Irak : "Au fond de moi, je savais"

  • Le kinésithérapeute de HI assis sur le sol à côté d'un jeune Irakien d'environ 12 ans amputé de la jambe droite.
  • Le kinésithérapeute de HI derrière Abdel Rahmane pour le soutenir lors d'un exercice d'équilibre

Abdel Rahman a été victime d’un bombardement à Mossoul. Désormais amputé d’une jambe, il vit avec sa famille dans le camp de déplacés de Hasansham. Handicap International (HI) l’accompagne.

Abdel Rahman est assis dans la tente familiale, aux côtés de son père Ahmad. Le garçon semble perdu dans ses pensées lorsque ses parents racontent leur histoire. « C’était un vendredi », se rappelle Ahmad. « Nous étions dans notre maison à Mossoul en train de petit-déjeuner, quand un missile s’est abattu sur nous. Abdel Rahman a été blessé au niveau de la jambe droite et mon autre fils est mort sur le coup… » Peu après l’accident, Ahmad et sa famille essaient de fuir les combats dans la ville, à plusieurs reprises. Ils se déplacent de quartiers en quartiers, au rythme des affrontements. « Au fil du temps, je voyais que la jambe d’Abdel Rahman devenait toute bleue. Et le temps que nous atteignions un hôpital, l’état de mon fils avait déjà considérablement empiré… »

A l’hôpital, les docteurs essaient de sauver la jambe d’Abdel Rahman et l’opèrent six fois de suite, mais il est trop tard. « Je me doutais qu’il fallait amputer mon fils. Je voyais sa jambe et au fond de moi, je savais », se remémore Ahmad. « Je ne suis pas docteur, je ne connais rien à tout ça mais je m’en doutais quand je voyais l’état d’Abdel Rahman. C’est finalement lui qui a dit aux docteurs d’amputer sa jambe. »

Du rire aux larmes

Après qu'Ahmad et sa famille aient quitté l’hôpital, ils trouvent refuge dans le camp d’Hasansham. Là, ils rencontrent Mohammad, kinésithérapeute de Handicap International. Il s'inquiète de l'état psychologique de l’adolescent, qui a des difficultés à s’adapter à sa situation. La mort de son frère, l'amputation, la vie difficile dans le camp.... autant de traumatismes à surmonter. « On essaie de l’aider à garder son calme, de lui changer les idées. Il joue avec d’autres enfants, on fait des blagues… Mais parfois, il est triste, il crie et il dit que sa jambe lui fait mal. »

Mohammad et le reste de l'équipe mettent tout en oeuvre pour apporter à Abdel Rhaman l'aide dont il a besoin: une paire de béquilles et traitement de kinésithérapie pour lui permettre de se déplacer et renforcer sa jambe avant de pouvoir être appareillé, soutien psychologique, ... La plus belle récompense de notre kinésithérapeute : voir son jeune patient faire ses premiers pas et esquisser un sourire.

Si vous voulez soutenir d'autres enfants comme Abdel Rahman afin qu'ils reçoivent le traitement dont ils ont besoin, faites vite un don.