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16 millions de Yéménites souffriront de la faim en 2021

Mines et autres armes Urgence
Yémen

6 ans de conflit au Yémen. 21 organisations humanitaires, dont Handicap International, appellent à un cessez-le-feu.

Maisons détruites dans la ville portuaire d'Hodeidah

Maisons détruites dans la ville portuaire d'Hodeidah | © HI

Le 26 mars 2021, le conflit au Yémen entre dans sa septième année. À Hodeidah, Taiz, Hajjah et Marib, de nouvelles offensives et une augmentation des attaques contre les civils marquent cette date tragique. Vingt et une organisations humanitaires opérant au Yémen appellent à un cessez-le-feu immédiat dans tout le pays et au retour des parties belligérantes à la table des négociations.

Rien qu'en février, 44 enfants, femmes et hommes ont été tués et au moins 67 autres blessés dans le pays. Des combats particulièrement intenses ont eu lieu dans les régions de Marib, Taiz, Hajjah et Hodeidah, menaçant la population civile et les populations déplacées qui vivent déjà dans des conditions extrêmement difficiles. L'accès à ces zones reste un défi pour les organisations humanitaires.

La nouvelle vague de combats à Marib a déjà déplacé plus de 11 000 civils depuis la première semaine de février. 70% d'entre eux sont des femmes et des enfants. Si les combats continuent de s'étendre aux villes et aux zones environnantes, 385 000 personnes supplémentaires pourraient fuir la région.

La population prise au piège

Bien que les organisations humanitaires fournissent une aide dans les zones qu'elles peuvent atteindre, elles sont débordées et manquent de financement. Une offensive contre la ville de Marib entraînerait des combats dans des zones densément peuplées et causerait un grand nombre de victimes civiles. Les habitants seraient piégés comme des rats, l'accès à l'aide serait coupé. Les organisations humanitaires ont lancé un avertissement à ce sujet il y a deux ans, lorsqu'une offensive sur Hodeidah menaçait la ville portuaire. Déjà à l'époque, les parties au conflit avaient été appelées à déposer les armes et à protéger les civils.

On compte maintenant près de 50 lignes de front au Yémen. Dans le sud, les troubles sociaux et l'instabilité politique se poursuivent. Les combats à Hodeidah menacent à nouveau ce port vital par lequel transitent 70 % de la nourriture, des médicaments et des fournitures du Yémen. Les attaques transfrontalières vers l'Arabie saoudite ont également augmenté depuis le début de l'année 2021 et, récemment, une série de frappes aériennes a touché la capitale du nord du Yémen, Sanaa.

16.2 millions de Yéménites vont mourir de faim

Alors que les 12 derniers mois ont été dominés par la pandémie de COVID-19, le Yémen fait face à une crise économique qui s'est aggravée, à une escalade de la violence et à une augmentation de la faim. On s'attend à ce que 16,2 millions de personnes souffrent de la faim cette année. Dans le même temps, le niveau de financement humanitaire pour 2021 ne représente que 44% des besoins actuels.

Alors que le conflit entre dans sa septième année, il est vital que le Conseil de sécurité des Nations unies et les gouvernements fassent tout leur possible pour mettre fin à l'escalade de la violence, arrêter l'utilisation d'armes explosives dans les zones densément peuplées, protéger les civils impliqués malgré eux dans les combats et ramener les parties à la table des négociations.


 

 

 

 

 

Publié le : 1 avril 2021

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