Goto main content

Syrie: Handicap International dénonce les conséquences à long terme des entraves à l’accès humanitaire en Syrie

Syrie
A la veille du troisième anniversaire du conflit syrien, Handicap International dénonce les entraves à l’accès humanitaire à l’intérieur de la Syrie, qui ont aujourd’hui des conséquences dramatiques pour les populations et pèseront lourdement sur l’avenir du pays. C’est notamment une génération de personnes blessées, handicapées et traumatisées lors du conflit qui aura besoin de soins et d’assistance à vie.

A la veille du troisième anniversaire du conflit syrien, Handicap International dénonce les entraves à l’accès humanitaire à l’intérieur de la Syrie, qui ont aujourd’hui des conséquences dramatiques pour les populations et pèseront lourdement sur l’avenir du pays. C’est notamment une génération de personnes blessées, handicapées et traumatisées lors du conflit qui aura besoin de soins et d’assistance à vie.

Le 22 février 2014, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité une résolution exigeant de toutes les parties au conflit qu’elles permettent l’acheminement de l’aide humanitaire aux populations civiles en Syrie. C’est un pas important, mais il doit encore être suivi d’effet. A l’intérieur du pays, la mission des organisations humanitaires est toujours rendue extrêmement difficile par la violence et la permanence des combats.

D’après les Nations unies, 9,3 millions de personnes auraient besoin d’une assistance en Syrie. Le nombre de blessés est estimé à plus de 570 000 personnes. L’effondrement des principales infrastructures de santé a considérablement accru la vulnérabilité des personnes blessées, handicapées ou âgées, qui font face à des conditions de plus en plus difficiles pour accéder aux services et aux soins médicaux.

Handicap International a publié en janvier 2014 une enquête auprès de personnes déplacées en Syrie, qui avaient été blessées suite au conflit. 60 % des personnes blessées interrogées ont été victimes d’armes explosives et présentent des dommages physiques graves. 25 % ont subi une amputation. 88,5 % des personnes interrogées ont déclaré ne pas avoir eu d’accès satisfaisant à des soins de réadaptation. Cette situation présente des conséquences graves et durables pour les personnes blessées, notamment le risque de développer des handicaps permanents.

Une autre étude menée conjointement avec HelpAge International indique que 5,7 % des réfugiés au Liban et en Jordanie présentent des blessures graves, soit près de 85 000 personnes. Trois blessures sur quatre causeront un handicap permanent du fait de leur gravité et du manque de prise en charge médicale.

En Syrie et dans les pays frontaliers qui accueillent aujourd’hui des réfugiés syriens, Handicap International voit chaque jour s’aggraver les conséquences physiques, psychiques et économiques du conflit.  « Les entraves à l’aide sont une violation du droit international humanitaire et ont des conséquences dramatiques pour les personnes blessées et vulnérables aujourd’hui, » déclare Florence Daunis, Directrice générale adjointe en charge des opérations à Handicap International. « Elles aggravent aussi les conséquences à long terme pour le pays, avec une génération de personnes qui vont avoir besoin de services médicaux et sociaux à vie, à cause de ce conflit. Des fonds considérables seront nécessaires pour la reconstruction du système de santé et d’assistance sociale. »

Les actions de Handicap International en réponse à la crise syrienne

Depuis le début de la crise et de l’intervention de Handicap International, plus de 180 000 personnes ont bénéficié des actions engagées par l’association, qui mobilisent désormais près de 450 personnels. En Syrie, l’association intervient dans plusieurs centres de santé pour répondre aux besoins postopératoires des blessés. Elle agit également au sein des camps et des communautés pour l’identification et le suivi en rééducation des personnes blessées et handicapées, ainsi que la distribution de paniers de nourriture et de kits d’hygiène. Au Liban et en Jordanie, la réponse de Handicap International est axée sur l’identification et le soutien des plus vulnérables, la rééducation physique des personnes blessées et handicapées, l’approvisionnement en matériel de première nécessité pour les nouveaux arrivants en situation d’extrême précarité, le soutien financier aux familles en situation de détresse et le soutien psychosocial.

Publié le : 14 septembre 2021

Pour aller plus loin

« Tout a changé avec ma blessure »
© P.Poulpiquet/Handicap International
Urgence

« Tout a changé avec ma blessure »

Hozeifa a été blessé en 2016, lors d’un bombardement à Idlib, en Syrie. Désormais paraplégique, il vit dans une tente avec le reste de sa famille au Liban. Handicap International aide Hozeifa à s’adapter à sa nouvelle situation avec des sessions de soutien psychologique et de kinésithérapie.

« J’avais l’impression de vivre un cauchemar »
© P.Poulpiquet/Handicap International
Urgence

« J’avais l’impression de vivre un cauchemar »

Mayada, 48 ans, vient de la banlieue de Damas, en Syrie. En 2014, lorsqu’une bombe est tombée sur sa maison, elle a perdu son mari et sa fille. Elle-même a été blessée et a dû être amputée. Au Liban, où elle est réfugiée depuis deux ans, Mayada a été appareillée d’une prothèse par Handicap International.

« Mon pays me manque beaucoup »
© P.Poulpiquet/Handicap International
Urgence

« Mon pays me manque beaucoup »

« Je voudrais qu’aucun autre enfant ne soit blessé dans cette guerre », souligne Molham. Il avait à peine 9 ans lorsqu’il a été blessé par une balle perdue, à Homs, en Syrie. En 2014, sa famille a fui les combats et s’est réfugiée en Jordanie. Handicap International procure des séances de réadaptation au jeune garçon qui bénéficie également d’un soutien psychologique.