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Mossoul : Plus de 22 000 personnes déjà déplacées

Urgence
Irak
Depuis le début des opérations militaires pour reprendre la ville de Mossoul en Irak,  plus de 22.000 personnes ont été déplacées. Handicap International se prépare à leur venir en aide et s’inquiète des déplacements massifs à prévoir dans les semaines à venir.
Une petite fille de 4 ans assise dans un fauteuil roulant, entourée d'autres enfants, sous une tente.

Depuis le début des opérations militaires le 17 octobre dernier pour reprendre la ville de Mossoul en Irak, plus de 22 000 personnes ont été déplacées [1]. Handicap International se prépare à leur venir en aide et s’inquiète des déplacements massifs à prévoir dans les semaines à venir.

« En une dizaine de jours, plus de 18.000 personnes ont dû quitter leur foyer. Elles viennent s’ajouter aux plus de trois millions de personnes déplacées dans le pays. Si la situation est critique, les mouvements de population devraient considérablement s’accélérer dans les jours à venir… On estime qu’il y aura plus de 200.000 déplacés originaires de Mossoul et de ses environs dans les prochaines semaines, et peut-être plus d’un million dans le pire des scénarios. Les mouvements de population deviennent particulièrement complexes ces derniers jours, et on voit que les gens commencent à fuir dans toutes les directions. Ces personnes, ayant tout laissé derrière elles, arrivent généralement dans des lieux où la population est déjà particulièrement vulnérable. Le contexte est extrêmement préoccupant », explique Thomas Hugonnier, responsable des opérations conduites en Irak par Handicap International.

11 équipes prêtes à se déployer

L’association souhaite porter assistance à ces nouveaux déplacées aussi vite que possible. Handicap International mettra bientôt en place des activités de réadaptation, de soutien psychosocial et d’éducation aux risques des mines dans les zones d’accueil et de déplacement et est actuellement en train de former des équipes mobiles pour son intervention sur le terrain.Quatre équipes d’éducation aux risques des mines et restes explosifs de guerre, quatre équipes de soutien psychosocial - dont quatre psychologues pour répondre aux cas de traumatisme les plus sévères - et trois équipes de réadaptation seront très bientôt déployées dans les zones de déplacement.

L’association souhaite également venir en aide aux milliers[2] de personnes retournées dans les villages dont le groupe Etat Islamique s’est retiré, depuis la semaine dernière. Les besoins y sont immenses puisque les services de base ne fonctionnent plus. De plus, ces populations s’exposent à chaque instant aux risques d’accident liés à la très forte présence d’engins explosifs laissés derrière les combats. « Les familles de retournés sont aussi très vulnérables et probablement les plus à risque d’être touchées par des restes explosifs de guerres ou des engins explosifs improvisés », ajoute Thomas Hugonnier. « Dans les villages récemment repris, on trouve beaucoup de pièges au sein des maisons et dans les rues. Les personnes qui rentrent chez elles doivent connaître les dangers auxquels elles s’exposent, et savoir comment agir dans ce genre de situation. C’est une question de survie. »

Une attention pour les personnes handicapées

Les autres organisations humanitaires présentes sur place seront sensibilisées à la prise en compte des personnes vulnérables (handicapées, blessées, très âgées…) dans les actions en faveur des déplacés.
Handicap International sera particulièrement attentive au niveau d’accessibilité des structures dans lesquelles les populations déplacées seront relogées. « Les personnes en situation de handicap ne doivent pas être oubliées dans cette réponse d’urgence et doivent avoir le même accès aux services humanitaires que les autres civils ayant fui », précise Fanny Mraz, chef de mission pour Handicap International en Irak.

A ce jour, les fonds pour répondre à l’urgence sont encore très insuffisants. Handicap International appelle la communauté internationale à débloquer les fonds nécessaires, pour pouvoir apporter une assistance rapide et complète à la population déplacée. Jusqu’à un million et demi de civils pourraient être touchés par cette crise et les besoins sont de plus en plus urgents, alors que le rythme des déplacements s’accélère. 

Pour en savoir plus, lisez l'interview complète de Thomas Hugonnier

[1] Source: OCHA : http://reliefweb.int/report/iraq/iraq-mosul-humanitarian-response-situation-report-4-november-2016
[2] 3 300 personnes, selon le rapport OCHA du 26 octobre 2016.

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