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Libye : Premier Etat du Moyen-Orient à s’engager pour la réglementation du commerce des armes

La Libye a signé le Traité sur le commerce des armes le 9 juillet dernier à New York, obligeant ainsi le pays à respecter une réglementation contraignante des transferts d’armements. Handicap International, qui intervient en Libye depuis 2011, salue cet engagement particulièrement fort au vu de la situation inquiétante du pays sur cette question.
un agent de HI sensibilise à un homme avec une arme aux dangers de ces armes

La Libye a signé le Traité sur le commerce des armes le 9 juillet à New York, obligeant ainsi le pays à respecter une réglementation contraignante des transferts d’armements. Handicap International, qui intervient en Libye depuis 2011, salue cet engagement particulièrement fort au vu de la situation inquiétante du pays sur cette question.

Mardi 9 juillet, la Libye est devenue le 78e pays signataire du Traité sur le commerce des armes, et le premier au Moyen-Orient. En se mobilisant pour réglementer les transferts d’armements, la Libye prend un engagement fort dans un contexte régional particulièrement difficile. L'ouverture des stocks d'armes des forces de Mouammar Kadhafi a engendré une dispersion inquantifiable d'armes légères[1] aux mains de civils et a favorisé un trafic de ces armes avec les pays voisins, notamment à destination du Mali. En signant ce Traité, la Libye s’engage à se doter d’une structure nationale pour contrôler ses transferts d’armes. Il lui sera également interdit d’exporter des armes si elles doivent servir à des attaques dirigées contre des civils ou leurs biens. Le principe sur lequel elle s’est engagée est d’évaluer, avant toute transaction, si les armes vendues risquent d'être utilisées pour contourner un embargo international, commettre un génocide ou d'autres "violations graves" des droits de l'Homme. Elle doit également s’assurer qu’elles ne pourront pas tomber aux mains d’organisations terroristes ou criminelles.

Eviter des drames humanitaires

Handicap International, présente en Libye depuis 2011, se réjouit de cette avancée pour le droit international humanitaire. « Même si ce Traité comprend certaines faiblesses, par exemple sur la liste des armes contrôlées, il permet d’éviter des drames humanitaires dont Handicap International est chaque jour témoin sur le terrain », explique Frederic Maio, responsable du programme Libye pour Handicap International. « Ce sont des milliers de vies qui pourraient être sauvées chaque année. Beaucoup d’armes transférées se retrouvent aux mains des civils qui ne les maitrisent pas correctement, et ne sont pas formées aux règles de sécurité. » En Libye même, la prolifération d’armes est devenu un fléau : en 2012, plus de 1.600 victimes d’armes légères ont été recensées à Tripoli, soit quatre victimes en moyenne par jour. Plus des trois quarts de ces victimes ont moins de 25 ans.

Depuis 2011, Handicap International mène des actions pour sensibiliser la population aux dangers que représente le mauvais maniement des armes et diffuser les bons réflexes pour limiter les accidents (ne pas laisser les armes à portée des enfants, ne pas tirer en l’air lors des manifestations ou fêtes ou encore enclencher le cran de sécurité quand on ne les utilise pas). L’association a distribué plus de 15 000 kits de prévention et organise des sessions de sensibilisation directes auprès des publics les plus sensibles : les enfants et adolescents, les professeurs des écoles et le personnel hospitalier à Tripoli.



[1] Une arme légère est une arme qui peut être transportée et utilisée par un seul individu, sans que l'utilisation d'un support (comme un trépied) soit indispensable. Appartiennent à cette catégorie notamment les pistolets, les fusils, les mitraillettes, les revolvers, les carabines…

 

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