la Biélorussie cherche activement à financer l’élimination de ses réserves de mines de type PFM, dont le processus est complexe et onéreux, et elle est parvenue à détruire tous les autres types de mines qu’elle détenait à la fin 2006. Depuis la publication du précédent rapport de l’Observatoire des Mines, l’Afghanistan, le Burundi et le Soudan ont achevé de détruire leurs stocks et 500.000 mines ont été éliminées.

Veiller à ce que les États parties restent sur la bonne voie afin de nettoyer toutes les zones minées est le plus grand défi relevé par le Traité. Près de deux-tiers des États parties au traité dont le délai de destruction des mines est fixé à 2009 – soit 15 États – ont déclaré qu’ils n’atteindraient pas leurs objectifs et demandé un report ultérieur. Depuis mai 2007, la France, le Malawi et le Swaziland ont annoncé l’achèvement de leurs opérations de déminage. Le nombre total de parties au Traité qui ont rempli leurs obligations et éliminé toutes les mines antipersonnel des zones minées sous leur juridiction ou contrôle s’élève par conséquent à 10 États. Cependant, plus de 70 États et six territoires non reconnus en tant qu’États indépendants par la communauté internationale sont toujours touchés par les mines. En Gambie et au Mali, une contamination par des mines a été rapportée pour la première fois en 2007.

Dans deux pays seulement, le Myanmar et la Russie, il a été fait état d’une nouvelle utilisation de mines antipersonnel. Ces deux pays n’ont toujours pas adhéré au Traité d’interdiction des mines. L’utilisation par des groupes armés non étatiques de mines et d’engins explosifs improvisés activés par les victimes a été rapportée dans neuf pays. Durant la période couverte par le rapport précédent, une telle utilisation avait été observée dans huit pays.
 
Le soutien international aux activités de lutte contre les mines s’élève à 431 millions de dollars US en 2007, soit une diminution de 33 millions de dollars par rapport à 2006. Un chiffre qui représente tout de même le deuxième record annuel de financement enregistré par l’Observatoire des mines.  Parmi les 20 principaux donateurs en faveur des actions anti-mines, neuf ont accru leur financement en 2007, alors que 11 ont revu leur aide à la baisse par rapport à 2006.

L’Observatoire des mines est le programme de recherche et de suivi de la Campagne Internationale pour l’Interdiction des Mines terrestres (ICBL), lauréate du Prix Nobel et cofinancée par Handicap International. Chaque année depuis 1999, l’Observatoire des mines dénonce les conséquences humanitaires des mines antipersonnel, des armes à sous-munitions et des autres débris de guerre explosifs. Il suit aussi de près la mise en œuvre et le respect du Traité d’interdiction des mines de 1997. Le Rapport 2008 de l’Observatoire des mines dresse un état des lieux des politiques d’interdiction, du déminage, du nombre de victimes, de l’éducation aux risques des mines, de l’assistance aux victimes et du soutien aux actions anti-mines dans 121 régions et pays.

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