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Arrêter les bombardements en zones peuplées, c'est pour bientôt ?

Mines et autres armes

Voilà déjà cinq ans que Handicap International alerte le grand public et les dirigeants du monde entier sur les ravages causés par l’utilisation des armes explosives en zone peuplée. Alma Al-Osta, responsable du plaidoyer sur le désarmement, nous explique pourquoi ce combat est important.

Au nord d'une route, une femme syrienne tient un jeune garçon de +/- 2 ans dans ses bras.

On estime aujourd’hui que 90% des victimes sont des civils. On est loin des frappes chirurgicales et des dommages collatéraux ! | © Handicap International

Alma Al-Osta : " Je voudrais commencer par une statistique révoltante : on estime aujourd’hui que 90% des victimes sont des civils. On est loin des frappes chirurgicales et des dommages collatéraux ! "

" A l’heure actuelle, les bombardements et les tirs d’artillerie sont les méthodes les plus utilisées pour mener une guerre. Ces bombardements détruisent les villes, les infrastructures. Cela demandera des années d’abord de débarrasser les ruines des engins non explosés, puis de reconstruire.

Mais c’est surtout l’impact sur la population qui est terrible. Le témoignage de Farah en est un exemple. Elle a reçu un éclat d’obus dans la colonne vertébrale lorsque son école a été bombardée. Elle a pu être soignée et a survécu. Mais pensez aux souffrances physiques et au traumatisme psychologique d’une petite fille de onze ans qui apprend qu’elle ne pourra plus jamais marcher. Quelle peut être l’angoisse de sa mère qui se demande de quoi l’avenir de sa fille sera fait ? Comment trouver l’argent pour les soins, les médicaments ? Farah a reçu une chaise roulante, a pu retourner à l’école mais une des roues de sa chaise s’est brisée. Aujourd’hui, la petite est la maison et rêve de retourner à l’école. Hélas, ses parents ont peu de moyens."

La protection des civils avant tout

" Ce témoignage illustre aussi ce pourquoi Handicap International se bat : la protection des civils contre des armes destructrices utilisées à proximité de leur maison, écoles, hôpitaux… ; la reconnaissance du droit des victimes : les survivants, mais aussi les familles des personnes blessées ou tuées. 

Handicap International et ses partenaires de la coalition INEW a poussé les Etats à s’engager dans un processus diplomatique. L’objectif : aboutir à une déclaration politique qui les engage notamment à reconnaître l’ampleur du problème et condamner publiquement l’utilisation des armes explosives dans les zones peuplées, revoir les règles d’engagement militaire pour une meilleure protection des civils et offrir une réponse aux besoins des victimes à court et à long terme.

Le processus d’élaboration de cette déclaration a commencé à Genève en octobre et devrait aboutir début 2020 à Dublin. Une première étape majeure a été franchie : 84 Etats se sont déclarés favorables à une déclaration politique. Handicap International compte bien maintenir la pression pour qu’un maximum d’Etats la signe."

 

Published on: 21 novembre 2019

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