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« Avec la guerre, les gens se sont renfermés sur eux-mêmes… »

Mines et autres armes Réadaptation
Yémen

Suad Al-Qadri est conseillère en soutien psychosocial pour HI à Sana’a, au Yémen. Elle témoigne de la condition mentale des patients aidés par HI et des conséquences des bombardements sur la santé psychologique des habitants de la ville.  

Suad Al-Qadri, conseillère en soutien psychosocial chez HI

Suad Al-Qadri, conseillère en soutien psychosocial chez HI

Les blessés qui arrivent à l’hôpital suite à un bombardement ou parce qu’ils ont été pris dans des combats sont en état de choc. Certains ne peuvent plus parler. Ils ont peur de tout. Le simple fait d’élever la voix les effraie.

Comment se relever ?

Notre premier rôle est d’écouter leur histoire, leurs angoisses, de les réconforter, mais aussi de les aider à trouver des solutions à des problèmes pratiques : il y a quelques mois nous avons accueilli une mère de famille, Iman, qui avait été légèrement blessée lors d’un bombardement. Les membres de sa famille étaient saufs. Mais sa maison avait été totalement détruite. Elle ne pensait qu’à une seule chose : « Où allons-nous aller ? Comment allons-nous retrouver un toit ? » Elle était choquée et très angoissée. En l’accompagnant, nous l’avons aidée à trouver une solution qu’elle aurait été incapable d’envisager seule : certains de ses cousins éloignés vivaient à proximité et pouvaient l’accueillir avec sa famille.  

Ecouter, rassurer, soutenir

Avec notre soutien, les patients sortent de leur isolement. Nous leur expliquons qu’il est normal d’être angoissé, en état de choc ou déprimé après un événement violent. Ils sont rassurés car ils réalisent qu’ils ne sont pas seuls dans une situation dramatique et que d’autres personnes ressentent les mêmes angoisses.

Pour les cas les plus graves, la rééducation physique n’est pas possible sans soutien psychosocial : Salah, un jeune homme, amputé à la jambe gauche, gravement blessé à la droite, restait prostré sur son lit d’hôpital. Il avait tout abandonné, ne parlait plus, ne se lavait plus... La perte de sa jambe l’avait totalement abattu ; la vie n’avait plus de sens... Avec notre accompagnement, il a repris peu à peu des habitudes d’hygiène ; il s’est remis à s’habiller proprement et est enfin sorti de son mutisme. Il a accepté sa nouvelle situation et nous avons pu commencer les séances de kinésithérapie et, à terme, lui installer une prothèse.

Une population épuisée

En plus de la peur permanente des bombardements, les conséquences sociales et économiques de la guerre sont très angoissantes pour la population : beaucoup de gens ont perdu leur travail et cherchent désespérément de quoi nourrir leur famille... Certains ont dû quitter leur logement, incapables de payer le loyer. L’accès à l’eau est difficile dans de nombreux quartiers. L’électricité est coupée depuis des mois. Ces difficultés sont sans fin et cela génère beaucoup de stress.

Les gens se sont éloignés les uns des autres : les relations sociales et familiales se sont distendues, chacun ayant ses problèmes et se renfermant sur soi-même. Les gens ne sont plus les mêmes : ils sont tristes et épuisés par 4 ans de guerre.

Published on: 16 octobre 2019

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