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Congo: Un nouveau départ pour Kahinja Ringiro

Réadaptation
République démocratique du Congo

Le visage de Kahinja est rayonnant, ce qui fait qu’il donne bien l'impression d'être un garçon de dix-huit ans presque insouciant et non un jeune adulte chargé d'entretenir une famille de sept enfants. Ce jour-là, au Centre pour handicapés Shirika la Umoja de Goma, Kahinja procède au premier essayage de sa prothèse.

image de Kahinja Ringiro qui pratique avec sa nouvelle prothèse

Le visage de Kahinja est rayonnant, ce qui fait qu’il donne bien l'impression d'être un garçon de dix-huit ans presque insouciant et non un jeune adulte chargé d'entretenir une famille de sept enfants. Ce jour-là, au Centre pour handicapés Shirika la Umoja de Goma, Kahinja procède au premier essayage de sa prothèse.

Depuis l'explosion de cette grenade il y a cinq ans, il a toujours dû s'aider de béquilles pour se déplacer. Mais il y a quelques temps, une équipe de Handicap International l'a découvert dans son village natal de Rugari et l'a conduit à Goma, la capitale du Nord-Kivu, où il a reçu des soins de kinésithérapie et une prothèse .

Il veut maintenant apprendre le plus vite possible à remarcher et retourner dans son village. Avec sa mère, il doit en effet encore s'occuper de sept enfants. Aujourd’hui, Kahinja travaille comme cordonnier pour gagner de quoi subsister, mais la vie n'est pas facile. C'est pourquoi Handicap International lui a procuré, outre un kit de ménage et des toilettes adaptées, des outils (cric, pompe à air, marteau, compresseur …), grâce auxquels il pourra développer une activité complémentaire, en réparant des pneus. “Et maintenant que je vais de nouveau pouvoir marcher, je pourrai travailler davantage !”, dit-il plein d'optimisme.

Il redevient tout à coup ce jeune adulte quand il raconte la journée de son accident. Il y pense chaque jour. C’était en 2007. Il revenait des champs avec ses deux frères, quand ils ont aperçu de loin un groupe d'hommes armés qui se livraient à des pillages à Rugari. Ils ont pris la fuite mais l'un d'eux a marché sur une grenade. “J'ai perdu connaissance. Des villageois m'ont conduit à l'hôpital. Lorsque j'ai repris conscience, un médecin m'a dit qu'on avait dû m'amputer complètement de la jambe gauche. Et que mes deux frères n'avaient pas survécu.”
Kahinja et sa famille ne sont jamais retournés sur les lieux de l'accident. Ils ne le pourraient plus. “Lorsqu'on lui a appris la nouvelle, mon père a été tellement choqué, bouleversé, qu’il a perdu toutes ses facultés intellectuelles. Il parle encore, mais ce qu'il dit est totalement incohérent. Si nous ne l'obligeons pas à manger, il ne s'alimente pas. “Quand il verra que je peux de nouveau marcher, il ira peut-être un peu mieux.”
 

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