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Marcher: si simple, si élémentaire ! Et pourtant…

Réadaptation
Aujourd'hui, Won Hyon A peut à nouveau effectuer quelques pas. Pas évident, bien sûr, car cela fait plusieurs années qu’elle n’a plus marché et qu’elle devra dorénavant le faire avec de « nouvelles jambes ».
Won Hyon A, une jeune Nord-Coréenne, et sa maman au centre de réadaptation

Le 10 mai 2011, Won Hyon A peut à nouveau effectuer quelques pas. Pas évident, bien sûr, car cela fait plusieurs années qu’elle n’a plus marché et qu’elle devra dorénavant le faire avec de « nouvelles jambes ». 

Won Hyon A est arrivée il y a peu au centre de réadaptation physique à Hamhung, la deuxième ville de Corée du Nord. Cela fait trois ans que la jeune femme de 21 ans ne peut plus se déplacer normalement. Elle était employée dans l’exploitation de mines de charbon en tant que responsable de collecte de données et d’analyses d’échantillons de sol. Elle a perdu l’usage de ses jambes à proximité de la mine, après qu’un camion transportant du charbon l’ait fauchée alors qu’elle marchait le long de la route, comme le font la plupart des Coréens qui se rendent à leur travail.

Elle est originaire de la province du Hamgyong Nord, à l’extrême nord-est du pays, à 200 km du centre de réadaptation physique. Sa mère l’accompagne pendant les trois à quatre semaines de sa réadaptation au centre. Le sourire de Won Hyon A attire d’emblée le regard alors qu’elle s’exerce sur les barres parallèles, au milieu des autres patients.

Elle raconte volontiers son histoire mais rapidement, une vague d’émotion l’envahit alors qu’elle explique qu’aujourd’hui est le premier jour depuis trois ans où elle recommence à marcher, grâce à ses toutes nouvelles prothèses. Des larmes chaudes viennent à couler sur son visage et pudiquement, elle baisse le regard. La gorge de la jeune femme est nouée, sa voix s’enroue. Sa maman prend alors la parole. On sent qu’elle partage avec sa fille l’émotion intense de ce moment unique. Elle explique que sa fille ne pouvait jusqu’alors se déplacer que sur ses genoux sans jamais pouvoir aller bien loin : elle restait cantonnée aux environs de la maison familiale. Ces déplacements sur les genoux ont avec le temps créé des callosités près des rotules. Le kinésithérapeute qu’elle verra tous les jours durant son séjour devra également s’occuper de soigner ces callosités.

« Marcher en s’appuyant sur l’extrémité de ses membres est quelque chose de très fatiguant » nous avoue la jeune femme, reprenant ses esprits et essuyant ses dernières larmes. Elle est épuisée à la fin de la journée.

Mais aujourd’hui, elle est émerveillée d’être à nouveau capable de marcher. L’impensable est en train de se réaliser. Les deux femmes sont très reconnaissantes pour les services qui leur sont offerts au centre, grâce au travail de Handicap International et de son partenaire coréen, le KFPD.

Mais, alors que la flamme de vie s’est à nouveau attisée dans son cœur, Won Hyon A dit vouloir offrir à son tour son soutien aux personnes de sa région ayant subi un accident similaire, en remerciement de la joie qu’elle ressent en ce jour si important pour elle.

Handicap International intervient en RPD Corée en 2001, passant depuis 2005 par le Programme de soutien de l'Union Européenne. Notre organisation collabore avec le KFPD (Korean Federation for the Protection of the Disabled) pour des projets dans le domaine de la réadaptation physique et du handicap sensoriel.  

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