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Novembre - Goma, Le jour où la ville est tombée

Urgence
République démocratique du Congo
Le 20 novembre, le groupe armé M23 entre dans Goma, dans l’est de la RD Congo. Dragomir, l’un des expatriés de Handicap International, revit les moments déchirants de son évacuation.
Dragomir lors d'une distribution de tricycle à Goma

Handicap International a dû suspendre son intervention en R.D. Congo durant quelques jours, dans la région du Nord et Sud Kivu suite à la prise de la ville de Goma, le 20 novembre dernier, par le groupe armé M23. Une partie des activités d’urgence a cependant pu reprendre au Nord de Goma depuis quelques jours. Témoignage de Dragomir, l’un des expatriés contraints de quitter Goma. 

« Je me suis vraiment senti mal de devoir partir », regrette Dragomir, un de nos expatriés travaillant sur les actions de développement, de retour du Congo après avoir été évacué de Goma lors de la prise de la ville par le groupe armé M23 le 20 novembre. Son témoignage met en lumière le drame qui a été vécu par la population. « Les civils se retrouvent littéralement pris en tenaille entre les belligérants. Ce sont les gens ordinaires, ceux qui cultivent leurs champs, qui essayent de survivre et qui doivent subir les pillages, les viols et les combats », ajoute Dragomir.

Chaos dans la ville

Il évoque le chaos vécu à Goma : « Avec l’avancée des rebelles du M23, un camp de la région, pas loin de Goma s’est vidé de ses 60.000 occupants en deux jours ! Vous imaginez, 60.000 personnes qui abandonnent tout et se retrouvent sur les routes pour essayer de trouver un peu de sécurité ! » Il poursuit : « Nous avons été contraints d’évacuer à Gisenyi, la ville frontière juste à côté de Goma, côté rwandais. Tous les jours, j’avais des membres de l’équipe au téléphone, qui nous donnaient des informations ou essayaient d’en avoir. Je me sentais vraiment impuissant, de l’autre côté, sans pouvoir faire autre chose que les écouter, tenter de les rassurer. C’était très frustrant. Imaginez : un jour, j’ai eu l’une des opératrices radio en ligne. La maison de ses voisins avait reçu un obus lors du bombardement et était complètement détruite. Cinq personnes étaient mortes, deux grièvement blessées. La malheureuse était évidemment sous le choc ! Un autre membre du staff m’a raconté qu’on avait pillé chez lui. Mais heureusement, ni lui, ni personne de sa famille n’a été blessé ou agressé. »

Les équipes de Handicap International interviennent à Goma et au Kivu depuis près de 10 ans, mettant en oeuvre des actions d’urgence, avec notamment une plateforme logistique. Notre organisation est intervenue dans les camps de personnes déplacées et a également permis demettre en place ou d’améliorer l’offre de kinésithérapie dans plusieurs hôpitaux de la région. « C’est pour nous une fierté d’avoir contribué à améliorer la prise en charge des personnes hospitalisées, souligne Dragomir.Avec les combats, les blessés vont affluer dans les hôpitaux. La kinésithérapie leur permettra de guérir plus rapidement et donc de quitter plus vite les hôpitaux, leur permettant ainsi d’accueillir plus de patientsHeureusement, nous venions justement de réapprovisionner leurs stocks.»  

Mais au-delà de cette fierté, ce que ce collaborateur – qui a travaillé trois ans à Goma – souhaite surtout, c’est de pouvoir revenir rapidement. « Depuis 10 ans, nous sommes toujours restés aux côtés des habitants de Goma et du Kivu. C’est maintenant que la population va être confrontée aux bombes et autres explosifs abandonnés durant le conflit. C’est maintenant que les personnes blessées dans les combats vont avoir besoin d’une assistance. Il y a urgence ! »  

Handicap International reprend ses activités

Les activités de la plateforme logistique, destinée au transport des biens humanitaires en soutien aux autres ONG qui interviennent dans la région ont été suspendues quelques jours, mais ont pu reprendre. L’association étudie en outre les modalités d’un renforcement de ses activités en urgence et la manière dont elle pourra venir en aide aux personnes vulnérables frappées par ces événements, dés que la situation le permettra.

Handicap International prépare aussi le lancement de projets de sensibilisation aux dangers des engins de guerre non explosés, et d’identification des zones nécessitant des activités de déminage.

Pour en savoir plus sur la reprise de nos activités à Goma, cliquez ici

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