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Tremplin pour la réadaptation en Haïti

Réadaptation Santé
Haïti
Quand le séisme a fait trembler Haïti en janvier 2010, le manque de kinésithérapeutes et de techniciens en réadaptation s'est fait cruellement ressentir. Handicap International a organisé une formation en réadaptation et le 27 août 2015, 72 étudiants ont reçu leur diplôme et sont désormais prêts à répondre aux besoins de leur pays.
Photo de groupe des diplômés, vêtus d'une toge et d'une toque bleu ciel qui posent pour la photo dans une belle salle ..

Quand le séisme a fait trembler Haïti en janvier 2010, le manque de kinésithérapeutes et de techniciens en réadaptation s'est fait cruellement ressentir. Handicap International a organisé une formation en réadaptation et le 27 août 2015, 72 étudiants ont reçu leur diplôme et sont désormais prêts à répondre aux besoins de leur pays.

Le 12 janvier 2010, le tremblement de terre, qui frappe Haïti de plein fouet, fait perdre la vie à plus de 200 000 personnes et blesse 300 000 individus. Selon Handicap International, entre 2 000 à 4 000 personnes ont besoin d’un appareillage. Les besoins sont énormes et alourdissent le bilan général : 15% de la population haïtienne est handicapée – soit 1.5 million de personnes. Or, le pays ne compte que 13 kinésithérapeutes – la plupart vivant à l’étranger.

Former pour renforcer les compétences locales

Afin de faire face à l’absence de compétences locales en réadaptation, Handicap International lance, en 2012, la première promotion de techniciens en réadaptation. « Menée à Port-au-Prince, cette formation comprenait deux filières : technicien en réadaptation[1] (d’une durée de 18 mois) et technicien orthoprothésiste (d’une durée de 2 ans et demi). Au cours de leur cursus, les étudiants ont donc notamment appris à concevoir et à réparer des prothèses ou à apporter un soutien à un kinésithérapeute. Ils ont également suivi un stage pratique dans différentes structures hospitalières et de réadaptation, accompagnés par un tuteur, afin de découvrir les réalités du métier et d’apprendre à y faire face », explique Albert-Philip Burger D'Haem, directeur de Handicap International en Haïti.

Un tremplin professionnel

Lors de la cérémonie de proclamation, qui a eu lieu le jeudi 27 août, 72 étudiants, âgés entre 19 et 40 ans, ont reçu leur diplôme. Membres du ministère de la Santé Publique et de la Population, de l'Agence des États-Unis pour le Développement International (USAID) et de l’Agence Française de Développement (AFD), familles des diplômés, médias : ils étaient plus de 200 à participer à cet événement. « Pour nombre d’entre eux, c’était la première fois qu’un événement était organisé en leur honneur. Cette formation est un véritable tremplin professionnel : parmi les 22 techniciens orthoprothésistes qui viennent d’être proclamés, dix d’entre eux travaillent déjà. Deux techniciens ont d’ailleurs été engagés dans un hôpital de MSF France, dans la Cité Soleil. Lors de l’événement, les étudiants ont presté leur serment d’engagement en chantant une chanson de gospel. On pouvait voir la fierté sur leur visage, et sur celui de leurs parents. C’était très touchant », confie Albert-Philip Burger D'Haem.

Collaboration avec les autorités

Il nuance cependant : « Si ce cursus de formation est terminé, nous poursuivons notre objectif. Nous voulons renforcer à long terme les compétences du secteur de la réadaptation en Haïti, en collaboration avec le gouvernement ». Ainsi, d’une part, Handicap international apporte depuis janvier 2014 un soutien à six hôpitaux et trois centres de réadaptation [2]. D’autre part, depuis août 2015, l’association vise à renforcer les compétences des techniciens en réadaptation qui exercent déjà la profession sans avoir suivi de formation. Des forums d’échanges et des modules d’apprentissage à distance (e-learning) sont donc organisés afin d’harmoniser les compétences des professionnels dans le domaine. Enfin, l’association travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Santé Publique et de la Population afin que la profession bénéficie d’une réelle reconnaissance, et que les formations soient validées. « C’est un bon début… mais nous ne sommes donc qu’à mi-chemin » conclut-il.

[1] En collaboration avec l’université de Don Bosco, au Salvador.
[2] Renforcement des compétences en gestion, en ressources humaines, réaménagement des infrastructures, etc.

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