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Education inclusive : besoin de plus de volonté politique

Inclusion
Belgique

L'égalité d'accès à une éducation de qualité est le quatrième des Objectifs de développement durable, des engagements globaux à atteindre d'ici 2030. À l’occasion de la conférence Educaid, nous avons demandé à Valentina Pomatto, responsable du plaidoyer pour le développement inclusif chez Handicap International, à quel point des progrès ont déjà été réalisés.

Quel impact aura la crise pour un enfant comme Saiful, alors que lui faire reprendre le chemin de l'école avait demandé beaucoup d'effort pour se faire accepter de sa classe, former ses professeurs ?

Quel impact aura la crise pour un enfant comme Saiful, alors que lui faire reprendre le chemin de l'école avait demandé beaucoup d'effort pour se faire accepter de sa classe, former ses professeurs ? | © Nicolas Axelrod-Ruom /HI

Cette conférence Educaid, qu’est-ce que c’est ?

Educaid, c’est un réseau d'acteurs belges impliqués dans des programmes de coopération internationale liés à l’éducation. Cette année, la conférence virtuelle Educaid se concentre sur l'éducation inclusive, c’est-à-dire une éducation qui répond aux besoins de toutes et tous, sans discrimination.

Malgré le fait que la formation du gouvernement venait juste d'être achevée, Meryame Kitir, toute nouvelle ministre de la Coopération au développement, est venue clôturer la conférence. Elle a souligné l'importance de l'éducation inclusive et sa pertinence dans son plan politique. C'est positif.

Que retiendrez-vous de la conférence ?

La conférence était très internationale, avec des contributions du monde entier. Par exemple, notre organisation était représentée par Subekshya Karki, spécialiste en éducation inclusive au Népal. Elle a plaidé en faveur d'un travail intersectoriel. En clair : si nous voulons qu'un enfant handicapé progresse à l'école, nous devons supprimer les nombreux obstacles auxquels il est confronté. Ces barrières se situent également en dehors du milieu scolaire : mauvaise santé, besoin de soins de réadaptation, pauvreté ...

Les discussions sur le genre ont aussi constitué un moment marquant. Les questions de genre sont de plus en plus intégrées dans notre travail. Par exemple, que se passe-t-il lorsqu'une fille handicapée grandit également dans un contexte où les femmes sont invariablement victimes de discrimination ? Lorsqu'un enfant appartient également à un groupe ethnique opprimé, ou lorsqu'il demande l'asile ?

Nous pensons souvent aux discriminations envers les filles, mais chez les réfugiés au Liban et en Jordanie, par exemple, nous constatons que les garçons en particulier ont moins de possibilités d'éducation, parce qu'ils sont utilisés comme force de travail.

Enfin, j'ai beaucoup apprécié la présentation "L'éducation comme grand égalisateur" de Kira Boe d'Oxfam IBIS. En bref : si nous voulons lutter contre les inégalités dans notre société, c'est par l'éducation que nous avons les meilleures chances de réussir. Boe a terminé par une citation frappante de Julius Nyerere : "L'éducation n'est pas un moyen d'échapper à la pauvreté. C'est un moyen de lutter contre la pauvreté".

Quelle est la prochaine étape ?

Nous voulons maintenant entamer un dialogue avec le nouveau gouvernement et formuler des recommandations sur les mesures à prendre pour mettre en œuvre concrètement l'éducation inclusive dans le cadre de la coopération belge au développement.

Les semaines et les mois à venir serviront parfaitement cet objectif. Le nouveau gouvernement n'a pas encore déterminé son orientation, sa stratégie et sa vision. Si nous voulons faire passer certains messages, nous devons le faire maintenant. C'est aussi une bonne occasion pour nous de faire connaissance avec les nouveaux décideurs et, inversement, pour eux de rencontrer la société civile.

L'éducation inclusive bénéficie-t-elle d'un soutien suffisant à l’international ?

Le soutien augmente, en partie grâce aux Objectifs de développement durable (ODDs) qui offrent un cadre d’action, mais il reste encore beaucoup à faire.

Par exemple, les fonds destinés à l’éducation sont souvent regroupés sans distinction. Il faut non seulement investir dans l'éducation, mais aussi prévoir des financements spécifiques pour l'éducation des enfants handicapés. Sinon, le fossé se creusera davantage.

Il ne nous reste que la prochaine décennie pour accroître nos efforts vers l’ODD 4. Mais nous pouvons y arriver ! Soutenir l’éducation des personnes handicapées est toujours un bon investissement.

La pandémie de coronavirus a-t-elle affecté l’accès des enfants vulnérables à l’éduction ?

La crise de la covid-19 a accentué les inégalités. Les enfants handicapés ont plus d’obstacles pour accéder à une éducation faite à distance.  Les filles sont encore plus à risque : si elles n’ont plus accès à l’école, les tâches ménagères risquent de leur incomber, les empêchant alors d’y retourner.

De plus, aller à l'école n’est pas seulement une question d’apprentissage ; c'est aussi avoir accès à des repas nourrissants, à une protection sociale, etc. Des services essentiels, surtout pour les enfants handicapés.

Notre association a-t-elle réussi à faire la différence ?

Handicap International (H.I) a accompagné de nombreux gouvernements dans le monde entier pour développer des programmes d'éducation plus inclusifs, y compris pendant la crise de coronavirus. Au niveau local, nous travaillons avec les parents, les communautés, les travailleurs sociaux, les experts en réadaptation, etc. parce qu’ils sont tous un rôle à jouer dans ce combat. Nous essayons de nous attaquer aux nombreux facteurs d’exclusion et avancer ainsi vers une éduction plus inclusive, pour tous !

Publié le : 23 octobre 2020

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