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Crise syrienne : Agir sur tous les fronts

Urgence
Syrie
Deux ans ! Cela fait deux ans que les premières manifestations en Syrie se sont transformées en une guerre civile sanglante qui a déjà fait près de 70.000 morts, un million de réfugiés à l’étranger et 2.5 millions de personnes déplacées en Syrie même. Derrière la froideur des chiffres, la détresse d’une population prise au piège des affrontements. Face à une situation politique et militaire qui s’enlise, une réponse humanitaire d’ampleur doit être mise en place sans délai. C'est pourquoi les équipes de Handicap International interviennent en Jordanie, au Liban mais aussi à l'intérieur même de la Syrie.
Un blessé soigné par Handicap International

Deux ans ! Cela fait deux ans que les premières manifestations en Syrie se sont transformées en une guerre civile sanglante qui a déjà fait près de 70.000 morts, un million de réfugiés à l’étranger et 2.5 millions de personnes déplacées en Syrie même.

Derrière la froideur des chiffres, la détresse d’une population prise au piège des affrontements. Face à une situation politique et militaire qui s’enlise, une réponse humanitaire d’ampleur doit être mise en place sans délai. C'est pourquoi les équipes de Handicap International interviennent en Jordanie, au Liban mais aussi à l'intérieur même de la Syrie.

Handicap International intervient depuis l’été 2012 auprès des réfugiés syriens en Jordanie et au Liban et depuis le début de l’année 2013, l’association a déployé des équipes à l’intérieur de la Syrie même, dans la région d’Idlib. « Les Syriens que nous aidons, dans la région d’Idlib, et dans les pays où ils se réfugient, nous disent que la situation continue de se dégrader. Au Liban et en Jordanie, ceux qui sont arrivés dans les premiers temps avaient fait le choix de partir, ceux qui arrivent maintenant n’avaient plus d’autre option – ils arrivent sans ressources et beaucoup moins préparés. Beaucoup d’entre eux souffrent de blessures physiques, mais ceux traumatisés par ce qu’ils ont vécu sont encore plus nombreux » témoigne Thierry-Medhi Benlahsen, coordinateur des opérations de Handicap International dans la région.

Un témoignage renforcé par Jens, kinésithérapeute : « Les blessés qui arrivent par dizaines, avec des blessures très graves, demanderaient une prise en charge lourde […]. Au mieux, il s’agit de fractures complexes causées par des impacts de balle, mais le plus souvent ce sont des amputations, des blessures à la colonne vertébrale ou au cerveau. »

Handicap International intervient donc dans la région pour prendre en charge les blessés, identifier les plus vulnérables – personnes handicapées, âgées, femmes enceintes, enfants isolés – afin de leur permettre d’accéder aux services d’aide humanitaire.

Syrie, Liban et Jordanie : prendre en charge les blessés


Au Liban et en Jordanie, Handicap International soutient les hôpitaux et cliniques qui prennent en charge les réfugiés blessés. L’association leur fournit des équipements de réadaptation et organise des séances de kinésithérapie pour les patients.
Ces services sont essentiels dans deux cas de figure :

  • Pour les patients partiellement ou totalement immobilisés, qui doivent effectuer des exercices pour éviter le développement de handicaps permanents : c’est l’objectif de la kinésithérapie hospitalière.
  • Pour les patients handicapés de façon permanente. Nos kinésithérapeutes s’efforcent alors de leur éviter les complications médicales, d’augmenter leur confort, et dans de nombreux de cas, de leur permettre de retrouver un certain niveau de mobilité.

Depuis le début de l’année 2013, Handicap International a également mis en place ces activités à l’intérieur de la Syrie. Dans le Gouvernorat d’Idlib, l’association a envoyé des kinésithérapeutes, ouvert un centre de réadaptation été ouvert et un atelier de fabrication de prothèses devrait être opérationnel dans les prochaines semaines. Actuellement une dizaine de personnes interviennent dans trois hôpitaux et s’occupent des personnes blessées et handicapées présentes dans quatre camps de déplacés. L’aide humanitaire fait cruellement défaut dans cette partie du pays où des structures de santé improvisées tentent de venir en aide aux dizaines de nouveaux blessés qui affluent chaque jour en provenance d’Alep et des autres zones de combat.

Liban et Jordanie : Identifier les plus vulnérables et leur permettre d’accéder aux services

Depuis l’été 2012, Handicap International a mène des opérations d'identification des personnes les plus vulnérables, y compris les personnes handicapées, afin d’évaluer leurs besoins et d’y apporter une réponse. L’association a déployé des points relais "handicap et vulnérabilité" (fixes et mobiles) au Nord Liban (5 équipes), dans la vallée de la Bekaa (6 équipes), et le long de la frontière nord-ouest de la Jordanie (7 équipes). D’ici à la fin du mois de juin, nous estimons à 36.000 les personnes qui auront reçu une assistance dans le cadre de cette action.

Dans un premier temps, ces équipes identifient les personnes vulnérables, les mettent en relation avec les organisations capables de répondre à leurs besoins et assurent un suivi de leur accès à l’aide d’urgence. Une grande partie de ce travail est entreprise par des unités mobiles puisque la majorité des réfugiés ne vivent pas dans des camps.

Handicap International fournit aussi une réponse directe aux besoins relevant de son domaine d’expertise et qui comprend :
• la distribution d’aides à la mobilité / aides techniques (fauteuils roulants, béquilles, kits hygiène, matelas…)
• la fourniture d’orthèses ou de prothèses, produites par notre partenaire local
• des séances de réadaptation avec nos kinésithérapeutes
• des activités psychosociales permettant de discuter avec les personnes vulnérables et leur famille et de suivre l’évolution de leurs troubles psychologiques.

Jordanie : Education aux risques


Chaque jour, nos équipes prennent en charge de nouvelles victimes de blessures par balle ou d’explosions. Le nombre d’armes et d’engins explosifs en Syrie augmente chaque jour que le conflit continue et resteront présentes lorsqu’il cessera. L’expérience accumulée par Handicap International dans la neutralisation des restes explosifs de guerre et l’assistance aux victimes a amené l’association à mettre en place des activités préventives auprès des réfugiés afin d’anticiper leur retour en Syrie.

Des personnes chargées d’organiser les activités d’éducation aux risques rencontrent les réfugiés dans les camps et dans les communautés d’accueil pour les informer des risques de trouver des engins explosifs sur leur chemin de retour et autour de leur maison. Ces activités donnent aux civiles, y compris aux enfants, les moyens d’identifier et de se tenir à l’écart d’engins dangereux. 9 000 personnes ont déjà bénéficié de séances de sensibilisation et une seconde phase du projet devrait être mise en place dans les prochains mois.

Pour en savoir plus sur nos actions, lisez ces témoignages :

Témoignage de Thierry-Medhi Benhlasen, coordinateur régional

Diana et Guillaume, deux travailleurs humanitaires : "Nous n'avions jamais été confronté à une telle violence envers les civils"

Dans les yeux de Najah

Abdul tente de se remettre debout

Si vous désirez soutenir nos actions d'urgence en Syrie, cliquez ici pour faire un don.

 

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