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Haïti, 3 ans après le séisme : La fin des «Kokobes»?

Insertion Réadaptation Urgence
Haïti
Après la catastrophe, les équipes de Handicap International ont répondu à l’urgence en apportant leur savoir-faire aux blessés. L’ONG s’appuyait pour cela notamment sur un soutien massif – plus de 2 millions d’euros – de la population belge. Trois ans après, Handicap International poursuit son engagement.
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Après la catastrophe, les équipes de Handicap International ont répondu à l’urgence en apportant leur savoir-faire aux blessés. L’ONG s’appuyait pour cela notamment sur un soutien massif – plus de 2 millions d’euros – de la population belge. Handicap International poursuit aujourd’hui son engagement en veillant à faire bénéficier le pays de capacités de réadaptation à long terme. L’association vise également une meilleure acceptation des personnes handicapées et leur inclusion dans la société. Un défi dans ce pays qui considère trop souvent les personnes handicapées comme des « kokobes », des bons à rien.

Trois ans après la catastrophe, la réadaptation reste un point d’attention important pour permettre aux blessés du séisme – et aux autres – de bénéficier à long terme de soins adéquats. Les capacités du pays étaient en effet quasi inexistantes avant la catastrophe. Handicap International soutient l’association haïtienne Healing Hands for Haïti, qui reprend progressivement ses activités d’appareillage et de réadaptation, de façon à pérenniser ces services. Handicap International continue aussi d’assurer la réadaptation au sein de l’hôpital mis en place par Médecins sans Frontières à Tabarre. Enfin, Handicap International répond au manque dramatique de kinésithérapeutes et d’orthoprothésistes haïtiens.

Début 2012, des étudiants ont ainsi eu – pour la première fois en Haïti – la possibilité de s’inscrire pour des formations en réadaptation, organisées par Handicap International et ses partenaires. Ces formations sont de deux types : des formations de techniciens en réadaptation (aide-kinésithérapeutes), d’une durée de 24 mois, et un cursus de trois ans pour devenir technicien orthopédiste. Ces derniers seront capables de fabriquer ou de réparer des prothèses eux-mêmes. Cette formation d’orthoprothésistes a été mise en place par Handicap International en collaboration avec l’Université Don Bosco du Salvador. Le diplôme sera internationalement reconnu. Dans moins de deux ans, Haïti pourra compter sur 70 aide-kinésithérapeutes et 32 prothésistes qui pourront contribuer à la prise en charge des personnes handicapées, et plus particulièrement des personnes amputées suite au tremblement de terre.

Réparer des corps, c’était l’objectif en période d’urgence. Mais Handicap International se donne une mission plus ambitieuse : reconstruire des vies. Comme l’explique Marc-André Peltzer, responsable à Bruxelles des projets menés en Haïti, “C’est un défi difficile dans cette société peu encline à accepter le handicap. En témoigne le mot “kokobe”, utilisé en créole pour désigner les personnes handicapées. Un mot que l’on peut traduire littéralement par “bon à rien”. Le séisme aura eu pour conséquence positive de rendre le handicap plus visible et d’entraîner une prise de conscience : “ça aurait pu tomber sur moi”. La personne handicapée peut dès lors plus facilement être vue comme une personne à part entière, avec ses limites et ses capacités.”

Handicap International appuie ce mouvement, essentiellement en favorisant la mise à l’emploi des personnes handicapées. L’insertion socio-économique est en effet une condition essentielle pour gagner sa place dans la société. Près de 400 familles ont bénéficié d’un projet d’insertion sociale qui permet à des personnes vulnérables ou à leurs familles de créer une activité commerciale. Le processus est simple : l'association propose une formation aux bénéficiaires du projet qui reçoivent dans le même temps un premier stock de denrées leur permettant de lancer un petit commerce de proximité.

Manise avait 23 ans lors du tremblement de terre. Un drame qui l’a privée d’un bras. Lorsque son mari l’a vue à l’hôpital, il est parti. Elle ne devait jamais le revoir… Une prothèse a permis à Manise de mieux s’accepter. Handicap International l’a aussi aidée à apprendre à faire toutes ses activités quotidiennes avec un seul bras. Enfin, l’ONG a soutenu le démarrage de son propre magasin : gestion de stock, comptabilité, fourniture d’un premier lot de produits… Manise peut désormais vivre de façon autonome et conduire chaque jour sa fille à l’école.

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